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Elections de 2016 en R.D.C. :« Piège à cons » /Congoindependant

Elections de 2016 en R.D.C. :

« Piège à cons »

Bamba-di-Lelo

Le temps est, sans nul doute, l’ennemi du mensonge. En effet, Joseph Kabila et sa famille politique ont pris suffisamment de temps pour rendre public, à travers la Commission Electorale Indépendante (CENI), le calendrier global des élections prévues entre 2015 et 2016, en République Démocratique du Congo.

Une fois de plus, la CENI, sous la pression de Joseph Kabila qui tient à multiplier des stratagèmes et subterfuges pour demeurer éternellement au pouvoir a donc publié un calendrier électoral global que je qualifie d’imprécis, d’incohérent, un calendrier truffé de pièges et irréaliste à tous points de vue.

Ce document capital, à la lecture, a, évidemment évité la concertation en amont, qui aurait dû constituer le résultat d’un consensus conclusif d’un débat démocratique, entre les membres de la majorité présidentielle, la société civile, ainsi que de l’opposition politique, sensée incarner les aspirations du peuple congolais. Présenté en l’état, le calendrier global de la CENI viole les dispositions de l’article 73 de la Constitution qui impose la tenue de l’élection majeure, c’est-à-dire présidentielle dans un délai de 90 jours avant l’expiration du mandat du président en exercice.

Et depuis, le locataire du Palais de la Nation se tait, enfermé dans un silence dévot. Il n’ose pas, pour sa bonne pédagogie, indiquer l’itinéraire à suivre. Si ce n’est de préparer la psychologie des Congolais à accepter, le moment venu, l’évidence du fait accompli, par un glissement qui demeure au stade actuel une option tolérée et facilitée par la pratique électorale, même si l’article 8 de la Constitution, votée par le Parlement et pourtant élaguée par la suite, par le truchement d’une contestation justifiée de la rue. Concrètement, Joseph Kabila peut, par ce mécanisme de glissement, demeurer encore au pouvoir, avec la complicité de certains opposants accompagnateurs au-delà du 19 décembre 2016, date limite pourtant de la fin de son mandat politique.

A cela s’ajoute la contrainte budgétaire. Le diable se cache souvent dans les détails. C’est ainsi qu’on a placé la barre très haut, en fixant le coût des élections à un milliard de dollars américains. Sans préciser ni l’identité des donateurs, ni le montant concret de participation par individu, ni pas davantage surtout la part réservée attribuée au Gouvernement congolais. Il existe donc en ce qui concerne cette épineuse question du financement des élections, une zone d’ombre, contrat délibérément créé et entretenu par Joseph Kabila dans lequel il essaie d’entraîner le reste du pays et qui risque de nous amener dans une voie politique sans issue.

On patauge ainsi dans un océan d’énigmes, des questions sans réponse, et des perplexités, qui permettront à Joseph Kabila de trouver l’astuce majeure pour contourner l’élection présidentielle de 2016. Parce que Joseph Kabila est un pêcheur en eaux trouble. Ainsi, ce serait le grand alibi que ce dernier risquerait de brandir, à la fin de son deuxième et dernier mandat présidentiel, pour en justifier la prolongation, soit le manque d’argent pour financer un nouveau scrutin, en temps et en heure.

En surplus et en dehors de la problématique du calendrier électoral global, pour lequel la CENI a montré ses limites, le Congo notre pays vit depuis le 17 mai 1997, sous un régime d’occupation militaire, orchestrée par une cinquantaine de petites armées étrangères, venues des quatre coins du monde. A titre d’exemple, rien que d ans la MONUSCO, on trouve des casques bleus de Guatemala, de Bangladesh, de l’Ukraine, de Jordanie, de la Côte d’Ivoire, j’en passe et de meilleures.

Bien entendu, un pays sous occupation n’organise jamais d’élections apaisées dans son territoire, pour changer la configuration politique dans laquelle il s’est fondé. Dans le c as contraire, ce serait légitimer et légaliser cette nouvelle occupation.

