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LE BILAN DE M. KABILA A LA TETE DE LA RDC EST CATASTROPHIQUE: TOURNONS DEFINITIVEMENT LA PAGE DU KADOGO DEVENU, PAR UN ACCIDENT DE L’HISTOIRE, PRESIDENT DU GRAND CONGO/ Tribune libre

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TRIBUNE LIBRE

La majorité factice au pouvoir revendique toute une série d’objectifs politiques, économiques et sécuritaires atteints grâce aux prétendues performances de sa gouvernance, prétextant, à son actif, entre autre la réunification du pays, la croissance macro-économique, la sécurité au pays ou la mise ne place d’une armée dissuasive.

Mais la réalité que vivent les congolais chaque jour est toute autre….

Démystifions les mensonges de régime. 

La réunification du pays, sans sécurité ni rétablissement de l’autorité de l’état sur l’ ensemble du territoire national, est toujours hypothéquée.

Combien de groupes armés, les plus cruels étant  étrangers (ADF-NALU, FDLR),  pullulent encore dans l’Est du pays, en ce moment? Combien de villages se vident  de leurs habitants, comme a été rapporté par la documentation de centaines de  photos aériennes de zones reculées de l’Est du Congo, donnant ainsi la preuve  de la destruction de centaines de villages, souvent brulés et vidés de toute leur population? Les experts en matière de sécurité on inventorié plus d’une centaine de groupes armés actifs à l’ est de la RDCongo.
Manifestement cette réunification de la RDC ( d’ailleurs sanctionnée l’Accord de Pretoria, signé en 2001, à la suite du processus de paix  qui part de l’ Dialogue Intercongolais ) a été mal gérée au point que le rétablissement de l’autorité de l’état sur l’ensemble du territoire national de la RDC reste un leurre tragiquement accompagnée  d’une grande instabilité sur le plan sécuritaire et militaire.

La stabilité de la pauvreté generalisée

De quelle stabilité parlent-t-ils, les flatteurs du régime,  lorsque des indicateurs pertinents du cadre macro-économique sont au rouge écarlate, tels que le « taux de chômage » , qui a atteint un niveau tellement élevé que M. Kabila s’est même abstenu de le relater à sa juste mesure, lors de son dernier discours devant le parlement congolais réuni en congrès?
Le Président de la République hors mandat s’est contenté de donner des chiffres fantaisistes du taux de chômage actuel , maquillant la tragique vérité.
Or, sans emploi, pas de pouvoir d’achat de la population; sans emploie, l’émergence d’une classe moyenne est impossible; sans emploie,  la  croissance du PIB par habitant demeure un rêve. La réalité certifiée par tous les indicateurs économiques,   soit-ils de l’Onu, Pnud, BM oi FMI est celle d’une  pauvreté endémique, touchant 80% de la population active,  celle  du pays au plus bas revenu « per capita » au monde, selon les statistiques mondiales présentées au dernier Forum Economique Mondial de janvier 2018.

Voilà pourquoi l’emploi constitue la première préoccupation des peuples mais pas toujours de leurs dirigeants.

Il y a eu croissance économique en RDC, selon les fluctuations des cotations des matières premières, mais jamais de « croissance inclusive » et « redistribuée » , c’est-à-dire une croissance qui se répercute sur les conditions de vie de la population. La croissance dont parlent les kabilistes est une croissance qui ne se reflète pas sur le budget national et dont les seuls bénéficiaires sont les apparatchiks au pouvoir. Lui même, M. Kabila, n’avait-il pas fustigé, à l’occasion de la tenue de  son discours « d’adieu » devant le  parlement réuni en Congres, une  croissances macro-économique sans impact sur la population? En RDC, il a eu croissance des comptes off-shore des kabilistes,  et, avec elle, la « stabilité dans la misère » de la majorité des congolais.

En outre, M. Kabila n’a pas lancé l’industrialisation du pays, pendant son règne sans partage.

Le pays,  en dehors des ressources naturelles brutes comme les minerais, n’exporte rien et l’économie reste extravertie, le commerce et les banques sont de plus en plus contrôlées par le  capitale étranger.  Les entreprises publiques  qui nourrissaient le portefeuille étatique sous Mobutu, sont en faillite,  comme la Gecamines, la Miba, Plz, Utexafrica, etc… Rien n’a été fait pour conserver ce patrimoine important de notre économie au point que la majorité de ces société ont été bradées, par des contrats léonins (EMAXON) dont les bénéficiaires sont souvent  des fiduciaires de la haute hiérarchie.  La Gecamines, ce fleuron du patrimoine minier congolais, quant à elle, est réduite à sa plus simple expression,  par l’aliénation de ses carrés miniers les plus productifs, au bénéfices des mêmes cleptocrates et leurs porte-mallettes.

