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Zoom sur le génocide des intellectuels au Congo-Kinshasa Germain Nzinga Makitu./ DESC

Zoom sur le génocide des intellectuels au Congo-Kinshasa Germain Nzinga Makitu.

Zoom sur le génocide des intellectuels au Congo-Kinshasa

Germain Nzinga Makitu.

Depuis l’existence de la République Démocratique du Congo, s’est avérée la triste la réalité de la chasse à l’intellectuel dans chacune de ses étapes de son histoire, soit celle coloniale (février 1885 – juin1960), soit celle dictatoriale (septembre 1960 à mai 1997) soit celle de son actuelle occupation (mai 1997 à nos jours) par des puissances étrangères. Dans cette derrière phase, cependant, cette chasse à l’homme contre le congolais cultivé prendra la tournure d’une tuerie en masse planifiée et ciblée que les historiens ne tarderont pas de qualifier d’un processus génocidaire contre les intellectuels congolais. Nous verrons dans les lignes qui suivent le visage réel de la violence contre l’élite congolaise, ses nombreux avatars historiques jusqu’à sa pleine maturation en méthode d’épuration humaine telle que pratiquée par le régime actuel.

Procès des étudiants

1. Le règne du Maréchal Mobutu par la soumission des intellectuels.

En brossant l’histoire de la chasse à l’homme au Congo-Kinshasa, nous nous inscrivons dans la démarche de mettre en exergue un fragment de la longue histoire de la violence des dominants qui, dans cette partie du continent africain, font preuve des méthodes de prédation inhumaines pour reproduire des rapports de soumission instaurés depuis l’Acte de Berlin où ce vaste territoire fut livré à la merci du Monarque belge qui coupa les mains à dix millions de congolais sans que lui soit intentée un action judiciaire. Le massacre des congolais ira crescendo de Léopold II à Joseph Kabila en passant par le lieutenant-colonel Mobutu qui usurpera le pouvoir en novembre 1965. Tous ces dirigeants ne mettront pas de gant pour imposer leur régime de terreur aux citoyens de ce pays situé au cœur de l’Afrique.

Et sur ce dossier, l’on se souviendra du premier massacre des étudiants congolais dont nous commémorons le 46e anniversaire ce jeudi 04 juin 2015. Et, pour paradoxal que cela paraisse, au début de sa carrière politique, Mobutu cherchera à s’entourer des universitaires. Ces derniers s’investiront dans la grande crise congolaise de septembre 1960 et dans la neutralisation du président Joseph Kasavubu et de son premier ministre Patrice Lumumba. Mobutu leur fera jouer le rôle de « pompiers » en qualité de « commissaires généraux » en attendant que la classe politique se mette d’accord.[1] Face à cette élite politique congolaise incapable de s’entendre autour d’un plan commun qui procure stabilité et croissance à leur pays, les délégués des étudiants congolais venus de Lovanium, de Bruxelles, de Liège, de Louvain, de France et des Etats-Unis se réuniront du 04 au 07 mai 1961 à Kinshasa pour « réfléchir ensemble sur l’avenir de leur pays et jeter les bases d’une organisation estudiantine capable d’éveiller chez les congolais une conscience nationale et un sens élevé des responsabilités et capable de coordonner leurs activités tant sur le plan national qu’international pour se prononcer sur toutes les questions importantes touchant les intérêts du pays»[2].

C’est à l’issue de cette grande rencontre que verra le jour l’U.G.E.C (Union Générale des Etudiants Congolais)[3] qui va créer une rupture avec l’aveuglement politique du collège des commissaires généraux qui aurait aidé le lieutenant Mobutu à confisquer temporairement le pouvoir un certain 2 septembre 1960 et que l’UGEC accusera de tirer la légitimité de son pouvoir d’un acte illicite et séditieux. L’UGEC cherchera à innover en matière de légitimité et se donnera à ce sujet un triple objectif, notamment : « susciter dans la population congolaise une prise de conscience nationale ; prendre position dans tous les problèmes à caractère national ou international touchant le Congo et enfin amener le pouvoir à procéder à une distribution équitable des immenses richesses du pays »[4].

Concomitamment à cette nouvelle dynamique estudiantine, les étudiants de Lovanium à Kinshasa vont mettre sur pied en juillet 1961 (soit deux mois après la naissance de l’UGEC) l’Association Générale des Etudiants de l’université de Lovanium (AGEL en sigle) dont les statuts seront rédigés par un certain Joseph N’Singa, jeune étudiant à la faculté de droit. Le même N’Singa présidera le premier comité exécutif de l’AGEL (juillet 1961 à octobre 1962) ; viendra ensuite le comité Matene suivi du comité de Gérard Kamanda (décembre 1963 à novembre 1964) et du comité de Hubert Makanda (décembre 1963 à juillet 1965). De 1966 à 1967, le comité AGEL sera dirigé par Mathias Nzanda Buana. Hubert Tshimpumpu présidera l’AGEL de 1967 à 1968 et François Kandolo de 1968 à 1969 qui sera l’année fatidique du massacre des étudiants.