La France, lors de la Deuxième Guerre mondiale, n’a pas fait allégeance aux Allemands en organisant des élections pour asseoir une certaine amitié franco-allemande. Il a fallu au contraire les chasser du territoire français en montant une formidable coalition militaire comprenant l’Amérique, l’Angleterre, le Canada, l’Australie et les résistants français de l’intérieur lors du débarquement de Normandie le 6 juin 1944.

Au Congo, tant que tel préalable ne sera pas rempli contre nos occupants, toute organisation d’élection, quelle que soit son importance, serait considérée comme un suicide politique et donc inacceptable, comme cela fut le cas lors des élections générales de 2011, qui portèrent de manière frauduleuse et contestable, Joseph Kabila, à la présidence de la République.

Et si ce piège grossier n’est pas démantelé a temps, il risque de se refermer sur le sort des quelques 70 ou 80 millions des Congolais qui ne sauront plus, malheureusement, à quel saint se vouer ! Ainsi, nous risquons de nous retrouver enfermés à l’intérieur d’un cycle infernal, sans espoir de nous en sortir, même à long terme, car c’est un problème politique auquel le peuple congolais est confronté depuis son occupation par des armées étrangères, avec à leur tête Joseph Kabila, n’étant lui-même qu’un étranger.

En fait, Joseph Kabila est à la fois l’incarnation du mal et le venin toxique qu’il faut d’abord extirper du vocabulaire politique congolais et du corps même de la République, afin de restaurer l’autorité de l’Etat à travers toute l’étendue du territoire national. Il faut aussi et surtout, préserver la dignité et la souveraineté du peuple congolais.

A l’heure qu’il est, les électeurs se trouvent dans une insécurité organisée, à savoir : des crimes de sang sont commis et continuent à être commis, à Masisi, Rutshuru, Walikale, Goma, Bukavu, Uvira, Beni et Aru en Province Orientale. Et d’autres atrocités sont commises en pleine ville de Kinshasa, celles notamment du 30 Décembre 2013, ainsi que lors des journées meurtrières du 19, 20 et 21 janvier 2015.Toutes ces horreurs dénotent que le pays est sous une tension permanente par le fait de l’occupation et qu’un péril majeur qui menace le peuple congolais d’extermination complète.

Enfin, il est utile de rappeler que toutes ces abominations ont été perpétrées sur ordonnance du chef de l’Etat par cynisme et sa propension naturelle aux meurtres politiques. Du reste, il ne rend compte à aucune des institutions du pays, de ses actes, qu’ils soient légaux ou illégaux, légitimes ou illégitimes, moraux ou juridiquement condamnables. Il n’a, peut-être, que son tribunal de conscience malheureusement fort chargée, sous la vague persistantes, amplement justifiées, des Congolais de toute tendance.

C’est dans ce contexte de manque de capacité d’analyse que l’on peut situer les cas de dérapage du respect des règles élémentaires aux droits des personnes et de leurs biens. C’est autant dire que la détention à la prison centrale de Makala d’Eugène Diomi Ndongala, Bertrand Ewanga, de Georges Leta Mangasa, d’Eddy Kapend et tant d’autres compatriotes présumés innocents, constitue une violation flagrante des prescrits de la Convention de Genève sur le chapitre des « Droits de l’homme ». Bien plus, tous les crimes de sang et de violation des « Droits de l’homme », sont érigés en système de gouvernement par la terreur, dans notre pays, sous la bonne grâce d’un homme morbide, sans origine connue, qui a vécu sa jeunesse dans l’errance, comme Caïn, à travers les rues et les bas quartiers de la ville de Dar-ès-Salam, en Tanzanie.

On comprend dès lors, qu’il éprouve d’énormes difficultés d’adaptation dans l’exercice des fonctions suprêmes qu’il occupe au Congo, auxquelles il n’a jamais été préparé. Il doit ce miracle, non à la providence, mais à la haine et au machiavélisme abject de ceux qui l’ont propulsé et soutenu en Occident.