La conséquence la plus grave de cette mise à sac économique  s’est répercutée sur l’emploie.   Le chômage endémique pousse les jeunes à l’ émigration massive.

Combien de congolais gisent au fond de la Mer Méditerranéenne, pour essayer d’échapper au manque d’espoir et d’opportunités du Congo Démocratique?

Personne ne vous donnera les chiffres de ce fosses commune sous la mer,  mais ces morts s’ajoutent à ceux des guerres, des massacres et des fosses communes qui ont fait des millions de morts en RDC.

La Démocrature Kabiliste 

La Démocratie ne signifie pas seulement organiser des élections frauduleuse qu’on gagne par la trichérie électorale…

La démocratie se concrétise  aussi  et surtout par le respect de droits et libertés individuels.

Or en RDC,  seuls les militants du PPRD (parti « présidentiel, dernièrement, semble-t-il,  détrôné par la plateforme politique FCC)   et ses Alliés ont le droit de manifester dans la rue. Les membres du gouvernement sont obligé d’adhérer à la plateforme du pouvoir, comme les gouverneurs de province et les mandataires publics, dans cette ambiance de déjà vu qui nous rappelle le MPR parti- état de l’époque mobutiste. Au Congo-Kinshasa, les militants des partis d’opposition sont traqués comme s’il  s’agissait de terroristes. Un militant pro-démocratie qui s’affiche, dans la rue avec une petit banderole en carton, peut être sur de se faire interpeller, dans le minutes qui suivent…

La démocratie, c’est aussi l’Etat de droit, le respect des textes. Mais en RDC, la loi fondamentale elle même est bafouée et violée au gré des calculs politiques de la majorité frauduleusement au pouvoir.

Le pouvoir judiciaire, quant à lui, censé être indépendant et veiller à l’application des textes, est caporalisé, manipulé et contrôlé par le pouvoir exécutif, à telle enseigne que l’ impulsion politique  l’emporte  toujours sur le droit.  L’instrumentalisation de la justice à des fins politiques est devenue un moyen désormais habituel pour régler les comptes aux opposants politiques, par des montages politico-judiciaires, souvent grossiers,  qui visent les opposants les plus farouches: les cas les plus emblématiques sont ceux des prisonniers politiques comme Eugène Diomi Ndongala, Jean- Claude Muyambo, Franc Diongo et j’en passe. D’autres sont forcés à l’exil: Moise Katumbi, Anzuluni Floribert ou bien Mbusa Nyamwisi.

Voilà pourquoi, il serait plus correcte de parler de « Démocrature », en RDC,  un mélange de Démocratie de façade et de dictature, plutôt que de  vraie Démocratie.

Le mythe de l’ Indépendance totale qui débouche dans l’isolationnisme 

Au delà de la pose souverainiste, la RDC, dans la réalité  globalisée de ce 21ème siècle, reste hautement dépendante de l’aide extérieure:  qui a financé la campagne de riposte contre Ebola à l’Equateur ?  Est-ce l’Etat congolais ou bien les partenaires extérieurs ?

Qui finance les projets publiques à hauteur presque de 80 % ?  Le groupe rebelle M23 n’a-t-il pas été défait par une coalition internationale sous l’égide de la Monusco?

Ainsi, l’indépendance totale n’existe plus au 21 siècle et elle a un sens si elle est d’abord économique. Avec une économie totalement dollarisée, la République Démocratique du Congo est encore très loin même de l’autonomie alimentaire, vu que  les produits de base sont presque tous importés.  Pour décrier ce phénomène de démission des institutions en place face à leurs responsabilités,   l’ USAID  (Agence de développement américaine), dans un rapport,   a utilisé l’expression de « gouvernance par substitution », pour décrier l’abandon de certaines obligations régaliennes de l’État congolais aux partenaires extérieurs, notamment les Services publiques, d’ailleurs presque inexistants surtout  dans les provinces.

