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Décrispation politique : l’Acaj insiste sur la libération de l’opposant Eugène Diomi Ndongala / COURRIER DE KINSHASA

COURRIER DE KINSHASA 311018

 

 

L’ONG promet de lancer une consultation avec les autres associations et les mouvements citoyens en vue d’organiser une marche pacifique au cas où le député national et les autres prisonniers politiques ne seraient pas libérer dans les meilleurs délais.

L’Association congolaise pour l’accès à la justice (Acaj) a tenu, le 30 octobre, au Cepas à Gombe, un point de presse en vue d’exiger au gouvernement de la République la libération de l’opposant Eugène Diomi Ndongala ainsi que la décrispation du climat politique telle que prévu dans l’Accord de la Saint-Sylvestre.

L’organisation rappelle, en effet, qu’ Eugène Diomi Ndongala avait été condamné, le 26 mars 2014, par la Cour suprême de justice à la peine de dix ans de prison, « au terme d’un procès caractérisé visiblement par l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques ». Mais le condamné avait, par ailleurs, saisi, le 22 septembre 2014, le Comité des droits de l’homme des Nations unies contre la République démocratique du Congo (RDC) pour détention au secret, privation des soins de santé en prison et déni de garanties d’un procès équitable. L’Acaj note qu’après deux ans de procédure contradictoire entre la RDC et Eugène Diomi sous le n° 2465/2014, le Comité des droits de l’homme avait déclaré, en novembre 2016, sa plainte recevable et fondée et ordonné la libération immédiate du député national et président de la Dynamique chrétienne, l’annulation de sa condamnation et si nécessaire, établir de nouvelles poursuites conformément aux principes d’équité et de la présomption d’innocence, assorties des autres garanties légales, lui accorder une indemnisation adéquate et que pareilles violations ne se reproduisent pas à l’avenir.

La balle est dans le camp de la RDC

L’Acaj rappelle avoir vivement demandé, le 15 juin 2017, au Premier ministre de faire exécuter la décision du Comité des droits de l’homme des Nations unies rendue sous n° 2465/2014, ordonnant la libération immédiate d’Eugène Diomi Ndongala. Mais l’ONG regrette que jusqu’à ce jour, cette décision ne soit toujours pas exécutée par le gouvernement de la RDC qui a, par ailleurs, été officiellement notifié de cette dernière dont il a pris effectivement connaissance.

Et pour rentrer dans ses droits, le député Eugène Diomi avait, lui-même, saisi, le 1er février 2018, la Cour constitutionnelle. Le président de la Dynamique chrétienne a voulu, par cet acte, faire constater que le comportement du gouvernement congolais consistant à le détenir en prison en violation de la décision du Comité des droits de l’homme, des articles 16 alinéa 2 combiné avec l’article 61 paragraphe 2 et 17 alinéa premier de la Constitution et qu’il le fait subir une sanction illégale équipollente aux actes de torture et traitements inhumains et dégradants. Alors que devant le silence de la Cour constitutionnelle, Eugène Diomi Ndongala a écrit, le 24 octobre 2018, au président de cette haute juridiction de la République, lui exprimant sa déception face au non-traitement de sa requête plus de dix mois, l’acte constitutif, selon lui, d’un déni de justice.

Allant dans le sens d’épuiser toute les procédures, l’Acaj affirme avoir saisi, le 29 octobre 2018,  le secrétaire général des Nations unies et le président de la Commission de l’Union africaine, leur demandant d’encourager le gouvernement congolais à faire libérer Eugène Diomi Ndongala, en exécution de la décision du Comité des droits de l’homme des Nations unies et des mesures de décrispation politique de l’Accord politique du 31 décembre 2016. « Outre les résolutions des concertations nationales et l’Accord politique du 31 décembre 2016 qui ont demandé la libération d’Eugène Diomi Ndongala, il faut mentionner aussi l’Union de tous les parlementaires du monde, qui a appelé le 18 octobre 2018 à Genève, en Suisse, les parlements membres de l’Union interparlementaires, y compris les parlements membres du Groupe géopolitique africain, les assemblées et associations parlementaires ayant le statut d’observateur permanent auprès de l’UIP active dans la région, à entreprendre des démarches utiles pour contribuer à la libération d’Eugène Diomi Ndongala », a souligné cette ONG de défense des droits de l’Homme.

Les mesures de décrispation politique

À en croire l’Acaj, le cas d’Eugène Diomi Ndongala rappelle celui des autres prisonniers politiques et d’opinion pour lesquels elle appelle aussi le gouvernement de la RDC à libérer. Cette association pense notamment à Jean-Claude Muyambo, Franck Diongo, Eric Kikunda, Firmin Yangambi, Christian Lumu Lukusa, Carbone Beni, Mino Bompomi, Grace Tsiunza, Cédric Kalonji, Palmer Kabeya, Arsène Katolo, Miko Booto, Wooto Shaminga Toto, Alain Muwaka, Héritier Losomba et Enoch Muanza. Comme acte de décrispation de la situation politique voulue par l’Accord de la Saint-Sylvestre, l’Acaj exhorte le gouvernement congolais à faire libérer tous les prisonniers politiques. Mais déjà, elle promet de lancer une consultation avec les ONG et les mouvements citoyens en vue d’organiser une marche pacifique au cas où les prisonniers politiques et d’opinion ne seraient pas libérer dans les meilleurs délais.

 

Lucien Dianzenza
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