Dès sa prise de pouvoir en novembre 1965, Mobutu se rangera d’abord du côté de l’UGEC jusqu’à son 3e Congrès en octobre 1966 où, dans ses résolutions, le comité exécutif de l’union générale des étudiants congolais passera à la vitesse supérieure en préconisant une révolution nationale, démocratique et populaire. Elle se prononcera pour la reconnaissance de la Chine communiste, l’expulsion du Congo de Roberto Holden et de FNLA et du soutien au MPLA puis demanda le retrait du Congo de l’Organisation Commune Africaine et Malgache(OCAM). Dans le contexte de la guerre froide où le Congo-Kinshasa sert de bouclier contre le communisme rampant en Afrique Centrale, le jeune président Joseph-Désiré Mobutu qui a été installé par la CIA pour ce rôle de gendarme et conseillé par Laurence Devlin, son honorable représentant au Congo, ne fera pas dans la dentelle pour mater le mouvement d’éveil de conscience des étudiants congolais. Suite à une grève illimitée des étudiants en février 1967, Mobutu signera l’ordonnance-loi pour supprimer l’UGEC qui réclamait les réformes des structures universitaires proposées par la Charte de Goma[5] pour entr’autres objectifs de s’affranchir de la tutelle de l’université de Louvain sur celle de Lovanium et de la mainmise de l’université de Liège sur l’université de Katanga. Aux yeux des étudiants, cette tutelle était un déni de l’indépendance souveraine acquise le 30 juin 1960 et reflétait en d’autres mots la sujétion politique, économique et culturelle à l’ancienne puissance coloniale.

Le manque de consensus sur ce point sensible de reformes de structures universitaires va provoquer beaucoup de frustration chez les universitaires congolais, faisant monter la tension et occasionnant de nombreux heurts avec le pouvoir en place. Pour exprimer leur mécontentement, le 04 juin 1969, les étudiants de Lovanium avec leurs collègues de l’Institut Pédagogique National et de l’Ecole Nationale d’Administration avec l’appui des syndicalistes, descendront dans les rues de Kinshasa pour une manifestation pacifique en vue de protester contre l’orientation totalitaire du nouveau régime et l’inféodation manifeste du gouvernement aux intérêts économiques et financiers belges[6]. Des militaires armés reçurent l’ordre de tirer à balles réelles dans les rangs des manifestants. Résultats : des centaines d’étudiants furent massacrés et de nombreux blessés. Des principaux meneurs furent arrêtés. Interdiction formelle fut faite aux étudiants congolais d’entrer en contact avec les ambassades étrangères mais plusieurs réussirent à gagner l’étranger et à devenir les tout premiers refugiés politiques.

Au procès du 04 août 1969, le Tribunal de première instance présidé par le juge Bonkanga et le procureur Georges Bienga représentant le Ministère public[7] condamnera 5 étudiants dont François Kandolo (président en exercice de l’AGEL) à 20 ans de prison, trois à 10 ans, dix à 2 ans. Mobutu ne s’arrêtera pas là. Il créera en 1971 l’Université Nationale du Zaïre (U.NA.ZA.) regroupant les trois grandes universités et Instituts d’enseignement supérieur sous le seul et même conseil d’administration et nommera à la tête de chaque université des personnalités dont la seule et unique qualité est la fidélité tous azimuts au régime. Lorsque deux ans plus tard, les étudiants voudront commémorer le triste anniversaire de la mort de leurs collègues, Mobutu se décidera de fermer purement et simplement l’Université Lovanium le 5 juin 1971 et d’enrôler dans l’armée pour deux ans les étudiants coupables du délit de faire mémoire du 4 juin 1969.

Mobutu réussit à miner les institutions universitaires et la qualité de leur enseignement. Pis encore, il détruira l’infrastructure de base du développement du Congo qu’est la valeur irremplaçable de la matière grise et la conscience politique nationale. Il va créer le doute et la peur de l’avenir en réduisant les capacités innovatrices de ses potentiels épigones. Il va réussir à bloquer pour très longtemps le processus de reproduction politique au Congo parce que la peur et la terreur auront atteint les profondeurs abyssales de l’intellectuel congolais.

Ce rapport de désamour entre Mobutu et les intellectuels sera de plus en plus cruel en défaveur des seconds jusqu’à la nuit du 10 au 11 mai 1990 où Mobutu ayant toujours fondé son pouvoir sur la perversion des esprits[8] décidera de nouveau d’aller à la chasse à l’homme des universitaires de Lubumbashi dont le péché fut d’avoir emboité le pas à la dynamique de multipartisme exigée par leurs condisciples de l’UNIKIN réclamant le respect des engagements de démocratisation pris à N’Sele un certain 24 avril 1990. Il fera massacrer des centaines d’étudiants dans une opération commando avec le mot de passe « lititi mboka » qui laissera la vie sauve aux seuls ressortissants de sa province d’origine. Ce énième carnage contre l’élite intellectuelle congolaise ternira pour toujours l’image politique de Mobutu et fournira à ses détracteurs des arguments solides pour son isolement diplomatique international et pour sa décadence politique.