Élections pluralistes

Le pluralisme ne signifie pas grand chose sans la crédibilité du processus électoral.
Qu’est s’est-il passé en 2006 et 2011? Quels étaient les constats des observateurs internationaux mais aussi de l’ opposition politique?  Ils avaient en effet constaté de graves irrégularités et des fraudes massives. La volonté du souverain primaire a été bafouée et les élections se sont limitée à une formalité politique pour  asseoir une  légitimité de façade  de l’élite kabiliste au pouvoir. Rien de plus.

Chantre de la Vérité des Urnes et boycottant son siège au parlement national en tant que député afin de lutter, en toute cohérence, contre un holdup électoral,  le président Eugène Diomi Ndongala croupit depuis 6 ans en prison, pour avoir osé s’opposer politiquement au torpillage du processus de démocratisation en RDC.

Le Pouvoir au Peuple? Un peuple humilié, chosifié et privé de sa dignité

Nous vivons, en RDC, la réalité politique d’un parti état,  le PPRD,  et de ses appendices politiques. Car le citoyen congolais est tué, violemment dispersé à chaque fois qu’il ose se manifester dans la rue son mécontentement par rapport à  la mauvaise gouvernance qu’il doit subir.

Des observateurs comme Human right Watch ont même parlé de la « déclaration de guerre du régime Kabila » contre le peuple congolais, vu les armements  militaires sont habituellement déployés contre les civils, lors de manifestations pacifiques.
Quel était le sort réservé aux manifestants pacifiques mobilisés lors des marches du Comité Laïc de Coordination, CLC en sigle, et par l’Eglise Catholique, en vue de faire respecter, par le parti-Etat PPRD, l’Accord politique de la Saint Sylvestre qu ‘il venait de signer?  Le CLC cherchait -il à renverser le régime? Bien au contraire, il luttait et il lutte  pour le respect de la Constitutions et les engagements souscrits. Nous avons vécu et assisté à l’assassinat de compatriotes lâchement fauchés par des balles réelles, à la profanation des Eglises, aux prêtres, aux religieuses malmenés, arrêtés comme des malfrats. Des policiers vidaient  les poches des manifestants, des officiers de police tiraient à balles réelles tuant des jeunes innocents dans les enceinte des églises, comme fut le cas pour les assassinats de Rossy Mukendi et Thérèse Kapangala.
De quel pouvoir du peuple parle-t-on ?  Car si c’était le cas, le Président désormais hors mandat depuis 2 ans, écouterait davantage ce peuple –  envers lequel il ne prouve d’ailleurs  aucune empathie –  plutôt que les stratèges machiavéliques, les thuriféraires  du PPRD et alliés,  qui ne cherchent qu’ à préserver leurs  intérêts et avantages indus.

Une armée orientée à mater  le peuple plutôt que pour le défendre contre les agressions des forces négatives

L’ Armée congolaise des FARDC n’est ni républicaine, ni dissuasive, car si notre armée était effectivement  dissuasive, les groupes d’étude sur le Congo ( GEC)  n’aurait pas dénombré une centaine des groupes armés à l’Est du pays qui massacrent, pillent et terrorisent le peuple congolais, sans être dérangés par les FARDC, trop occupées à prêter main forte à la police pour réprimer les manifestants pacifiques qui osent revendiquer le droit à la libre expression politique, pour se soucier de combattre  les agresseurs de la république, les égorgeurs de Beni ou bien les miliciens qui infestent le  Masisi , Rutshuru ou Butembo.

Il y  a des territoires immenses qui échappent totalement au contrôle de l’État congolais. Il faut arrêter de nous parler d’une armée dissuasive congolaise. D’ailleurs, malgré l’aide de la MONUSCO,  l’Est du pays bascule, à répétition,   dans un enfer humanitaire avec des millions de déplacés internes dont le pouvoir kabiliste ne se souci guère, préférant en nier même l’existence plutôt qu’assumer  ses responsabilités, face à une population dans le dénouement le plus total et à la merci de bandits et mercenaires de toutes sortes.

En définitive, le bilan de M. Kabila est catastrophique.

La redevabilité, l’ « accountability » comme disent les anglophones, étant un devoir pour tout dirigeant qui se dise « démocrate » ,  M. Kabila et sa majorité doivent se plier à ce  devoir politique, en en assumant toute la responsabilité.

Voilà pourquoi nous ne  prônons pas seulement  l’alternance politique, car elle pourrait nous ramener à un kabilisme sans Kabila.

Nous devons lutter pour une vraie alternative politique, pour tourner définitivement la page de l’ère malheureuse du « kadogo » devenu, grâce à un accident  de l’histoire, président du grand Congo.

Marc Mawete

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