Aller au contenu principal

LA RESOLUTION N°2098 CSNU ET L’ABDICATION DES FARDC FACE A LEUR OBLIGATION EXCLUSIVE DE DEFENDRE LE PEUPLE ET LE TERRITOIRE DE LA R.D.CONGO: AU DELA DU TRIOPHALISME PROPAGANDISTE D’UNE PRETENDUE VICTOIRE DIPLOMATIQUE, L’AVEU IMPLICITE D’UN ECHEC DE POLITIQUE SECURITAIRE

mpp 01.04.13

LA RESOLUTION 2098 DU CONSEIL DE SECURITE DE L’ONU ET L’ABDICATION DES FARDC FACE A LEUR OBLIGATION EXCLUSIVE DE DEFENDRE LE PEUPLE ET LE TERRITOIRE DE LA R.D.CONGO:

Eugène Diomi NdongalaAU DELA DU TRIOPHALISME PROPAGANDISTE D’UNE PRETENDUE VICTOIRE DIPLOMATIQUE, L’AVEU IMPLICITE D’UN ECHEC DE POLITIQUE SECURITAIRE DU REGIME KABILA

 

La MPP, Majorité Présidentielle Populaire,  a pris acte de la résolution du Conseil de Sécurité de l’Onu n° 2098 instituant une Brigade d’Intervention Rapide sous l’égide des Nations Unies,  ayant pour objectif la poursuite des groupes armés qui sévissent impunément en RDC massacrant les populations congolaises abandonnées à leur triste sort.

La Mpp tient à souligner que la cession à des forces armées étrangères,  bien que sous la coordination des Nations Unies,  de la prérogative souveraine de la défense du territoire de  la RDC ainsi que de la protection des citoyens congolais,   nous rappelle étrangement  ce qui se passe en ce moment  au Mali où une puissance étrangère a assumée le rôle de défense du territoire et de la population en lieu et place d’une armée malienne en déliquescence et incapable d’assurer la défense de ce pays   face aux  groupes islamiques et sécessionnistes Touareg.

En RDC, les échecs à répétition de l’Armée congolaises face aux différents groupes armés qui sévissent sur notre territoire et dont certains ont été créé, armés et soutenus grâce à  des trafics de toutes sortes avec les FARDC (cas des Mai Mai Morgan dernièrement dénoncé par le Groupe des Experts de l’Onu sur les trafics des armes en RDC à cause de leur lien avec la hiérarchie militaire de la Province Orientale) préfigurent une situation militaire comparable  à celle malienne, même si  à plus grande échelle.

Tout en espérant que l’action de la Brigade d’Intervention rapide puisse désarmer effectivement et mettre hors d’état de nuire les nombreux groupes armés qui sévissent sur notre territoire, néanmoins nous ne pouvons laisser sous silence l’aveu d’échec de l’exécutif Kabila qui sous-entend cette situation de démission de l’armée nationale par rapport  à ses obligations institutionnelles.

En effet, l’ Etat congolais a été obligé de céder une de  ses prérogatives fondamentales – celle du monopole de la défense du territoire et des citoyens – en faveur d’une brigade de 2500 hommes brassés entre plusieurs armées étrangères  et chargés de cette tache régalienne en lieu et place  de l’Armée Nationale congolaise, manifestement incapable d’assumer son  obligation constitutionnelle jusqu’au bout.

Des lors, la MPP ne peut que condamner les déclarations irresponsables de « réjouissance » rendues publiques par certains membres  de l’exécutif Kabila, qui semblent oublier que la présence d’ une Brigade d’Intervention étrangère sur le sol congolais expose au grand jour l’échec de la politique de défense et de sécurité du régime kabila.

Dans cette optique, la MPP s’associe aux prises de position responsables d’une partie de la société civile congolaise qui ont mis en exergue  la nécessité de sauvegarder les populations civiles congolaises exposées à des représailles de la part des groupes armés ainsi qu’ à la menace de déplacements massifs à la suite des opérations militaires qui seront lancées sur le sol congolais. La  nécessité de la  protection des populations civiles est une revendication légitime que nous partageons, surtout après l’expérience très négative vécue par ces mêmes population à la suite des opérations UMOJA WETU I et II qui ont été accompagnées par des déplacements massifs  ainsi que des exactions contre le  populations exposées aux des représailles sauvages de ces mêmes groupes armés qui d’ailleurs n’ont pas du tout été éradiqués ; bien au contraire, ils  se sont multipliés  d’une manière exponentielle ces dernières années au point d’arriver au nombre  de 35 inventoriés par l’ong internationale oxfam.

