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LE CONSEIL DE SECURITE SUR LA RDC: SITUATION HUMANITAIRE CATASTROPHIQUE, NECESSITE DE MISE EN APPLICATION URGENTE DE L’ACCORD ET LIBERATION DES PRISONNIERS POLITIQUES, PROCESSUS ELECTORAL ET MENACE DE SANCTIONS

dec conseil de securite sur rdc 170118Déclaration à la presse faite par le Conseil de sécurité sur la République démocratique du Congo

On trouvera ci-après le texte de la déclaration à la presse faite, aujourd’hui, par le Président du Conseil de sécurité pour le mois de janvier, M. Kairat Umarov (Kazakhstan):

Les membres du Conseil de sécurité se sont réunis le 9 janvier 2018 pour examiner la situation en République démocratique du Congo et débattre des activités de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO).  Ils ont entendu un exposé de M. Lacroix, Secrétaire général adjoint, sur la situation politique et humanitaire, les conditions de sécurité et la situation des droits de l’homme dans le pays.

Les membres du Conseil se sont dits préoccupés par la détérioration constante de la sécurité et par la situation humanitaire inquiétante, qui a atteint des niveaux catastrophiques dans certaines parties du pays et a conduit l’ONU à passer au plus haut niveau de préparation aux situations d’urgence.  Ils ont demandé aux États Membres d’accroître les financements pour répondre d’urgence aux besoins humanitaires dans le pays.

Les membres du Conseil ont également pris note avec beaucoup d’inquiétude de la poursuite de l’impasse politique et des violences perpétrées contre des manifestants à Kinshasa et dans d’autres localités du pays le 31 décembre 2017. 

Ils ont fermement condamné les actes de violence commis, qui ont fait plusieurs morts, et regretté profondément les pertes en vies humaines.  Ils ont souligné l’importance du respect de l’état de droit et demandé aux autorités nationales d’enquêter d’urgence sur les cas de recours disproportionné à la force contre des manifestants pacifiques par les forces de sécurité, afin que les auteurs de ces actes soient rapidement traduits en justice.

Les membres du Conseil ont demandé à tous les partis politiques, à leurs sympathisants et aux autres acteurs politiques de continuer à appliquer l’Accord du 31 décembre 2016, qui demeure la seule voie viable pour sortir de la situation politique actuelle, et à rejeter la violence sous toutes ses formes, de faire preuve de la plus grande retenue dans leurs actes et leurs déclarations en s’abstenant de tout acte de provocation tel que la violence et les discours violents, afin de ne pas envenimer la situation, et de résoudre leurs différends par des moyens pacifiques.  Ils ont prié les autorités de respecter les droits de l’homme et les libertés fondamentales, en particulier le droit de réunion pacifique, et de faire preuve de la plus grande retenue dans leur réaction aux manifestations, et exhorté les forces de l’opposition, de leur côté, à se montrer responsables en assurant le caractère pacifique de leurs rassemblements.  Ils ont demandé au Gouvernement de la République démocratique du Congo de traduire en justice les personnes responsables de violations des droits de l’homme et d’atteintes à ces droits, conformément à la Constitution.  Ils ont aussi demandé à ceux de l’opposition qui rejettent le processus électoral de faire preuve d’un esprit de dialogue et de compromis pour permettre la mise en œuvre de l’Accord.

Les membres du Conseil ont réaffirmé que la mise en œuvre effective, rapide et sans délai de l’Accord et le respect du calendrier électoral adopté récemment étaient essentiels pour que le processus électoral soit crédible et se déroule dans la paix, pour la transition démocratique du pouvoir, pour la paix et la stabilité en République démocratique du Congo et pour appuyer la légitimité des institutions chargées de la transition. 

Ils ont rappelé qu’il importait de prendre des mesures urgentes pour rétablir la confiance entre les acteurs concernés et apaiser les tensions politiques, dans l’esprit de l’Accord du 31 décembre 2016, notamment de procéder à la libération des prisonniers politiques et de mettre en œuvre intégralement toutes les autres mesures de confiance, dont plusieurs n’avaient pas encore été appliquées. 