Ainsi, au lieu de se plaindre continuellement, il est demandé au peuple congolais de ne pas quitter la rue et de ne pas baisser la pression. Mais de résister afin de rejeter le piège lamentable tendu sur la voie des élections de 2015 et 2016, si nous voulons encore survivre, devant le danger imminent qui plane au-dessus de nos têtes.

C’est maintenant qu’il faut déjouer, de manière lucide, raisonnable mais déterminée, les effets néfastes du complot ourdi cyniquement contre notre peuple par des prédateurs et vendeurs d’illusions, venus d’horizons de tout bord, avec eux tous les « collabos », afin de baliser les lendemains meilleurs, pour notre peuple, et pour les générations à venir. C’est là donc une possibilité unique pour sortir la République Démocratique du Congo de sa transition permanente et aléatoire, qui dure depuis l’indépendance.

Quoiqu’il en soit, Joseph Kabila ayant atteint son seuil d’incompétence et ayant épuisé toutes ses capacités de nuisance, il est désormais temps qu’il dégage, lui et les siens, avec son système politique décadent.

Bamba-di-Lelo
Docteur en Sciences Politiques de l’UCL
Analyste des Questions politiques du Congo
E.mail : jbadil@hotmail.be

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  1. Africa in Pain and DRC Civic Electoral Imbroglio

    Any civic electoral postponement in DRC will be a most sad reflection on the status of pluralist civics in this potential economic social colossus in Africa. DRC has the civic social potential to become an economic and political exemplar in African civic social leadership but the political and economic class have elected not to share this civic social wealth among all DRC citizens. There exists in DRC a vast profound civic social gulf between the extravagant elites who control the levers of both economics and governance excluding the vast majority of Congolese who live from day to day existing only on subsistent wages. This is only a prescription to internal civil strife pitting the ‘haves’ against the ‘have nots’. The ISIS and Boko Haram radical violent incursions in the Middle East and in parts of Western Africa is the ‘civic social canary’ expressing alarm in the utter lack of civic social cohesion which all African governments have elected to ignore until prodded by base electoral considerations. DRC as with many other African nations is in desperate acute need of prescriptive responsible leadership dedicated to the proposition that to govern is to serve, not to fulfill personal private crass egoist wants. Africa including DRC cries and thirsts for civic responsible governance managers who have both ‘heart’ and ‘soul’ grounded within strict ‘caritas’. The most good people of Africa who only desire personal security and safety embedded within a pluralist state promoting education and health delivery as a fundamental civic social right deserve nothing less!

    Constitutional Legal Rule of Law Process in the Absence of Constitution Respect for Rule of Law Process: Civic Civil Social Power in this DRC Constitutional Interregnum

    At present in DRC it remains unclear what has replaced this suborned/suspended DRC Parliament sanctioned Constitution embedding respect for Rule of Law Process now suborned by self-centred partisan ‘political fiat’ as DRC’s foundational legal instrument. The present DRC roiling civic political social situation is an example of ‘constitutional interregnum’, where political authority is exercised in the apparent absence of any respect, regard and adherence to formal constitutional foundation in respecting political authority subject to rule of law process. I am most concerned as to this constitutional interregnum, how the rule of law process gap left by the suspension of a constitution during a period of constitutional replacement is to be filled. The suggestion is advanced that even without a formal written constitution, a governing body’s authority and the lawfulness of its conduct depends on adherence to ‘supra-constitutional’ principles derived from the commitment to constitutional democracy itself. Because a democratic constitution claims to speak for the whole people, the law in force during the constitutional interregnum and which governs the drafting of any constitution must, at least, treat all and each of the people as equals and affirm a democratic right to representation in the drafting process. Any meaningful claim to be exercising authority in the name of the people – a claim to the authority of popular sovereignty – implies a commitment to a set of principles capable of constraining and directing the groups or individuals who exercise authority. These principles provide a constitutional foundation for government and for the legal system during the interregnum, ensuring both a benchmark for lawful government and legal continuity.

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    23 février 2015

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