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7 septembre 2013 – 7 septembre 2015 : Concertations nationales : deux ans déjà !

7 septembre 2013 – 7 septembre 2015 : Concertations nationales : deux ans déjà !

7 septembre 2013 – 7 septembre 2015 : Concertations nationales : deux ans déjà !

Après l’échec de ces assises dont les principales recommandations sont restées lettre morte jusqu’à ce jour, le chef de l’Etat a encore initié des consultations pour un éventuel dialogue boudé par les uns et soutenu par les autres

Le temps passe vite. La République démocratique du Congo (RDC) multiplie des rendez-vous politiques historiques pour des raisons inavouées.

Ce, de 1960 jusqu’à ce jour. Mais la pédale de l’accélérateur reste davantage appuyée depuis Sun City qui avait accouché d’un monstre à quatre têtes, débouchant sur des élections en novembre 2006 dont les résultats ont allumé le feu, quatre mois plus tard, dans la ville de Kinshasa.

De même, en 2011, il y a eu d’autres élections pyromanes en RD Congo. Deux » présidents » ont prêté serment, l’un le 20 décembre 2011 et l’autre le 23 décembre 2011. La confusion était totale. Il fallait mettre un terme à ce désordre.
C’est ainsi que l’Opposition politique avait sollicité, aussitôt, un dialogue entre le camp de Joseph Kabila et celui d’Etienne Tshisekedi pour régler la question.

 » Pas question ! La République démocratique du Congo ne peut aller de conciliabules en conciliabules. Si vous voulez diriger ce pays, attendez les élections en 2016 et portez-vous candidats » , a lancé un haut cadre de la Majorité présidentielle, membre du gouvernement congolais, lors d’un de ses nombreux points de presse.

Or, le pays fonçait droit vers le mur. Quelques mois plus tard, le même cadre de la Majorité présidentielle a changé de discours, après la signature de l’Accord cadre d’Addis-Abeba. » Il est important que nous nous mettions autour d’une table pour rechercher la cohésion nationale « , s’est-il dédit.

C’est ainsi que le 7 septembre 2013, après moult tractations, Joseph Kabila a convoqué les » concertations nationales » qui ont coûté inutilement 5 millions $US au trésor public.

L’objectif était de rechercher la cohésion nationale et de mettre fin à la guerre à l’Est. Mais déjà, les prémisses étaient très mal posées.

Car les points à débattre étaient imposés par l’initiateur de ce colloque, les aspects importants interdits d’être abordés, les modérateurs désignés d’avance, à savoir le président de l’Assemblée nationale et son collègue du Sénat.

Vu ce désagrément, les partis politiques sérieux ont refusé d’y prendre part, estimant que les Congolais ne pouvaient s’attendre à rien d’intéressant à l’issue de cette réunion.

Boycottées par une bonne partie d’acteurs et de partis politiques, ces concertations se sont néanmoins tenues.
» Nous sommes en démocratie. Tout le monde n’est pas obligé d’y prendre part. Nous allons parler avec ceux qui ont accepté la démarche. Le ciel ne va pas tomber parce que tel ou tel a refusé de siéger « , a martelé le même membre du gouvernement, haut cadre de la Majorité présidentielle.

Au lieu de la cohésion nationale, cette rencontre a davantage divisé la classe politique congolaise. Plusieurs leaders ont été chassés de leurs plateformes et partis politiques pour avoir marché à contre-courant de la ligne du groupe. C’est ainsi que des départs ont été enregistrés à l’Union pour la nation congolaise (UNC) par exemple, aux Forces acquises au changement (FAC)…

En plus, bien d’autres délégués à ces assises ont quitté la barque quelques jours seulement après, cas du député national Clément Kanku. Au finish, le 5 octobre 2013, plus de 700 recommandations ont été enregistrées et présentées à Joseph Kabila. Ce dernier a promis d’y répondre lors de son adresse du 20 octobre 2013, soit 15 jours après la clôture des assises.

Les » concertateurs » ont, entre autres,recommandé ce qui suit : ne jamais toucher aux dispositions verrouillées de la Constitution pour permettre à Joseph Kabila de se représenter à la présidentielle de 2016 ; libérer les prisonniers politiques dont certains étaient nommément cités, parmi lesquels Eugène DiomiNdongala ; mettre en place un gouvernement de cohésion nationale auquel prendront partaussi bien les participants à ces assises issus de la MP, de l’Opposition et de la société civile.

Si le gouvernement, soi-disant de cohésion nationale, a vu le jour le 7 décembre 2014, soit 14 mois après la promesse du chef de l’Etat, les prisonniers politiques demeurent en prison, et tout le décor est planté pour que les élections n’aient pas lieu en 2016 comme prévu par la Constitution. Aussi, à la sortie de Matata II, plusieurs » concertateurs » dont les postes ministériels étaient promis, se sont désolidarisés de leurs parrains pour se placer, désormais, dans le camp des opposants aux concertations.

C’est ainsi que l’Opposition dite républicaine s’est disloquée. Quelques nouveaux ministres issus de l’Opposition ont été chassés de leurs formations politiques. Voilà les résultats produits par les concertations nationales qui ont englouti 5 millions $US.

Aujourd’hui, deux ans après les concertations nationales, Joseph Kabila a initié les consultations nationales pour préparer le lit au dialogue national. Dialogue rejeté d’avance par les uns et soutenu par les autres. Un cycle infernal. Et au fameux membre du gouvernement de rebondir : » le dialogue doit être un cadre permanent en démocratie « . Il change de propos à tout bout de champ, exactement comme il a changé de coloration politique depuis le départ du maréchal Mobutu, parcourant ainsi plus de quatre formations politiques de 1998 à nos jours.

Le peuple congolais est devenu mature. Ses yeux sont braqués sur le chronogramme publié le 12 février 2015 par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), et sur la Constitution qu’il considère comme la feuille de route que tout le monde est appelé à respecter.

Les évènements des 19, 20 et 21 janvier 2015 à Kinshasa et quelques grandes villes de la RD Congo en sont la preuve. Récemment, un partisan du » glissement collectif » a compris la réaction de sa base de Moanda, au Kongo Central. Au Katanga, ce sont les forces vives qui ont ouvertement dit non à un troisième penalty généreux.

Dans les deux Kivu, la population ne jure que sur la présidentielle de 2016 pour que les nouveaux dirigeants trouvent urgemment des solutions à l’insécurité qui y sévit.

La diaspora congolaise, de son côté, malgré quelques divergences de forme, est unanime pour l’alternance en 2016.
Donc, dialogue ou non, les Congolais doivent aller aux élections dans le délai constitutionnel.

Par LefilsMatady

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