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Articles Tagués ‘Concertation Nationales’

LE COLLECTIF DES ONGDH DENONCE UN PUTCH INSTITUTIONNEL EN GESTATION

Collectif des ONG des Droits de l’Homme

de la République Démocratique du Congo

Contacts d’urgence : Tel : +243 (0)815089970- Tél : +243 (0)814043641 – Tel : (0)999915036

Email : richardbondo1@yahoo.fr

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DECLRATION[1] RELATIVE AUX CONCERTATIONS/DIALOGUE NATIONAL

 N’ ONT PAS POUR OBJET UN GOUVERNEMENT D’UNION NATIONALE

Le Collectif des ONG des Droits de l’Homme, citadelle de la démocratie, exploite l’économie de l’article 64 de la Constitution pour dénoncer, devant l’opinion tant nationale qu’internationale, le putch institutionnel programmé et annoncé par monsieur Léon KENGO wa DONDO, membre du Présidium, à l’occasion de la tenue des Concertations/Dialogue National : la mise en place d’un gouvernement d’union nationale.

Et pourtant, l’ordonnance n° 13/078 du 26 juin 2013 portant création, organisation et fonctionnement des Concertations Nationales circonscrit clairement à son article 2 l’objet desdites Concertations : « Les Concertations Nationales ont pour objet la réunion de toutes les couches socio-politiques de la Nation afin de réfléchir, d’échanger et de débattre, en toute liberté et sans contrainte, de tous les voies et moyens susceptibles de consolider la cohésion nationale, de renforcer et étendre l’autorité de l’Etat sur tout le territoire national en vue de mettre fin aux cycles de violence à l’Est du Pays, de conjurer toute tentative de déstabilisation des institutions et d’accélérer le développement du Pays dans la paix et la concorde. ».

 

Peut-on conjurer la déstabilisation des institutions, réussir la paix et la concorde nationales en perpétrant un putch ? L’histoire africaine récente répond par la négative : l’expérience tunisienne, égyptienne, libyenne et malienne.

La récidive de Léon KENGO wa DONDO

 

Il sied de rappeler à l’opinion publique qu’en 1994, Léon KENGO wa DONDO usa de la ruse pour faire changer l’article 78 de l’Acte Constitutionnel de la Transition suivant la célèbre formule que le Premier-Ministre viendrait de la famille autre que celle à laquelle appartient le Président de la République.

Faisant fi du contexte actuel et de l’évolution démocratique du Pays, se sachant illégitime en foi de l’article 105 de la Constitution, Monsieur Léon KENGO wa DONDO, appuyé par ses mentors intérieurs et extérieurs, tente de rééditer les combines politiciennes à la faveur des Concertations/Dialogue National, ayant la ferme assurance qu’il serait l’informateur et le formateur du Gouvernement d’Union Nationale pour avoir été le premier à l’annoncer.

Curieusement, cette récidive heurte derechef l’article 78 de la Constitution : « Le Président de la République nomme le Premier-Ministre au sein de la majorité parlementaire après consultation de celle-ci. Il met fin à ses fonctions sur présentation par celui-ci de la démission du gouvernement. Si une telle majorité n’existe pas, le Président de la République confie une mission d’information à une personnalité en vue d’identifier une coalition. La mission d’information est de trente jours renouvelable une seule fois. Le Président de la République nomme les autres membres du gouvernement et met fin à leurs fonctions sur proposition du Premier-Ministre. ». Le Collectif des ONG des droits de l’homme estime que les postes ministériels sont un appât qui justifie l’engouement avec lequel les différentes composantes bondent le Palais du Peuple ; le dessein arrêté par la plupart  étant de devenir Ministre et mourir sans s’encombrer de l’idéal que couvre l’ordonnance du 26 juin 2013.

Complot contre le peuple congolais

 

Aux termes de l’article 5 de la Constitution, la souveraineté nationale appartient au peuple congolais qui l’exerce directement par voie de referendum ou d’élections et indirectement par ses représentants. Le projet concocté, mijoté, programmé et annoncé par Monsieur Léon KENGO wa DONDO poignarde le peuple dans le dos et participe d’un schéma putchiste pour accéder au pouvoir et l’exercer en violation de la Constitution.

Les délégués concertateurs n’ont reçu aucun mandat de déstabiliser l’Institution Gouvernement tant et si bien que l’ordonnance du 26 juin 2013 porte de conjurer toute tentative de déstabilisation des institutions dont le Gouvernement en fonction. Celui-ci repose légitimement sur les articles 78, 90 et 91 de la Constitution.

Le peuple congolais exulte de savourer la paix et la sécurité sur toute l’étendue de la République en singularisant l’Est du Pays où nos forces armées sont entrain d’engranger des victoires sur l’ennemi et ses relais. Cette priorité  se conjugue avec la maitrise de l’inflation et l’amélioration progressive du climat des affaires pour drainer les investissements et éradiquer aussi progressivement le chômage.

Transhumance politique

 

L’appât de postes politiques occasionne aujourd’hui la transhumance des acteurs politiques en vue de former ce que Léon KENGO wa DONDO appelle « le Gouvernement d’Union Nationale ».

Cependant, le Professeur Jean-Louis ESAMBO KANGASHE enseigne : « Le concept de transhumance politique désigne une réalité qui caractérise le comportement des personnes qui, au gré de vague, change de partis ou d’alliances politiques ; elle renvoie à l’attitude changeante d’un homme politique qui migre, pour des intérêts personnels, d’un parti politique vers un autre. A la faveur de cette réalité, le transhumant ou le nomade politique quitte son parti au bénéfice d’un autre plus alléchant ou plus offrant en se réservant, toutefois, le droit d’y retourner si la météo politique lui parait plus favorable. » (ESAMBO KANGASHE Jean-Louis, le droit constitutionnel, Academia/L’Harmattan, 2013, p.252).

