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L’Eglise n’appelle pas à l’insurrection /CALCC

L’Eglise n’appelle pas à l’insurrection

Dans une déclaration rendue publique hier dans la soirée, le Conseil de l’Apostolat Catholique du Congo estime que les réactions suscitées dans l’opinion sur la position de l’Eglise catholique sur la tenue du dialogue ne reflètent pas exactement l’esprit de la lettre des Evêques. Le Conseil est surpris de constater que les gens pensent que l’église veut envoyer les fidèles dans la rue.

Le cri d’alarmé lancé par l’église est pour éviter que le sang des congolais ne coule plus. L’Eglise catholique n’est absolument pas opposée au dialogue. Les gens qui ont une mémoire fidèle se souviennent que dès février 2012, les Evêques conseillaient le dialogue à la classe politique.

En cette année-là, on assistait à la même levée des bouliers contre l’Eglise et en particulier Contre le Cardinal. Là encore, la Majorité présidentielle et le Gouvernement ont manipulé les autres chefs de confessions religieuses pour les dresser contre la Hiérarchie catholique qui non seulement dénonçait le chaos électoral, mais aussi proposait les pistes de solution pour que les prochaines élections soient mieux organisées et procurent paix et tranquillité au pays.

Ci-dessous, l’intégralité de ce message

Depuis l’annonce du Dialogue par le Président de la République, la Nation entière est en haleine. Toutes les forces politiques et sociales du pays se prononcent pour ou contre. Et le débat continue, preuve que, la matière est importante pour la vie de la Nation.

De toutes les positions exprimées, celle de l’Eglise catholique a suscité les plus de réaction. Vives félicitations et soutien à l’Eglise de la part de plusieurs forces sociales et politiques, en majorité de l’opposition. Mais aussi, virulentes réactions contre elle de la part de la majorité présidentielle et du gouvernement qui ont appelé à la rescousse les Représentants des autres confessions religieuses et le Procureur général de la République.

Il est fort probable que le style presque laconique et la fermeté des propos des Evêques soient à l’origine de la panique que ce message a créée dans certains milieux. Il est bon que l’on comprenne d’où vient la colère des Evêques.

Mais de prime à bord, le CALCC appelle toutes les parties à tempérer leurs ardeurs. Il faut apaiser les esprits. Que le Gouvernement, la Majorité présidentielle et les services de sécurité arrêtent de défier et de narguer les citoyens. Nous attirons particulièrement l’attention sur les attaques contre les paroisses et les lieux de culte catholique. Ces actes sont une offense contre Dieu lui-même. Il faut y mettre fin immédiatement avant que sa main ne frappe ses auteurs.

C’est un avertissement qui ne vient pas d’un homme. Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende ! Que l’Udps, la Dynamique de l’Opposition et le G7 acceptent d’aller au Dialogue.

Pensons tous positivement et sincèrement le bien de la Nation.

Pour notre part, nous continuons l’engagement avec les laïcats des autres communautés chrétiennes (protestantes, salutistes et du réveil) pour prier et agir ensemble comme frères et sœurs, unis au Christ par l’Esprit Saint pour faire la volonté du Père et pour Sa gloire.

Lever les équivoques et malentendus sur les options prises par la Conférence Episcopale.

Le cri d’alarme pour que ne coule plus le sang des Congolais.

Le Chef de l’Etat lui-même et tous ses collaborateurs ne cessent d’attirer l’attention sur les dangers que nous courrons de voir le pays replonger dans les heures sombres de la guerre.

C’est même la raison objective pour laquelle le Président est tenté de conserver le pouvoir au-delà des termes constitutionnels. Tenez. En plus des groupes armés encore actifs dans l’est du pays, plusieurs personnes expriment leur intention de prendre les armes en 2016 si l’élection présidentielle n’est pas organisée conformément au prescrit de la Constitution.

