UVIRA : 1.500 MORTS ET 300.000 DEPLACES POUR UNE AVENTURE RWANDAISE SANS LENDEMAIN
Bain de sang inutile et éphémère –vies brisées, des centaines de milliers de déplacés pour l’incursion absurde du M23 et de l’armée rwandaise sur Uvira.
En pleine effusion d’espoir, alors que la République Démocratique du Congo et le Rwanda signaient un accord de paix historique à Washington le 4 décembre 2025 sous l’égide des États-Unis, une opération militaire d’une barbarie absolue- programmée au même moment – allait tout balayer.
À peine les encres séchées, les rebelles du M23, soutenus par les troupes rwandaises, lançaient une offensive éclair : le 10 décembre, ils entraient à Uvira sans résistance majeure, s’emparant de cette ville stratégique du Sud-Kivu, dernier bastion gouvernemental majeur dans la région.
Ce qui suivit fut un cauchemar pour les civils congolais. Pendant près de six semaines d’occupation, les forces du M23 et leurs cobelligérants rwandais imposèrent une terreur systématique : massacres, exécutions ciblées, destructions d’infrastructures.
Le gouvernement congolais dénonce un bilan effroyable – plus de 1.500 civils tués, près de 300.000 personnes déplacées dans des conditions inhumaines, privées d’eau, de nourriture et de soins, avec des milliers d’enfants séparés de leurs familles. D’ailleurs, plus de 50 congolais sont morts dans les camps des déplacés au Burundi, à causes des dures conditions de vie. Avant de battre en retraite, les assaillants organisèrent des pillages massifs : maisons vidées, stations-service asséchées, stocks de goudron et de matériel public emportés ou détruits, dans une politique de terre brûlée assumée.
Et puis, brutalement, le retrait. D’abord annoncé mais non realisé et par la suite effectif autour du 19-20 janvier 2026, quand les rebelles quittent Uvira, laissant l’armée congolaise reprendre un contrôle fragile sur une ville en ruines.
Une opération militaire sans justification stratégique durable : ni gain territorial permanent, ni avancée décisive.
Juste un bain de sang gratuit, infligé en pleine négociation de paix, pour finalement tout abandonner.
Ce drame d’Uvira incarne l’absurdité cruelle de ce conflit : des civils congolais paient le prix fort – vies brisées, familles déchirées, avenir volé – pour une incursion barbare qui n’avait même pas de sens militaire.
Une trahison flagrante des engagements de Washington et Doha, laissant derrière elle une crise humanitaire abyssale.
Le M23 et les troupes rwandaises doivent être tenus pleinement responsables de ces milliers de morts inutiles, de ces 300.000 déplacés de guerre jetés sur les routes dans la misère et des pillages qui ont achevé de ruiner Uvira.
Cette barbarie ne peut rester impunie: la justice internationale, des sanctions renforcées et accountability totale s’imposent pour que de tels crimes ne se répètent plus et que la paix, enfin, et le rétablissement de l’autorité de l’ état aient une chance réelle de se concrétiser.
Eugène Diomi Ndongala,
Démocratie Chrétienne