2. Le plan 2016 de Joseph Kabila va de pair avec le génocide des intellectuels congolais.

Sans trop nous appesantir sur la désastreuse orientation politique de Laurent-Désiré Kabila, nous soulignerons au passage comment dès sa prise de pouvoir, Mzee affichera un mépris total contre l’élite congolaise en faisant le choix lamentable et coûteux pour l’avenir du pays, de nommer les ressortissants rwandais à des postes-clé des institutions nationales[9] ; de remplacer via son Décret-loi n° 236[10] le Haut-Conseil de la République-Parlement de Transition (HCR-PT) par ses minables Comités de Pouvoir Populaire (CPP) qui nous ramenaient cinquante ans en arrière et dans la composition desquels les « législateurs » étaient cooptés d’après leur capacité à faire le griot du Prince. Mzee ira trop loin à l’article 16 du même Décret-loi lorsqu’il cherchera, à l’instar de l’organisation de son maquis de Fizi, à organiser le peuple congolais en Assemblée Populaire (AP) dont la mission serait d’assurer la défense civile et la sécurité en lieu et place des institutions républicaines comme l’Armée Nationale Congolaise dont il va vider de sa sève pensante en liquidant les hauts gradés des FAZ ou en les envoyant en rééducation via le Service Civil au Katanga ou au Kitona au Bas-Congo où des milliers parmi nos vaillants officiers qui ont choisi de servir le pays sous le nouveau régime mourront de famine et de maladie.

La visée principale de la présente étude se focalise sur la marque politique de Joseph Kabila qui plus que le mépris de son supposé père, va procéder purement et simplement au pogrom des intellectuels congolais. Son pouvoir consistera à éliminer systématiquement tout cerveau qui cherchera à comprendre ses méthodes sordides de gouvernance ou se laissera porter dans les velléités de réveiller la conscience endormie des congolais.

L’auteur de ces lignes, dans une récente étude, a attiré l’attention de tout esprit averti sur l’interview accordée par Joseph Kabila à Colette Braeckman[11] et au cours de laquelle le président congolais prétendait chercher dix à quinze congolais pour reconstruire le Congo. Je démontrais que ce fut bien un subterfuge de communication politique pour vouloir faire passer deux messages à l’opinion internationale[12]. Primo, il insinuait insidieusement à l’opinion publique de prendre les congolaises et les congolais non pour ce qu’ils sont réellement mais au prisme de l’image que lui voulait en faire, en l’occurrence tous des minables BMW, des citoyens incapables de rien sinon bons à boire, à danser et forniquer. Mais en réalité ceci n’est ni sa pensée profonde ni celle de son mentor rwandais James Kabarebe qui, à son tour, déclarera le 29 août 2012 toujours au micro de Colette Braeckman[13] que l’Armée congolaise était incapable d’écraser même un cancrelat.

Joseph Kabila, à l’instar de James Kabarebe, sait très bien que le Congo regorge de centaines de milliers d’intellectuels sérieux qui lui ont enseigné le BABA des méandres politiques congolais et qui sont donc encore capables de redresser la barre, si lui Kabila, l’actuel capitaine du bateau Congo arrivait à imprimer une volonté politique ferme et à indiquer un cap clair à poursuivre. Joseph Kabila sait que ces intellectuels sont à mêmes de l’aider à remettre debout ce grand pays qui est devenu la risée du monde. Mais c’est tout le contraire de la prospérité du Congo qu’il cherche ! C’est plutôt un Congo affaibli qui l’arrange ! Et voilà libellé sur ces entrefaites le deuxième message sibyllin qui est à la fois le cœur de notre étude. En prétendant se mettre en quête de dix à quinze intellectuels, Joseph Kabila veut se donner la légitimité d’éradiquer des centaines des milliers d’intellectuels congolais qu’il n’a pas le bonheur de voir pulluler par-ci par-là et qui constituent une menace à son projet final. Il entend à effacer leurs traces en silence, sans trop de bruit ni laisser de traces du bourreau. La meilleure manière, pour ce faire, c’est de nier leur existence avant même leur mise à mort pour qu’en étant tués, personne ne s’en aperçoive.

C’est pour cette raison propre à lui-même qu’au lieu de chercher réellement ces intellectuels, il s’emploie plutôt à les éliminer méthodiquement, tuant tous ceux qui émergent du lot de corruption et de prévarication[14]. Dans tous les secteurs de la vie nationale (politique, armée, parlement, université, presse libre, université, église etc.), les exemples sont légion où , sur ses quatorze ans de pouvoir, nous pouvons faire le bilan chaotique et macabre de la chasse à l’homme organisée par le soldat Kabila au profit de ceux qui concoctent le plan d’extermination du peuple congolais jumelé à celui d’occupation et de balkanisation totale de son territoire.