Le projet de Léon KENGO wa DONDO n’a rien de vertu que de déstabiliser, non seulement le Gouvernement en place mais également les formations politiques par le débauchage sur fond d’un Gouvernement d’Union Nationale pour s’assurer, désormais, au grand dam de la majorité présidentielle, une véritable majorité dite gouvernementale dont il devient le leader incontestable et qui peut, à la longue, faire partir de l’imperium la Président KABILA qui, en définitive n’aura plus de majorité quelconque avec lui.

Il y a donc risque d’assister à une véritable transhumance de l’actuelle majorité présidentielle vers une nouvelle majorité gouvernementale dont seul KENGO sera le leader.

Devoir de faire échec à ce projet

 

Le peuple congolais a un atout de faire échec à ce projet. Il s’agit d’y opposer l’article 64 de la Constitution : « Tout congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution. Toute tentative du renversement du régime constitutionnel constitue une infraction imprescriptible contre la Nation et l’Etat. Elle est punie conformément à la loi. ».

Connaissant Monsieur Léon KENGO wa DONDO, plusieurs fois Premier-Ministre de feu le Président MOBUTU qui dénonça sa rigueur en 1986 par la mise en place du gouvernement MABI MULUMBA, insensible à la misère des congolais, fossoyeur de l’économie nationale à travers le clan KENGO, aujourd’hui soutenu par ce clan des nomades politiques à la faveur de son Gouvernement d’Union Nationale, le Collectif des ONG des droits de l’homme invite le Président de la République à rappeler à l’ordre ce membre du Présidium des Concertations Nationales pour qu’il abandonne son schéma et exécute fidèlement la mission de ce forum national telle que définie et tracée à l’article 2 de l’ordonnance du 26 juin 2013.

Les acquis de la stabilisation du cadre macro-économique, la maitrise de l’inflation, la proximité du Gouvernement en place avec les différentes couches sociales de la Nation congolaise, l’aspiration du peuple à la paix, à la sécurité et au progrès, les efforts inhérents  à l’atteinte des objectifs du millénaire indiquent visiblement qu’il n’y a pas urgence à la formation d’un Gouvernement d’Union Nationale. Sortir de l’article 2 de l’ordonnance du 26 juin 2013 heurte à coup sûr l’article 78 de la Constitution en encourageant la naissance d’une majorité gouvernementale version KENGO wa DONDO au détriment d’une institution issue de la majorité parlementaire.

 

Péril en la demeure

 

Lorsque le Professeur Michel BONGONGO, homme-lige de l’UFC et de Monsieur Léon KENGO wa DONDO, assigne devant la presse une mission aux concertateurs d’élaborer un plan minimum de gestion de la transition lors de ce forum national, le péril de la déstabilisation des institutions de la République devient sérieux. La majorité gouvernementale nécessitera la dissolution de l’Assemblée Nationale et la suspension de la Constitution en vertu du nouveau cadre institutionnel de l’exercice du pouvoir en République Démocratique du Congo. Les concertateurs deviendraient ainsi députés pour certains et pour d’autres, sénateurs de la transition conçue et dévoilée par le Président du Sénat hors mandat.

Le Collectif des ONG des Droits de l’Homme de la RD Congo s’insurge contre ce plan déstabilisateur au moment où les vaillants soldats de notre armée sont requinqués et n’attendent que l’appui total de toute la Nation congolaise pour recouvrer le territoire national, la dignité et le respect du peuple congolais sur l’échiquier mondial. Il réveille toutes les filles et tous les fils majeurs de ce Pays pour que le projet de Gouvernement d’Union Nationale, version Léon KENGO wa DONDO, soit frappé d’anathème et classé dans ses tiroirs des oubliettes.

Que vive la République Démocratique du Congo !

Que vive le peuple congolais  uni à jamais!

Nous vous remercions.

Fait à Kinshasa, le 28 août 2013.

Pour le Collectif des ONG des Droits de l’Homme de la République Démocratique du Congo :

01-Association Congolaise pour l’Accès à la Justice (ACAJ) Maître Kapiamba Georges,

02-Association des Femmes Journalistes pour la Justice au Congo (AFJC) Mme Kenneth AMPI,

03-Anges du Ciel pour les Droits de l’Homme (ACDH) Mme Mukendi Philomène,

04-Avocats Sans Frontières/RD Congo (ASF/RDC) Maître Bondo Tshimbombo Richard,

05-Centre des Droits de l’Homme et Droit Humanitaire (CDH) M. Mulunda Karul Augustin,

06-Comité des Observateurs des Droits de l’Homme (CODHO) Maître N’Sii Luanda,

07-Forum des Femmes Ménagères (FORFEM) Mme Beya Sylvie,

08-Observatoire Congolais des Droits Humains (OCDH) Maître Baluishi Jacob,

09-Groupe d’Action pour la Non Violence Evangélique (GANVE), Kabanga Jean-Marie,

10-Comité de Suivi pour la Contribution des Communautés et Eglises à la Transformation (COSCCET), Révérend Père Angelos,

11-Action pour les Droits Humains, la Gouvernance démocratique et économique (ADHG), Wanswa Mampuya Rose.

 


[1] Le texte de cette Déclaration a fait l’objet d’un point de presse du Collectif des ONG des droits de l’homme  le 28 août 2013 à Kinshasa.

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