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Félix Tshisekedi : Secrétaire national aux Relations extérieures de l’UDPS : « Deux problèmes majeurs doivent être résolus avant le dialogue: composition du panel des représentants de la communauté internationale et la libération des prisonniers politiques »/CONGOINDEPENDANT »

diomi1Félix Tshisekedi : Secrétaire national aux Relations extérieures de l’UDPS : « Deux problèmes majeurs doivent être résolus avant le dialogue »

Félix Tshisekedi Tshilombo, secrétaire national aux Relations extérieures de l’UDPS
L’hôtel « Mercure », à Evere (Bruxelles), a servi de cadre, vendredi 17 juin, à une rencontre entre le Edem Kodjo et le président de l’UDPS Etienne Tshisekedi wa Mulumba. Celui-ci était entouré de plusieurs membres du « Conseil des sages » de la toute nouvelle coalition des forces politiques et sociales dénommée « le Rassemblement ». De quoi ont-ils parlé? Le facilitateur au « dialogue politique » au Congo-Kinshasa était venu s’assurer, selon ses propres termes, que « tout est mis en oeuvre pour démarrer les travaux du comité préparatoire ». Revigoré par le succès des travaux du conclave des « forces politiques et sociales acquises au changement », Tshisekedi a réitéré à l’ancien Premier ministre togolais certaines exigences qui tiennent lieu de « préalables ». Il s’agit notamment de la libération des prisonniers politiques et d’opinion ainsi que la nécessité de renforcer le facilitateur par un panel des représentants des Etats-Unis, de l’Union Africaine, de l’Organisation Nations Unies, de l’Union européenne et de l’Organisation International de la Francophonie. Dans un bref entretien, Félix Tshisekedi Tshilombo livre de plus amples détails sur le contenu de cette entrevue.

Une semaine après le conclave tenu, du 8 au 9 juin, à Genval, en Belgique, par les « Forces politiques et sociales acquises au changement », le facilitateur Edem Kodjo avait annoncé son intention de se rendre à Bruxelles. But : s’entretenir avec Etienne Tshisekedi wa Mulumba. Et pour cause?

Dans leur « Acte d’engagements », les participants à cette assemblée ont dit « Non au dialogue convoqué par l’ordonnance de Monsieur Kabila du 28 novembre 2015 ». Cette prise de position a semblé contrarier le Facilitateur.

Au cours d’un point de presse qu’il a animé, mardi 14 juin, à Kinshasa, l’ancien « Premier » togolais a eu ces quelques mots : « J’ai lu la résolution 2277. Elle demande expressément à toutes les parties de rentrer dans le dialogue que je facilite actuellement ».

Instruits par les leçons d’un passé récent, les représentants des forces politiques et sociales évitent de tomber dans un « piège » tendu par le pouvoir. Un pouvoir qui ne fait guère mystère de sa volonté de voir tous les segments de la société congolaise participer à ce forum. « Nous ne sommes pas intéressés à participer à un congrès du PPRD », entend-on dire.

« Deux problèmes majeurs… »

C’est dans cette ambiance qu’a eu lieu la réunion Tshisekedi-Kodjo. « On a noté quelques avancées », dit Félix Tshisekedi avant d’ajouter : « Il y a encore deux problèmes majeurs qui doivent trouver solution avant que nos représentants puissent aller au Comité préparatoire ». Quels sont ces problèmes?

Selon le secrétaire national de l’UDPS aux Relations extérieures, il y a d’abord la question relative à la composition du panel des représentants de la communauté internationale. « Nous n’acceptons pas qu’on nous l’impose. Le Facilitateur nous a déjà été imposé alors même que lors des séances de pré-dialogue à Venise et à Ibiza nous étions tombés d’accord sur l’identité du facilitateur. Nous avons laissé passer ». « Nous n’allons pas continuer à subir une sorte de diktat ».

Selon « Félix », le panel qui doit accompagner le facilitateur devrait être composé des Envoyés spéciaux désignés dans le cadre de la crise congolaise par les Nations Unies, les Etats-Unis d’Amérique, l’Union Européenne, l’Union africaine et l’Organisation Internationale de la Francophonie. « Pour nous, ce sont ces envoyés spéciaux qui doivent composer le panel », souligne-t-il. Et de poursuivre: «Nous apprenons que l’Union Africaine a désigné des membres de la SADC. Nous n’avons rien contre eux. Nous les respectons. Le problème? Ce sont des gens qui doivent investir du temps pour connaître tous les éléments du dossier. C’est du temps perdu. Alors qu’il y a des Envoyés spéciaux désignés depuis plusieurs années et qui ont la maîtrise de la problématique ».