Il utilise pour ce faire toutes les cruautés et toutes les ruses possibles pour mener à bien cette entreprise exterminatrice des intellectuels : il se les nomme comme proches collaborateurs pour mieux les asphyxier (Guillaume Samba Kaputo ; Augustin Katumba Mwanke ; Vangu Mambuene ; Félix Mbunza Mabe ; Myra Ndjoku Manyanga etc.) ;

il les envoie au front tout en les exposant à la puissance de feu ennemie (Le commandant Martin Mbiye Tshimanga ; colonel Mamadou Ndala ; le général Lucien Bahuma Ambamba ; le général Mulimbi Mabilo; le général de Brigade Bekazwa Bakundulu ; le colonel Ntondele Mithay; le colonel Kajuba Selenge ; le colonel Vondi Nzita ; le colonel Ndoma Muteke[15] etc.); il les jette en prison où ils meurent à petit feu (Eugène Diomi, Jean-Claude Muyambo, Constatin Nono Lutula ; Eddy Kapend ; Rocky Byamungu ; général Jean Yav Nawej etc.) ou expirent suite aux coups et blessures (Armand Tungulu ; Albert Lukusa Luvungu etc.); il organise des guet-apens pour piéger sa proie et lui tordre le cou (Floribert Chebeya ; Fidèle Bazama ; Serge Maheshe etc. ) ; il organise des descentes punitives diurnes/nocturnes aux domiciles de ses victimes pour les assommer devant le regard hagard de leurs enfants (Mzee Laurent-Désiré Kabila ; Frank Ngyke ; Bapuwa Mwamba ; Daniel Boteti ; Aimée Kabila, Lajos Bidiu etc.) ; il les fait massacrer par sa soldatesque dans les campus universitaires (Fiston Nzomambu ; Michel Mbayi Ntumba etc.) comme ce fut le cas le 20 janvier 2015 dernier quand il ne les isole pas à Kinshasa ou dans d’autres villes du pays, les poussant à l’indigence, à la pauvreté extrêmes et au traumatisme psychique d’avoir tout perdu (Victor Mpoyo ; Dominique Sakombi) ou en tuant en masse tout en les jetant dans les fosses communes ( Adeptes de Bundu dia Kongo à Boma ; les manifestants de janvier 2015 à Maluku et à Kasangulu etc.) pour maintenir l’anonymat de leur identité et de leur disparition. La liste des cerveaux congolais assassinés est loin d’être exhaustive mais elle traduit l’état d’hécatombe qui s’abat sur le Congo-Kinshasa.

 

Et à ceux et à celles qui ont eu accès aux secrets des alcôves et rendus susceptibles de le disqualifier, il réserve le sort d’empoisonnement dont l’ingénierie létale qualifiée de sixième chantier par les kinoises et les kinois met tout congolais sous la peur bleue d’être la prochaine victime. Quand il ne peut plus flouer l’opinion internationale à cause des informations relayées par la fronde intellectuelle congolaise de la diaspora, il s’organise pour la torpiller de l’intérieur, l’infiltrer et plus récemment faire miroiter à ses illustres membres, des promesses mirobolantes pour les faire rentrer au pays en raison des postes politiques à leur pourvoir avec l’intention cachée de les débaucher à moyen terme et de leur faire perdre tout le crédit moral nécessaire à tout combat de libération.

Mais il importe de faire le tri entre la méthode prédatrice de Mobutu et celle de Kabila

La première distinction porte d’abord sur le contexte politique du régime. Le Maréchal Mobutu a exercé sa domination dans un contexte bien précis de la dictature et Joseph Kabila dans celui de l’occupation du pays par des forces étrangères. Pendant la dictature, le Zaïre est resté souverain même si le peuple n’exerçait pas l’effectivité de sa souveraineté. Du moins le territoire congolais a réussi à être sauvegardé contre les appétits gloutons de ses neuf voisins.

En revanche, durant l’occupation qui a caractérisé l’arrivée au pouvoir de l’AFDL, la Rd Congo perdra la quasi intégralité de son territoire qui, soit dans les zones sous contrôle des miliciens soit dans les zones sous contrôle gouvernemental, sera occupé par des armées étrangères dont la Monusco et les forces armées rwandaises déguisées en milices. La Rd Congo en se laissant faussement « libérer » par des forces étrangères a péché par excès de naïveté politique et paiera chèrement d’avoir cru qu’il peut exister de l’amitié et de la fraternité entre les peuples de CEPGL. Le résultat est là : le grand Zaïre se laisse dominer par des voisins lilliputiens. Il a perdu de sa superbe et de son identité congolaise avec une armée mixée et une population brassée à dessein avec des peuplades voisines à qui sont attribués frauduleusement des passeports congolais, n’attendant que le jour J pour sonner le tocsin de l’occupation et l’exploitation complètes de son sol et sous-sol. Il a perdu enfin la souveraineté de se décider sur son propre destin national de par l’infiltration à outrance des ses institutions républicaines (Parlement ; Exécutif ; Judiciaire et les Forces Armées Nationales Congolaises) par des taupes travaillant à la solde du cheval de Troie rwandais pour la défense des intérêts étrangers.

Il y a dans ce dernier cas un brassage des populations à grande échelle à telle enseigne que l’on ne sait plus qui est congolais et qui ne l’est pas et qu’au final les congolais, les ayant-droit de ce vaste territoire, n’ont plus voix au chapitre dans l’orientation qu’ils voudraient donner à leur futur. Ils ne contrôlent pratiquement plus rien puisque toutes les décisions sont désormais dictées soit de Kigali soit de Kampala. Et pour la réussite complète de ce projet titanesque, Joseph Kabila qui dirige par machiavélisme tient à mâter les intellectuels (ceux de diaspora et ceux locaux) qui exercent une influence immense sur les couches populaires via les réseaux sociaux, qui détiennent le pouvoir  de détruire sa réputation créée sur les fausses apparences d’un homme dévoué pour la cause du pays qu’il détruit en sous-main dans tous ses secteurs vitaux. Joseph Kabila sait que ces intellectuels peuvent discréditer l’ambitieux projet de ses commanditaires là où ceux-là prennent l’audace critique de dévoiler au grand jour les stratégies d’occupation conçues en secret. Il n’a qu’une seule hantise : éliminer ces personnes qui se sont constitués des infatigables éclaireurs de conscience et d’éveilleurs d’esprit de leur peuple[16] et ne lui font pas allégeance.

