Cette réunion aura pour objet d’«unir tous les Katangais» et de «faire une concertation au sujet du troisième mandat de Joseph Kabila (…) en 2016», alors que s’achève cette année-là son deuxième et dernier mandat selon la Constitution actuelle, a déclaré à l’AFP une source à la présidence.

Dimanche en fin d’après-midi, une délégation d’environ 50 personnes comptant des députés nationaux et des sénateurs originaires du Katanga ont embarqué dans un avion ayant pour destination Lubumbashi, la capitale provinciale du Katanga, a constaté un journaliste de l’AFP à l’aéroport international de Kinshasa.

Le président Kabila séjourne actuellement au Katanga, sa province d’origine, depuis déjà quelques jours, de même que le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur Evariste Boshab.

Le 23 décembre, le charismatique gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, est rentré dans sa province minière, poumon économique du pays, après trois mois passés à l’étranger. Accueilli triomphalement, il a prononcé un discours où il semblait s’opposer à un troisième mandat de M. Kabila. M. Katumbi ne prendra pas part à cette réunion pour «raison de santé», a-t-il déclaré à l’AFP, précisant qu’il se rendrait à Londres «mercredi» pour des soins.

Vendredi, l’ancien député katangais Vano Kalembe Kiboko, membre de la majorité opposé à une révision de la Constitution qui permettrait au président Kabila de briguer un troisième mandat, a été inculpé d’incitation à la haine tribale et incarcéré.

Selon ses avocats, il lui est reproché de s’être opposé à ce que «le district de Kolwezi soit intégré dans le Lualaba» dans le cadre d’un redécoupage territorial. Mais selon un de ses proches, il s’agit d’une mesure de rétorsion pour avoir proposé que M. Katumbi soit le dauphin de M. Kabila.

Le président congolais a succédé en 2001 à son père assassiné, Laurent-Désiré Kabila. Il a ensuite été élu en 2006 au terme des premières élections démocratiques du pays, puis en 2011 lors d’un scrutin contesté par l’opposition et la communauté internationale. D’après la Constitution actuelle, il ne peut briguer de troisième quinquennat en 2016. Mais l’opposition accuse son camp de vouloir réviser la Loi fondamentale ou de chercher à retarder le scrutin via un long recensement de la population pour permettre à M. Kabila de rester au pouvoir au-delà de 2016.