A en croire Tshisekedi Tshilombo, « le message est bien passé ». Il reste l’autre problème relatif à la libération des prisonniers politiques et d’opinion. « A Venise et à Ibiza, la délégation de l’UDPS n’avait pas manqué d’insister auprès des émissaires de Monsieur Kabila sur la nécessité de libérer les prisonniers politiques et les prisonniers d’opinion avant la tenue du dialogue. Nous constatons qu’on tente d’éluder cette exigence tout en accusant faussement l’UDPS de bloquer la mise route des pourparlers.

Nous n’irons jamais aux négociations à venir pendant que nos camarades sont privés de liberté. Agir autrement, équivaudrait pour nous à aller aux discussions en ayant un couteau à la gorge».

Interrogé sur la déclaration faite, jeudi 16 juin, à Lubumbashi, par « Joseph Kabila », à l’issue de la 4ème conférence des gouverneurs, selon laquelle les élections « auront bel et bien lieu à tous les échelons », il a qualifié cette annonce de « gros mensonge ». « C’est un énorme mensonge quand on sait que l’organisation des élections locales, municipales et urbaines requiert une série des contraintes irréalisables durant le laps de temps qui reste au regard des délais constitutionnels. C’est un coup de bluff qui cache quelque chose derrière… ». « Les observateurs doivent constater que Monsieur Kabila multiplie des artifices pour empêcher la tenue des élections jusqu’à la fin de cette année. Il est habité par l’obsession de passer ce cap qui coïncide avec l’élection présidentielle aux Etats-Unis. Monsieur Kabila compte sur le départ du président Obama. Vous le savez autant que moi la pression exercée par l’actuelle Administration américaine pour contraindre M. Kabila à respecter la Constitution. Celui-ci espère rebondir après Obama en faisant modifier la Constitution par voie de référendum. Il espère ainsi s’éterniser au pouvoir ».

Pour Tshilombo, les forces politiques et sociales ont rassemblé leurs énergies. Elles vont se mobiliser jusqu’à la dernière énergie pour lui barrer la route à tous ces « projets sordides ». « Pour nous, il n’est pas question que le Président sortant passe un jour de plus après l’expiration de son second et dernier mandat le 19 décembre prochain », a-t-il fulminé.

Débat démocratique

A propos du « rassemblement d’énergie », l’UNC et MLC ont brillé par leur absence à Genval. Ont-ils adhéré aux résolutions issues de ce conclave ? Réponse : « Officiellement, non ». « Les deux partis n’étaient pas représentés de manière officielle. Le secrétaire général et certains cadres de l’UNC étaient là à titre personnel. Je n’entends nullement me mêler de leur cuisine interne. Le MLC n’a fait aucun signe. C’est bien dommage parce que les participants au conclave ont eu un vrai débat tout à fait démocratique entre les pros et anti-dialogue avant d’aboutir à un accord qui a renforcé les relations entre les différents partis politiques de l’opposition. J’ai de la peine à comprendre la raison qui a poussé ces deux formations politiques à boycotter la réunion de Genval ».

Dans l’Acte d’engagements précité, les participants au conclave de Genval exige notamment « l’arrêt et l’abandon des tracasseries fiscales, administratives, policières ainsi que de toute procédure judiciaire arbitraire contre les membres de l’opposition et de la société civile ».

Sur les réseaux sociaux, on apprenait samedi 18 juin, qu’à la requête d’un certain Emmanouïl Alexandros Stoupis, une « citation directe » a été lancée, en date du 10 juin 2016, à l’encontre de l’ancien gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi Chapwe, dans un conflit immobilier. Le citant sollicite du tribunal de paix de Lubumbashi/Kamalondo la condamnation du cité pour « faux en écriture et usage de faux ». Le procès est fixé à lundi 20 juin.

Pour Felix Tshisekedi Tshilombo, il doit s’agir d’une « énième manœuvre du pouvoir pour faire taire Moïse Katumbi». «Curieusement, glisse-t-il, ce Grec se réveille maintenant pour lancer sa plainte. Il reste à savoir si sa démarche sera recevable. Ce genre de manœuvres n’impressionne plus personne. J’ai la conviction que notre détermination commence à payer. Tout le reste n’est que de la distraction. Nous allons atteindre notre but parce que nous défendons la liberté, le respect de la Constitution et la démocratie… ».

Baudouin Amba Wetshi
© Congoindépendant 2003-2016

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