La deuxième distinction entre la destruction durant la dictature sous Mobutu et celle durant l’occupation sous Kabila tient aux mobiles profonds qui guident l’action politique de ces deux dirigeants congolais. Si Mobutu a détruit l’élite intellectuelle par volonté de la soumettre ou de l’instrumentaliser pour la pérennité de son régime totalitaire, Joseph Kabila lui cherche à la détruire à longueur des journées avec l’objectif de l’éradiquer. Le but de ce dernier n’est pas tant la soumission des intellectuels congolais à sa politique totalitaire que l’élimination de cette fraction pensante qui met un frein aux convoitises des richesses congolaises par d’autres Etats voisins. Ainsi donc, selon l’entendement des stratèges rwandais, les éradiquer ouvrirait la voie libre à l’accomplissement de leur plan.

En nettoyant l’espace congolais de la présence d’un Autre jugé indésirable et/ou dangereux, ces stratèges croient réussir à déraciner le mal contagieux et faire aboutir plus facilement leur guerre de conquête territoriale. Ils évoluent avec la logique politique de « Ote-toi de là que je m’y mette ! » Le procédé de massacre, associé au pillage et au viol, est jugé le meilleur moyen de se faire comprendre et de hâter le départ des personnes classées indésirables. Se faisant plus radicaux, ils considèrent qu’il y a un « Autre en trop » sur un territoire qu’ils veulent pour eux seuls. Le discours de fond des rwandais ou de Kabila, c’est bien cette logique d’exclusion totale des intellectuels congolais dans ce dilemme de sécurité : « C’est eux ou nous ».[17]

La troisième distinction concerne les figures de l’ennemi. Au processus de destruction-soumission pratiquée par Mobutu pour asseoir son pouvoir sur la durée, la figure de l’ennemi (l’intellectuel) prend ainsi le visage du « suspect ». Une dynamique de suspicion répandra un parfum nauséabond de violence dans tout le corps social. Chaque individu, quel qu’il soit, intellectuel ou paysan, qui pense, réfléchit et émet un avis contraire à celui du Parti-Etat devient potentiellement un suspect. Dès lors qu’il est arrêté, ce suspect est déjà coupable, son arrestation servant de preuve de sa culpabilité.

Dans la destruction-éradication telle que pratiquée sous le régime de Joseph Kabila, en revanche, le processus de destruction se focalise sur l’identité des individus définis comme appartenant à cet « Autre en trop »[18]. Je parlais ci-haut de la chasse à l’homme de l’intellectuel au Congo-Kinshasa. Que ce soit la chasse-poursuite ou la chasse expulsion, Grégoire Chamayou nous prévient que « toute chasse à l’homme s’accompagne d’une théorie de sa proie, qui dit pourquoi, en vertu de quelle différence, de quelle distinction, certains peuvent être chassés et d’autres pas. »[19]

La chasse qui capture et qui tue obéit à des critères secrets dans l’esprit du prédateur. Dans le cas de figure, c’est l’identité de l’intellectuel qui trahit à l’avance ceux des congolais qui usent de leur capacité réflexive et critique pour servir des veilleurs de conscience en prenant le risque d’alerter les opérateurs politiques des erreurs à éviter et de la bonne direction à prendre pour la bonne gouvernance du pays. Ces intellectuels-là constituent pour Kabila des coupables parce qu’universitaires ou anciens élèves des académies militaires maitrisant les arcanes du pouvoir et capables de déceler sa ruse propre. Ils sont d’avance coupables parce qu’appartenant à la crème intellectuelle capable d’innover, de chambouler un plan secret ou d’éveiller la conscience nationale en vue de l’exercice de sa souveraineté.

Avant même d’être arrêtés, ils sont déjà condamnés. Leur situation est exactement inverse de la précédente où ils étaient en paix dès lors qu’ils se laissaient cooptés dans l’appareil politique du Parti-Etat. Ceci dit, la nature de la violence qui en résulte n’est pas la même. Flottante sous Mobutu juste pour créer la peur et la soumission, la violence se concentrera sous Joseph Kabila sur des cibles précises qu’il s’agit d’extraire du corps social contaminé par leur présence. Cette destruction-éradication visera à détruire et à éradiquer un sous-groupe avant l’extinction programmée du grand groupe dont il fait partie. Selon Jacques Semelin, un expert des questions de violences extrêmes et de crimes de masse et directeur de recherche au CNRS, c’est dans ce second cas que la notion du génocide prend tout son sens.

