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RDC: les mesures de décrispation exigées pour le 30 avril 2018 – LA LIBRE BELGIQUE-AFRIQUE

RDC: les mesures de décrispation exigées pour le 30 avril

RDC: les mesures de décrispation exigées pour le 30 avril

Par Marie-France Cros.

C’est ce lundi 30 avril qu’expire l’ultimatum du Comité laïc de coordination pour que les autorités de la République démocratique du Congo (RDC) appliquent enfin les mesures « de décrispation » promises en décembre 2016.

L’Accord de la Saint-Sylvestre 2016 prévoyait, en échange de la prolongation au pouvoir du président Joseph Kabila – hors mandat depuis le 20 décembre 2016 – une année de plus, des « mesures de décrispation »:

libération des prisonniers politiques emblématiques et fin des poursuites judiciaires à motivation politique lancées contre des opposants en exil afin de les empêcher de rentrer au pays.

On sait que le président Kabila n’a pas rempli sa part de cet Accord, mais que la Conférence des évêques (Cenco), qui avait présidé à sa rédaction, continue à le soutenir en vue des élections générales, promises cette fois pour le 23 décembre 2018.

C’est pour en réclamer l’application que le Comité laïc de coordination (CLC), proche de l’Eglise, avait organisé en décembre 2017, janvier et février 2017, trois « marches de chrétiens », auxquelles s’étaient joints des citoyens d’autres confessions religieuses. Ces marches, réprimées dans le sang, avaient attiré l’attention mondiale sur le refus du régilme kabiliste de respecter la Constitution.

Trève jusqu’au 30 avril

Le CLC avait décrété une trève momentanée de ces marches jusqu’au 30 avril. Dans une lettre au secrétaire général des Nations unies, le 10 mars,  le CLC avait indiquer considérer « la date du 30 avril 2018 comme date ultime où toutes les mesures de décrispation politique doivent être mises en œuvre pour que les élections se déroulent dans la paix, la tranquillité et la transparence ». Et dans un communiqué du 24 mars, le CLC avait « interpellé toutes les parties prenantes à la crise actuelle qui secoue la RDC, sur l’urgence d’aboutir avant le 30 avril à l’assainissement total de l’environnement préélectoral, de manière à garantir l’égalité des chances à tous les candidats potentiels dans les compétitions électorales à venir ».

Or, si le régime a bien libéré des prisonniers, il a soigneusement évité de le faire pour les prisonniers politiques emblématiques prévus par l’Accord de la Saint-Sylvestre.

De plus, si des décisions ont bien été prises pour mettre fin au dédoublement des partis (favorisé par les autorités, afin de saboter la difficile unité de l’opposition), autre mesure de décrispation, elles l’ont été par le Conseil national de suivi de l’Accord de la St-Sylvestre (CNSA), présidé par Joseph Olengankhoy. Or cet organe est lui-même un dédoublement: le CNSA prévu par l’Accord devait être dirigé par l’opposition et M. Olengankhoy n’y a pas été désigné par l’opposition mais avec la bénédiction satisfaite du pouvoir.

Faire bonne figure devant la SADC

Et si le gouverneur de Kinshasa a bien autorisé un meeting du principal parti d’opposition, l’UDPS, à Ndjili, mardi dernier, semblant prendre ainsi une autre mesure de décrispation, cette mesure était destiné à faire bonne figure devant les pays de la SADC (communauté d’Afrique australe, dont la RDC est membre) dont la « double troîka » se réunissait à Luanda le même jour pour examiner les crises au Lesotho et en RDC.

Le communiqué final de cette double troïka indique que la SADC renonce à imposer un Envoyé spécial pour la RDC – ce que souhaitait Kinshasa parce que cela eut donné l’impression qu’il y avait une crise en RDC, ce que le régime récuse malgré les écrasantes réalités – a « pris note des progrès réalisés dans la mise en œuvre de l’Accord » de la St-Sylvestre et invite « tous les acteurs politiques » congolais à « rester attachés à la mise en œuvre du calendrier électoral et de veiller au maintien d’un climat propice à la tenue d’élections pacifiques et crédibles ».

Voisins exaspérés

Si la formulation est hyper diplomatique, comme toujours, les échos de Luanda permettent de penser que Joseph Kabila a été pressé avec fermeté, par ses pairs, de respecter la date du 23 décembre prochain pour les élections, ainsi que la Constitution (qui ne lui permet pas de se représenter, ni de changer la loi fondamentale sur ce point).

Il est vrai que M. Kabila a perdu des alliés au sein de la SADC ces derniers mois: le Zimbabwéen Robert Mugabe, le Sud-Africain Jacob Zuma, remplacés par des chefs d’Etat moins complaisants pour une RDC qui devient un problème pour tous ses voisins. Ceux-ci doivent en effet accueillir des réfugiés à chacune des nouvelles crises (« qui n’existent pas ») éclatant au Congo. Nombre de Congolais pensent que le régime de Kinshasa les suscite afin d’avoir un prétexte pour ne pas tenir d’élections; les pays voisins s’exaspèrent de ce qu’ils considèrent comme l’incapacité de Joseph Kabila à contrôler son territoire.

Au total, les mesures de décrispation politique promises sont minimales. Que fera le CLC?

https://afrique.lalibre.be

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