Certains parlent publiquement. Sûrement, il y en a qui ne parlent pas. Des analystes sérieux craignent un coup qui viendrait des proches du M23, tapis dans les Institutions de la République. Avons-nous oublié que la guerre de 1998 avait été soigneusement préparée avec les moyens de l’Etat congolais par des gens qui commandaient les Institutions du pays ? Pour ceux qui pensent que le Congo doit être sous leur contrôle, tous les prétextes sont bons pour freiner sinon mettre fin au processus de démocratisation de la vie nationale chez nous. Pour eux, les millions.de morts que ce pays a connus ne représentent rien. Ils ne s’en sont jamais repentis et ils en redemandent toujours.

Par ailleurs, qui ne sait pas que l’appareil sécuritaire de l’Etat est préparé et dressé pour réprimer toute manifestation même légitime et légale contre le régime?

Mais, l’Eglise n’appelle ni à la violence ni au renversement du régime. Au contraire. C’est plutôt au sein du régime qu’il y a des gens qui préparent la violence et les massacres de la population. Le Parquet général de la République et l’Agence nationale de renseignements, si ce sont des services de la République, devraient plutôt détecter pour les décourager, toutes les organisations et tous les cabinets politiques qui agissent dans l’ombre pour la violation de la Constitution qui fera justifier la violence.

Quant aux Evêques, établis Pasteurs du peuple de Dieu, ils n’ont pas le droit de se taire quand se préparent des massacres des citoyens, qu’ils soient catholiques ou pas. C’est bien dommage que des frères et sœurs qui partagent avec nous la foi en Dieu par le Christ Sauveur se laissent aller dans une condamnation aveugle de la hiérarchie catholique. C’est misérable que l’organe de la Loi se lève contre une institution qui prend tout son courage en main pour défendre la vie, le droit et la justice.

Au nom des millions de fidèles catholiques et de plusieurs autres humbles compatriotes qui font confiance à l’Eglise, le CALCC encourage les Evêques à demeurer fermes et vigilants pour protéger les petits et les humbles tant que faire se peut.

Personne n’a le droit d’hypothéquer l’avenir de cette Nation. Même pas et surtout pas le Président de la République qui connait parfaitement du fonds de lui-même la mission qu’il assume pur cette Nation. Si le Président veut parachever son œuvre, il n’a pas meilleur allié que l’Eglise. Les flatteurs et les criminels changeront de camp demain comme ils l’ont fait après Mobutu et après Mzee. Avaient- ils hésité de prendre les armes contre leurs propres peuples pour prendre le pouvoir? N’organisent-ils pas des actes criminels et fratricides pour conserver ce pouvoir?

L’Eglise est le rempart de cette Nation. Elle continuera à parler à temps et à contre temps pour la Patrie.

L’Eglise catholique n’est absolument pas opposée au dialogue

 Les gens honnêtes se souviennent que dès février 2012, les Evêques conseillaient le dialogue à la classe politique. En cette année-là, on assistait à la même levée des bouliers contre l’Eglise et en particulier contre le Cardinal. Là encore, la Majorité présidentielle et le Gouvernement ont manipulé les autres chefs de confessions religieuses pour les dresser contre la Hiérarchie catholique qui non seulement dénonçait le chaos électoral, mais aussi proposait les pistes de solution pour que les prochaines élections soient mieux organisées et procurent paix et tranquillité au pays.

La position de l’Eglise n’a pas changé. Oui au dialogue pour bâtir et consolider la paix sur la base de la Constitution. Car, le respect des normes garantit l’ordre et la paix. C’est pourquoi l’Eglise se dresse contre les tentatives perceptibles de violation de la norme constitutionnelle limitant le nombre et la durée des mandats du Président.

Il est important de noter que cette question du mandat du Président de la République n’est pas à comparer avec les mandats des autres dirigeants du pays. L preuve est qu’elle suscite beaucoup de passions et entraine mort d’hommes. Elle e servi de prétexte à la guerre qui nous est imposée depuis 1996 et qui a fait et continue de faire tant de morts et des dégâts irréparables au sein de la Nation.