A l’étape actuelle du combat pour la libération du Congo, les intellectuels constituent la seule catégorie des congolais qui fait peur à Joseph Kabila dans l’accomplissement de ses desseins politiques. Cela va sans dire qu’il n’éprouve aucune crainte vis-à-vis des puissances internationales ni de la Troïka parce qu’elles sont tout acquises au projet pour lequel il a été placé au Palais de la Nation. Il n’éprouve aucune crainte vis-à-vis des institutions républicaines congolaises car la chambre haute et chambre basse, les cours et tribunaux sont déjà inféodés à son pouvoir. Il n’éprouve que mépris et condescendance envers la soi-disant opposition congolaise qui est sa propre marque de fabrique[20] qu’il a ainsi l’opportunité de manipuler à sa guise dans cette espèce de bal de chauves où ceux qui se disent opposants la journée acceptent la nuit tombante des cartons des dollars comme prix de vente de leurs consciences des élus du peuple. Seuls ces intellectuels qui refusent ses avances et ses faveurs lui donnent des insomnies et c’est sur eux que se focalise sa volonté exterminatrice comme jadis les nazis le firent sur l’élite intellectuelle Juive et Polonaise ou les Turcs l’appliquèrent sur les intellectuels Arméniens.[21] D’après son entendement, ces intellectuels ne méritent que deux demeures : la tombe ou la prison.

C’est donc sur cette couche sociale bien déterminée que Joseph Kabila entend appliquer à court et moyen termes soit avec férocité soit avec ruse la méthode empruntée du président américain Thomas Jefferson qui dans sa hargne contre les populations indiennes (premiers occupants de l’actuel USA) disait ceci : «  Si nous sommes contraints de lever la hache contre une tribu, nous ne devons jamais la reposer avant que cette tribu soit exterminée ou repoussée au-delà de Mississipi. Dans la guerre, ils tueront certains d’entre nous, nous devons les détruire tous. »[22].

Ce paradigme génocidaire qui est le fer de lance du pouvoir de Kabila entend procéder à un nettoyage de toutes les poches de résistance avant la date-butoir de décembre 2016 où il pourra prétendre rempiler pour un nouveau mandat sans plus aucune crainte parce qu’il aura réussi soit à éliminer physiquement les têtes pensantes (assassinats) soit à les corrompre (mort morale) soit à les rallier au camp politique de la Majorité présidentielle (mort symbolique) après le semblant de dialogue ou des concertations annoncés avec l’opposition congolaise ou ce qu’il en reste de nominal. Les résistants de la diaspora qui ont choisi de rentrer au pays en vue de participer à ce dialogue ou à ces concertations nationales doivent savoir qu’ils se font un suicide politique et doivent s’attendre à un traitement impitoyable de la Vipère qui se laisse approcher de sa proie pour mieux l’enrouler et l’asphyxier.

Quoi qu’il en soit de tous ces procédés de strangulation politique, l’objectif politique aura été atteint, notamment celui de créer les conditions optimales à la phase décisive pour laquelle les armées rwandaises et ougandaises seraient entrées sur le sol congolais derrière la veste politique d’un congolais dont la naïveté politique a trahi puis condamné tout un peuple en signant des Accords de Lemera ou en percevant des millions de dollars des multinationales en vue de vendre des pans entiers du territoire congolais au plus offrant. Pour ces nouveaux arrivants rwandais et ougandais, plus que chasser le dictateur Mobutu, c’est surtout et avant tout l’occupation et l’implosion du grand territoire congolais qu’il visait dès leur première conquête du pouvoir contre Juvénal Habyarimana. La chute de ce dernier puis celle de Mobutu ne faisaient que baliser le chemin au projet le plus important qui tenait Paul Kagame à cœur, à savoir l’occupation du Congo et l’exploitation de ses richesses. Joseph Kabila est là à Kinshasa comme son gouverneur pour l’exécution finale de cette sale besogne qui est en train de toucher à son point culminant d’expropriation publique où il ne s’agira plus seulement de faire disparaitre un peuple de sa terre, mais de la terre tout court. Nous avons tout intérêt de prendre très au sérieux le cri d’alarme lancé par Jean-Pierre MBELU[23] lorsqu’il prédit la vente pure et simple du Congo durant cette année 2015.

En effet, lorsque l’appareil de l’Etat se mue en entreprise criminelle[24], quand l’Etat congolais laisse libre cours aux groupes criminels à Beni où les hommes sont égorgés quotidiennement à l’arme blanche, quand les instruments de protection du peuple se pervertissent en appareils d’assassinats et d’extermination d’un peuple, dans ce contexte de multiplication des pratiques des assassinats ciblés et de « nettoyages » assimilables à l’intellecticide ou au politicide, la violence contre l’élite intellectuelle au Congo-Kinshasa a franchi le seuil de purification des groupes humains indésirables et dangereux pour enfin arriver à «  découper » le corps d’un peuple de sa tête pensante.

Le mandataire numéro Un de l’Etat chargé de protéger le peuple congolais s’autorise à découper la matière grise du corps social, à en raboter les aspérités, en en extirpant les éléments contagieux et impurs, jusqu’à les écraser tous sans plus de scrupules[25]. Cette métaphore du chirurgien attribuable à Sigmund Bauman exprime à sa façon l’imaginaire politique archétypal tel qu’il est conçu dans les visées secrètes de Kabila et de ses maitres à penser de l’Est.

