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Parlement : Le mystérieux « message » de « Joseph Kabila » aux membres des deux Chambres

Parlement : Le mystérieux « message » de « Joseph Kabila » aux membres des deux Chambres


« Joseph Kabila » encadré par Aubin Minaku, président de l’Assemblée nationale, et Léon Kengo wa Dondo, président du sénat.

Selon l’Agence congolaise de presse, « Joseph Kabila » a reçu, samedi 7 novembre, au Palais de la nation, Aubin Minaku et Léon Kengo wa Dondo respectivement président de l’Assemblée nationale et président du Sénat. Il leur a remis un « message important » destiné aux députés et sénateurs.

Interrogé par la presse, le président du Sénat, Léon Kengo Wa Dondo, a déclaré que « le chef de l’Etat les a reçus pour une communication ’très importante’ dont la primeur est réservée aux députés et sénateurs ». Selon l’ACP, il s’est refusé à tout commentaire. C’est donc le suspens!

En attendant d’en savoir un peu plus sur le contenu de cette mystérieuse missive, force est de relever que la démarche est sans précédent. L’article 77 de la Constitution reconnait au Président de la République le droit d’adresser des « messages » à la nation. Des messages « qu’il lit ou fait lire et qui ne donnent lieu à aucun débat ». La même disposition lui confère également la prérogative de prononcer « une fois l’an » – devant les deux Chambres réunies en Congrès – « un discours sur l’état de la Nation ».

Le « message important » adressé aux parlementaires nationaux par le Président sortant intervient au moment où le pays traverse une zone de forte turbulence au plan politique. Et ce par la bêtise humaine.

« Joseph Kabila » est suspecté – plus à raison qu’à tort – de vouloir faire « glisser » le calendrier électoral pour perpétuer son pouvoir. Certains caciques de la « Majorité présidentielle » n’hésitent plus – au mépris de la Constitution – à militer en faveur de la révision de la Constitution pour permettre à « Kabila » de briguer un 3ème mandat. D’autres battent campagne au pays comme à l’étranger pour l’organisation d’un « dialogue politique ». Objectif : faire réviser la Constitution en instituant le scrutin présidentiel au suffrage universel indirect.

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Plusieurs personnalités politiques et de la société civile se trouvent à Makala sous des fallacieux prétextes. Leur « crime » est d’avoir exprimé leur « liberté de pensée » en clamant leur opposition à toute idée de révision constitutionnelle. Quelques noms bien connus : Eugène Diomi Ndongala Jean-Claude Muyambo Kyassa, Vano Kiboko, Ernest Kyaviro, Christopher Ngoyi Mutamba, Yves Makwambala, Fred Bahuma.

Depuis l’exclusion – auto-exclusion? – des sept partis du « G7 » de la « Majorité présidentielle » mi-septembre dernier, cette mouvance kabiliste se trouve dans tous ses états. Un état aggravé par la bruyante démission de Moïse Katumbi Chapwe non seulement de son poste de gouverneur du Katanga mais surtout du PPRD. C’était le 29 septembre.

Les récentes nominations, par « Joseph Kabila », des « commissaires spéciaux » et leurs adjoints en lieu et place des gouverneurs des provinces élus par les députés provinciaux sont loin de calmer les esprits. Ces actes dénués de base juridique sont perçus comme une démonstration de la « dérive dictatoriale » tant redoutée par les rédacteurs de la Charte fondamentale en vigueur.

Lors du débat qui l’a opposé, le vendredi 30 septembre dernier, à l’émission « Deux sons de cloche » de la RTNC, avec le tout nouveau porte-parole de la « MP » André-Alain Atundu Liongo, le député national de l’opposition Franck Diongo a proposé que « Joseph Kabila » s’adresse à la nation pour « décrisper » l’atmosphère politique. « Il doit annoncer qu’il va organiser les élections et quitter le pouvoir à la fin de son mandat, a dit Diongo. A partir de ce moment, il se désengage de bonne foi. Ce message suffira à faire débloquer le climat politique ».

Lors de l’ouverture du congrès extraordinaire du MSR (Mouvement social pour le renouveau), vendredi 5 novembre, Pierre Lumbi Okongo, le président national de cette formation politique, n’est pas allé par quatre chemins en déclarant que le Congo-Kinshasa fait face à un « complot » ainsi qu’à une « volonté délibérée, déterminée et planifiée pour liquider les valeurs républicaines qui constituent le socle de notre nation ». Suivez son regard. Lumbi n’est pas n’importe qui. Il a été conseiller spécial du chef de l’Etat actuel en matière de sécurité.

Les observateurs espèrent que « Joseph Kabila » ne se limite pas, dans son « message important », à ânonner qu’on lui fait un « procès d’intention ». Et que les personnalités de la MP qui battent campagne pour la révision constitutionnelle ne font qu’exprimer leur « liberté de pensée ». A défaut, le « coup politico-médiatique » est raté.

Baudouin Amba Wetshi
© Congoindépendant 2003-2015

 

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