Dans le prolongement de la déclaration du Président de la Commission de l’Union africaine, ils ont invité toutes les parties prenantes à œuvrer de concert en vue de la tenue des élections selon le calendrier annoncé par la Commission électorale nationale indépendante.  Ils ont souligné qu’il fallait tout mettre en œuvre pour que les élections du 23 décembre 2018 soient organisées dans le respect des conditions requises que sont la transparence, la crédibilité et le caractère inclusif, y compris en garantissant la participation pleine et égale des femmes à toutes les étapes, et ont mis l’accent sur l’importance que les jeunes y prennent part.  Les membres du Conseil ont également souligné que les élections devaient donner lieu à un transfert pacifique du pouvoir, conformément à la Constitution, à l’Accord politique du 31 décembre 2016, à la résolution 2348 (2017) et à la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance.

Ils ont réaffirmé qu’ils étaient déterminés à agir en conséquence envers tous les acteurs congolais dont les actions et les déclarations entravaient la mise en œuvre de l’Accord et l’organisation des élections selon le calendrier prévu.

Les membres du Conseil ont demandé à l’Organisation des Nations Unies, à l’Union africaine, à la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, à la Communauté de développement de l’Afrique australe, à l’Union européenne et à l’Organisation internationale de la Francophonie de mieux coordonner leur appui à la mise en œuvre de l’Accord du 31 décembre 2016 et du processus électoral. 

Les membres du Conseil se sont félicités des progrès accomplis en ce qui concernait les inscriptions sur les listes électorales, avec le soutien actif de la MONUSCO, et ont salué l’adoption par le Parlement congolais de la loi électorale modifiée et du projet de loi de financement des élections, ils ont encouragé les partenaires internationaux et bilatéraux à verser des contributions au fonds d’affectation pluripartenaires pour le Projet d’appui au cycle électoral au Congo (PACEC) et engagé les autorités congolaises à faire en sorte que cet appui puisse être fourni de manière adéquate et en temps voulu, conformément à la réglementation financière du pays.  Ils se sont également félicités de la création d’une équipe conjointe d’experts de ces organisations.  Les membres du Conseil de sécurité attendent avec intérêt le Sommet de l’Union africaine qui se tiendra en janvier et les réunions sur la République démocratique du Congo prévues en marge du Sommet.

Les membres du Conseil ont rappelé que le Gouvernement de la République démocratique du Congo devait mener sans tarder une enquête complète sur le meurtre de deux membres du Groupe d’experts et en traduire les auteurs en justice.  Ils ont noté à cet égard que le Secrétaire général avait déployé (lettre datée du 31 octobre 2017, publiée sous la cote S/2017/917), en accord avec les autorités congolaises, une équipe des Nations Unies afin d’appuyer l’enquête nationale et qu’il comptait leur rendre compte des travaux de l’équipe.  Ils se sont félicités de la coopération des autorités congolaises aux fins des enquêtes menées par les entités des Nations Unies et de celles qui étaient menées ou pourraient l’être par la Suède et les États-Unis, et ont dit attendre avec intérêt qu’elles poursuivent cette coopération conformément à la législation de la République démocratique du Congo.  Les membres du Conseil se sont félicités que le Secrétaire général se soit engagé à ce que l’ONU fasse tout son possible pour que les auteurs de ces crimes soient traduits en justice.

Ils ont rappelé que le Conseil a décidé, au paragraphe 3 de sa résolution 2360 (2017), que les actes qui compromettent la paix, la stabilité ou la sécurité de la République démocratique du Congo comprendraient le fait de planifier, diriger ou commanditer des attaques contre des soldats de la paix de la MONUSCO ou des membres du personnel des Nations Unies ou des personnels associés, notamment les membres du Groupe d’experts, ou d’y participer, et se sont déclarés prêts à désigner aux fins de sanctions les individus et les groupes responsables de ces attaques.

Les membres du Conseil ont réaffirmé leur plein appui à la MONUSCO dans la pleine exécution de son mandat.  Ils ont remercié le Représentant spécial sortant du Secrétaire général, Maman Sidikou, du travail qu’il avait accompli, et félicité Leila Zerrougui, qui lui succédait, pour sa nomination.  Ils ont demandé instamment au Secrétariat d’appliquer en temps voulu les dispositions des résolutions du Conseil de sécurité concernant la communication de ses rapports.

 

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