Au-delà de cette vente aux enchères du Congo, c’est le sort du peuple congolais qui me préoccupe au plus haut point. Comme je l’ai déjà signalé dans mon livre[26], le triple schéma yankee d’extermination, de marginalisation et de balkanisation sera appliqué au même moment, à l’instar du Smart Power[27], pour obtenir des résultats plus efficaces. Qu’on se souvienne que le pays dirigé de main de fer par Thomas Jefferson est le même qui aujourd’hui exerce la tutelle sur les occupants actuels du Congo-Kinshasa et en constitue, dans l’ordre hiérarchique, le cerveau moteur qui dicte les ordres aux puissances régionales qui envahissent la Rd Congo. Croyez-moi, les hordes génocidaires africaines à sa solde ne déposeront pas la hache (la machette et la houe pour être plus contextuel) avant que le peuple congolais ne soit détruit, anéanti et exterminé…

A moins que surgisse des profondeurs de la rage collective des vaincus d’hier, un sursaut d’éveil intellectuel à grande échelle pour colmater les brèches qui nous rendent si vulnérables et de là nous unir dans un élan nouveau de défense de la sécurité de notre territoire et dans la réappropriation de notre souveraineté. Dans cette tragique situation où nous nous laissons exclure du territoire nous légué par nos ancêtres, rappelons-nous de l’avertissement de Hannah Arendt qui écrivait ceci : « l’homme ne peut être pleinement dominé qu’à condition de devenir un spécimen de l’être animal homme »[28]. Fort heureusement, nous congolais, nous ne sommes pas encore réduits à l’animalisation mais plutôt à l’animalité humaine – une animalité qui reste toujours pleine de ses redoutables ressources si notre raison humaine réussit un jour à lui dicter de l’ordre, de la discipline et une vision claire de l’avenir.

En ce moment délicat où nous vivons probablement les derniers instants d’une page des plus douloureuses de l’histoire d’occupation de la Rd Congo, avouons-nous sérieusement que tout reste possible : le meilleur comme le pire, l’affranchissement total tout comme la servitude volontaire ad aeternam. Nous savons désormais que la distinction entre le prédateur et sa proie n’est pas inscrite en nature et que par contre la relation de chasse n’est jamais à l’abri d’un retournement des positions[29]. C’est à ce retournement que nous sommes tous conviés d’œuvrer, le retournement de situation politique dans lequel les proies congolaises décident de se rassembler pour se faire chasseurs à leur tour et imposer leur volonté de liberté à eux-mêmes et à toutes les autres nations environnantes.

L’histoire d’un pouvoir, fût-il celui d’occupation d’un tiers Etat, n’est-elle pas aussi celle de nombreux rebondissements et celle des luttes pour son renversement ? Tout revient aux forces de changement de la jeunesse congolaise de se décider à se réapproprier ce pouvoir de résistance qui a été la leur jusqu’au massacre des étudiants le 04 juin 1969 et à restaurer leur union sacrée autour de l’idéal d’un Congo puissant et fort pour lequel elles se rendront désormais prêtes au sacrifice suprême. Le sort du peuple congolais en 2016 reste suspendu à la réponse qu’elles réserveront à cet appel pathétique. Qui vivra verra !

Germain Nzinga Makitu.

[1] J.-I.-N. KANYARWAWUNGA, République Démocratique du Congo. Les Générations condamnées. Déliquescence d’une société précapitaliste, Paris, Publibook, 2006, p. 133.

[2] F. MULONGO, Dix questions à Anicet Mobe. Interview du 10 juin 2009 dans http://www.reveil-fm.com

[3] A la tête du premier comité exécutif de l’UGEC, on notera Henri-Désiré Takizala comme président, Kalala Kizito comme secrétaire aux affaires internationales et Watum secrétaire aux affaires nationales ; d’Alexis Dedé chargé de la culture et de Joseph N’Singa comme trésorier de l’Union.

[4] C.K. LUMUNA SANDO, Zaïre : Quel changement pour Quelles structures?. Misère de l’opposition et faillite de l’Etat, Bruxelles, A.F.R.I.C.A., 1979, p. 127.

[5] La « Charte de Goma » consacrait la Rencontre des étudiants congolais avec le gouvernement et à l’issue de laquelle des résolutions furent prises telles que le principe de cogestion des universités et instituts supérieurs. Elle sera critiquée puis rejetée par le Bureau Politique du Mouvement Populaire de la Révolution, Monsieur Alphonse Kithima, Ministre de l’Education nationale et négociateur des Accords, fut limogé et remplacé par monsieur Mario Cardoso. Cfr. Congo-Zaïre, L’empire du crime permanent : le massacre des étudiants de Kinshasa du 5 aout 2013 dans http://www.lephareonline.net

[6] A. MOBE FANSIAMA, Ignorés de médias…Oubliés des historiographies officielles…Le Tiananmen des étudiants africains dans http://www.congoforum.be

[7] La défense des étudiants prévenus sera assurée notamment par Maitres Yoka, Nkuba, Izazaw, Makelenge tous avocats au barreau de Kinshasa.

