GOUVERNANCE EN RDC: INCOMPETENCE FATALE, ÉTAT EN CHUTE LIBRE SANS UN CORRECTIF URGENT
Au cœur de la République Démocratique du Congo, un géant aux pieds d’argile, la gouvernance s’effrite. L’État, rongé par la corruption et l’impuissance institutionnelle, abandonne ses citoyens face à des défis titanesques : l’exploitation chaotique des mines, l’anarchie intérieure et l’abandon de la gestion des villes et des provinces, sans parler d’une défense foncièrement malade.
PODCAST – GOUVERNANCE EN RDC: INCOMPETENCE FATALE, ÉTAT EN CHUTE LIBRE SANS UN CORRECTIF URGENT
Ces défaillances ne sont pas abstraites ni une fatalité ; elles saignent le pays de milliards de dollars et condamnent des millions à la violence et à la misère. Plongeons dans ce chaos, où chaque secteur révèle des défaillances profondes et interconnectées.
Dans les entrailles des mines, où le cobalt et le cuivre alimentent le monde moderne, le gouvernement expose ses faiblesses. La corruption y règne en maître : un audit impitoyable de 2025 dénonce la sous-déclaration de 16,8 milliards de dollars de revenus par les compagnies minières entre 2018 et 2023, volatilisant des taxes vitales pour le développement.
L’Agence de Régulation des Marchés Miniers et le Cadastre Minier, paralysés par un manque criant de outils technologiques – pas de logiciels de traçabilité, pas de bases de données sécurisées –, laissent filer les fraudes via des faux papiers et des bakchichs.
Des réseaux mafieux, souvent en collusion avec des acteurs étrangers, pillent les sites sans permis, comme ces opérations chinoises illégales à South Kivu qui ont déclenché des protestations en 2025.
Pire encore, la récente suspension nationale de l’exploitation artisanale du cuivre et du cobalt, décrétée le 19 décembre 2025 par le ministre des Mines Louis Watum Kabamba, a tourné au fiasco. Cette mesure, bien intentionnée sur le papier, a privé des milliers d’artisans mineurs de leur unique source de revenus, exacerbant la pauvreté dans des régions comme Kolwezi et Lualaba. En effet, le ministère des mines avait, depuis des années, oublié de mettre en place les ZEA (Zones d’exploitation minière) bien prévue par le Code Minier et qui permettrait aux exploitants artisanaux de travailler dans la légalité.
Les tensions ont dégénéré en émeutes et en protestation sociale croissant, avec des communautés entières au bord de l’explosion face à la perte brutale de moyens de subsistance. Forcé par cette backlash violente, le ministre a dû battre en retraite : le 5 janvier 2026, il a partiellement et temporairement levé la suspension pour Lualaba, après des inspections révélant des violations généralisées du Code Minier, accordant un sursis aux opérateurs pour se régulariser.
Mais le mal est fait : ces allers-retours chaotiques alimentent le trafic illicite, finançant milices et l’exploitation enfantine : en bref, la déstabilisation de régions sensibles du pays.
Ce pillage minier se propage comme une gangrène aux affaires intérieures, où le ministère censé tisser l’unité nationale semble plutôt la défaire. Sans digitalisation – pas de bases de données pour traquer les crimes, pas de coordination avec la Justice–, l’administration provinciale reste fragmentée, incapable de gérer les crises comme les déplacements forcés. La police nationale, sous-équipée et gangrenée par la corruption, assiste inerte au trafic de minerais, laissant des régions entières sans services de base, comme celui de la sécurité.
Et voilà que la déstabilisation frappe même aux portes de la capitale : les miliciens Mobondo, issus initialement d’un conflit ethnique entre Teke et Yaka qui a explosé mi-2025, sèment maintenant la terreur en périphérie de Kinshasa, avec des massacres brutaux comme ceux de juin 2025 à Mbanzale et Mayala, où au moins 22 civils ont été tués dans des attaques impitoyables le long du fleuve Congo.
Cette violence, qui a forcé la fermeture du parc N’Sele en novembre 2025 face à la menace imminente sur l’axe N’Sele-Kingakati, s’étend désormais vers le Kongo Central, aggravant une instabilité régionale avec des phénomènes graves et récents : opérations militaires chaotiques des FARDC, qui ont neutralisé neuf Mobondo en novembre mais n’ont pas empêché de nouveaux attaques mortifères, et un scandale explosif le 5 janvier 2026, où le capitaine Anthony Mualushayi, porte-parole des opérations Ngemba, a accusé des alliés proches du président de la République de soutenir ces « rebelles bien structurés » – avant d’être brutalement rappelé à Kinshasa par sa hiérarchie.
Des millions de déplacés internes errent sans aide, piégés dans une pauvreté que l’État, classé parmi les plus fragiles par l’OCDE en 2025, ne peut soulager, négligeant même les appels à l’aide humanitaire internationale.
C’est une déchéance manifeste : l’intérieur du pays, censé être le bouclier des citoyens, n’est qu’un mirage administratif, amplifiant l’instabilité au quotidien. L’éternel objectif de l’amélioration du climat des affaires est réactualisé chaque année et jamais atteint.
Et quand l’instabilité dégénère en guerre ouverte, comme à l’Est du pays, la défense nationale révèle ses faiblesses chroniques. Les Forces Armées de la RDC, minées par les infiltrations et les purges inachevées, peinent à contrer les milices de proxy comme M23, qui ont capturé des villes clés en 2025 malgré des interventions régionales. La corruption détourne les fonds: équipements obsolètes, chaînes logistiques pourries, unités loyales à des factions plutôt qu’à l’État. Sans commandement unifié ni renseignement intégré – pas de stratégie proactive efficacement mise en place – l’armée reste faible face aux attaques.
Les minerais illicites financent les insurgés et leurs soutiens, bouclant la boucle avec les faiblesses minières. Résultat : une crise humanitaire dévorante, avec des violations des droits – attaques contre chrétiens en Ituri, trafic lié aux conflits – et des millions de déplacés piégés dans l’enfer.
Ces maux s’entrelacent en un cercle vicieux : la corruption minière nourrit les milices et les rebelles, qui sapent la défense, tandis que les faiblesses intérieures empêchent toute riposte cohérente.
L’État perd des milliards, les Congolais leur vie.
Il faut un changement urgent de d’hommes et de gouvernance de l’exécutif : une équipe qui échoue ne mérite pas d’être éternellement reconfirmée.
Eugène Diomi Ndongala,
Démocratie Chrétienne.