 

L’Eglise n’appelle pas à l’insurrection

 L’annonce de l’organisatiO1 d’une marche le 16 février 2016 est perçue comme une “déclaration de guerre ” ou une” tentative de renverser les Institutions établies “. Rappelons que lors de la manifestation du 16 février 1992, les chrétiens n’étaient pas sortis dans la rue pour prendre le pouvoir d’Etat mais pour exiger l’ouverture de l’espace de dialogue appelé Conférence nationale souveraine. L’année prochaine, nous serons dans la rue pour rappeler l’obligation de respecter les principes qui fondent l’équilibre et la stabilité de la Nation. Nous le ferons pacifiquement et dans l’ordre. Si manifester pacifiquement est considéré comme un acte de guerre, alors nous ne sommes plus dans un Etat démocratique.

Les menaces proférées par le Procureur général de la République contre les Evêques, l’augmentation des actes d’intimidation et de restriction des libertés des citoyens sont de mauvais signes. Que le PGR prenne toutes les dispositions pour nous emprisonner tous, lui qui est l’actionnaire majoritaire d’une entreprise privée appelée la RDC.

Notre position et nos propositions.

Oui, il nous faut dialoguer. Mais sur quoi ? Pas seulement sur l’organisation des élections. A notre avis, le dialogue doit porter sur la manière d’assurer la passation à l’amiable du pouvoir au sommet de l’Etat et, garantir la sécurité, l’unité et la cohésion nationales. Il faut que cette Nation réussisse à mettre fin au cercle vicieux de la prise du pouvoir parles armes et au cycle infernal de la violence qu’il entraîne et qui le nourrit. C’est le point qui devrait nous unir tous. Nous savons que le Président de la République est conscient des dangers que court le pays. L’opposition et la société civile aussi. Alors ne tournons pas autour du pot.

Ce problème ne sera pas résolu si on ne l’envisage que sur le plan politique et juridique. Il faut ouvrir notre intelligence à la dimension spirituelle et apprendre à lire les signes des temps. Cette dimension est prépondérante à la dimension politique et juridique.

Le Dialogue doit être le lieu de faire un examen de conscience général en vue de la repentance pour toutes les abominations et tous les maux commis dans notre pays notamment l’effusion de sang innocent, l’immoralité sexuelle, l’injustice et la corruption érigées en système de gestion. Tous ces vices sont le fruit de l’idolâtrie et de mauvais enseignements religieux et moraux auxquels adhèrent bon nombre de nos dirigeants. Nous le démontrerons le moment venu. Il faut s’en éloigner. Il faut s’en détourner en demandant pardon au Seigneur Dieu, Créateur du Ciel et de la Terre et au peuple pour tant de souffrances qu’on lui fait endurer au nom du pouvoir et de l’argent.

Cette pratique va apaiser nos cœurs et engendrer la paix intérieure qui est source de la réconciliation.

Le Dialogue ainsi pensé sera un beau moment pour la Nation. Tout le monde devra le suivre grâce à une retransmission en direct des débats. Les conclusions et les décisions de ce forum historique devront naturellement être revêtues de l’obligation d’exécution et d’opposabilité à tous. Toutes les institutions et organisations de la Nation devront entrer dans la logique de la repentance pour” faire miséricorde afin d’obtenir la miséricorde “ et, réaliser la réconciliation pour bâtir la paix et la justice.

C’est dans cet esprit que l’Eglise organise les actions spirituelles et la mobilisation des fidèles pour qu’enfin la République démocratique du Congo, notre beau et grand pays renaisse en s’affermissant sur le droit et la justice.

D’autres questions comme le mode de scrutin, les liens entre les Partis majoritaires, le Parlement qu’ils engendrent et le Gouvernement issu de ce Parlement, devraient être traités dans ce forum. En effet, nous devons par exemple réfléchir sur la manière de défaire l’étreinte des partis sur l’Etat? Mais, à cause du soupçon de faire bénéficier les réformes à une personne pour qui plusieurs lois du pays ont été modifiées par le passé afin qu’il garde le pouvoir d’Etat, on peut décider que certaines de ces réformes ne soient appliquées qu’à La législature prochaine.

Fait à Kinshasa, le 7 décembre 2015

Pour le Bureau national du CALCC.

Vincent de Paul Kekolemba

 

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