[8] Colette BRAECKMAN résume cette perversion des esprits zaïrois en ces trois formules : la certitude que l’argent peut tout; que le mensonge est une pratique admise et la fin justifie les moyens” Cfr. C. BRAECKMAN, Le Dinosaure. Le Zaire de Mobutu, Paris, Fayard, 1991, p.190.

[9] James Kabarebe comme Chef d’Etat Major-général des Forces Armées Congolaises (FAC); Bizima Karaha comme Ministre des Affaires Etrangères etc.

[10] Il signa en effet le 6 juillet 1999 le Décret-loi n°236 portant organisation et fonctionnement des Comités du Pouvoir Populaire (en sigle CPP) en Rd Congo. Cfr. G. NZINGA MAKITU, La manipulation des médias congolais en période électorale, Médiaspaul, 2006, p. 72

[11] C. BRAECKMAN, Interview de Joseph Kabila du 4 avril 2009 dans http://www.blog.lesoir.be

[12] G. NZINGA MAKITU, Stratégie de domestication d’un peuple. Bmw comme armes de distraction massive, Paris,     Edilivre, 2014, pp. 85-100.

[13] C. BRAECKMAN, Cartes sur tables : les quatre vérités du général James Kabarebe dans http://www.blog.lesoir.be

[14] L’épisode du Ministre de Finances du premier Gouvernement Kabila I en 2006, Freddy MATUNGULU qui va payer les frais pour avoir refusé d’obtempérer aux ordres d’Augustin Katumba Mwanke (un euphémisme congolais pour vouloir dire d’une manière voilée que les ordres venaient plutôt de Joseph Kabila en personne) de décaisser la somme de 50 millions de dollars du Trésor public va en payer les frais. Il sera arrêté, molesté et humilié comme un malfrat à l’aéroport de Ndjili. Au lendemain de l’incident, il ira présenter sa démission au président Kabila qui la lui concédera illico. Cfr F. SOUDAN, RDC : Joseph Kabila : Mobutu light ? dans le numéro 2612 de l’Hebdomadaire Jeune Afrique dans http://jeuneafrique.com

[15] La liste des officiers congolais assassinés est très longue et peut être consultée en lisant J.-J. WONDO, Les armées au Congo-Kinshasa. Radioscopie de la Force Publique aux FARDC, Monde Nouveau/Afrique Nouvelle, 2013, pp. 241-248.

[16] E. BALLADUR, Machiavel en démocratie. Mécanique du pouvoir, Paris, Fayard, 2006, p.88.

[17] J : SEMELIN, Purifier et détruire. Usages politiques des massacres et génocides, Paris, Seuil, 2005, 529.

[18] Ibid.., p. 538.

[19] G. CHAMAYOU, Les chasses à l’homme. Histoire et philosophie du pouvoir cynégétique, Paris, Ed. La Fabrique, 2010, p. 8.

[20] G. NZINGA MAKITU, La fabrique des opposants. Cas de Vital Kamerhe et de Moise Katumbi dans http://www.desc.org

[21] G: NZINGA MAKITU, Quelles leçons les congolais peuvent-ils tirer du génocide arménien ? du 1er mai 2015 dans http://www.nzingagermain.com

[22] A.F.C. WALLACE, Jefferson and the Indians. The tragic Fate of the First Americans, Cambridge, Berknap Press, 1999, p.221.

[23] J.-P. MBELU, Le Congo-Kinshasa et l’Afrique vendus officiellement en juin 2015(Partie 1 et Partie 2) 23 mai et 1er juin 2015 dans http://www.ingeta.com. Ces avertissements étaient également formulés bien avant par Pierre BARACYETSE, L’enjeu géopolitique des sociétés minières internationales en République Démocratique du Congo (ex-Zaïre), Bruxelles, Bizet, 1999.

[24]Nous empruntons cette formule de Damien VANDERMEERSCH, Comment devient-on génocidaire ? Et si nous étions capables de massacrer nos voisins, Louvain, GRIP, p.86.

[25] J. SEMELIN, op.cit., p. 531.

[26] G. NZINGA MAKITU, Stratégies de domestication d’un peuple, pp. 228-252

[27] Dans les relations internationales, le smart power fait référence à la combinaison des stratégies hard power et soft power. Le Center for Strategic and International Studies le définit comme une approche qui souligne une armée forte mais aussi le jeu d’alliances, des partenariats à tous les niveaux pour étendre l’influence américaine. Hillary Clinton, l’ex-Secrétaire d’Etat sous Obama I, défendra clairement ce concept lorsqu’elle affirmera que les Etats-Unis ne comptaient pas renoncer à leur puissance diplomatique et militaire mais voulaient rompre avec leur discours messianique et le recours systématique à la coercition caractérisant l’administration Bush. Cfr CSIS, Commission on Smart Power. A Smarter, a more secure America du 30 octobre 2012.

[28] H. ARENDT, Les origines du totalitarisme, Paris, Seuil, 1972, p. 197.

[29] G. CHAMAYOU, op.cit., p.9.

– See more at: http://desc-wondo.org/zoom-sur-le-genocide-des-intellectuels-au-congo-kinshasa-germain-nzinga-makitu/#sthash.wHAJ54Kd.dpuf

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