Si la « somalisation » de l’ Est de la RDC est consécutive à l’affaiblissement de l’autorité de l’Etat dans cette partie de la république, il sied de se demander si le renforcement de l’ Etat congolais, surtout dans cette partie de la RDC, pourrait intervenir paradoxalement par  la magie du transfert  pure et simple des prérogatives de défense à un conglomérat de forces étrangère sous houlette onusienne…

En effet, nous estimons que l’institution d’une Brigade d’Intervention rapide ne devrait constituer qu’une étape vers la réorganisation de l’armée congolaise  afin que celle-ci devienne  une armée moderne, professionnelle et capable de  nous faire oublier les dérives ethniques et la  mauvaise gestion  des troupes caractérisant les FARDC en ce moment.

Dans cette optique, le thérapeutique de l’Institution de la Brigade d’Intervention Rapide devrait être associée à un programme sérieux de refondation de l’armée nationale congolaise, afin qu’elle puisse assumer,  le plus tôt possible, son rôle de défense du territoire et des populations civiles face à des agressions internes et extérieures, rôle qui lui est attribué d’une manière exclusive par la Loi fondamentale actuellement en vigueur en RDC.

Voilà pourquoi nous soutenons que les solutions palliatives visant à colmater les  plaies béantes de la mauvaise gouvernance kabiliste ne constituent  pas de solutions durables capables de rétablir et maintenir  définitivement la paix au Congo Démocratique. Pour ce faire, elles devraient être associées à une analyse plus approfondie des causes de l’entropie actuelle de l’Etat en  République Démocratique du Congo, surtout après le holdup up électoral de novembre 2011.

D’ailleurs, cela a été effleuré dans l’Accord Cadre d’Addis Abeba en ce qui concerne la relance du dialogue démocratique en panne en RDC. Force est de constater que rien de sérieux n’est fait pour mettre en application le point 6 de l’Accord Cadre.

La MPP estime que la mise en place de la Brigade d’Intervention Rapide sous l’égide des  N.U aura une tâche très ardue, à cause de l’ampleur du phénomène de la multiplication des groupes armés en RDC.  

La cession momentanée de la prérogative de souveraineté de la RDC en matière de défense nationale peut aboutir au rétablissement de la paix et de la sécurité dans notre pays si seulement si elle est accompagnée par une réorganisation de nos forces armées qui devront, dans le meilleur délai, assurer l’accompagnement actif et par la suite prendre la  relève de la Brigade Internationale dans la défense du territoire congolais et le maintien de la paix.

En effet, en absence d’une action positive de maintien de la paix sur le territoire « nettoyé » par la Brigade d’Intervention Internationale établie par la résolution n° 2098 du CSNU, la République Démocratique du Congo pourrait courir le risque d’une diffusion, d’une dispersion et d’une contamination généralisée des groupes armées  – qui sévissent essentiellement à l’Est de la RDC –  sur l’ensemble du territoire nationale, au  risque de la transformer l’ensemble du Congo Kinshasa en un immense champ de bataille « somalisé ».

Malheureusement, nous constatons que rien de concret n’est fait en termes de coordination et réorganisation de nos forces armées  dont les maux profonds sont bien connus :

une  hiérarchie sans préparation académique militaire et souvent à nationalité douteuse (cas Bosco Ntanganda, par exemple, hissé au rang de général sans être citoyen congolais et actuellement incriminé devant la Cour Penale Internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité contre des victimes congolaises) ; constitution de brigades en province à connotation mono-ethnique et  réfractaires à l’esprit de corps républicain (celles issues presqu’entièrement des ex CNDP en sont un exemple) ; manque de professionnalisme dans la gestion des ressources financières ainsi que des armes ( la gravissime accusation portée contre le Chef d’Etat-majoral des forces terrestres,  Amisi Tango Four, d’avoir alimenté en armes et munitions des forces rebelles est restée lettre morte après une simple  suspension de l’accusée de sa place au sein de l’Etat-major de l’Armée) ; impunité ; non payement des soldes ; manque de ressources ; détournement des soldes ; abandon des forces combattantes au front ; népotisme et tribalisme (une Garde Républicaine à connotation tribale) ;  adoption systématique de la stratégie du repli même après des victoires sur les ennemis ; violences et exactions contre les civils, etc.

Voilà pourquoi la MPP, tout en saluant la volonté politique manifestée par les Nations Unies de s’impliquer activement dans la solution du problème de la multiplication des groupes armés en RDC  par une action militaire que nous espérons de grande envergure vue l’immensité de la tâche, estime, néanmoins,  que toute attitude triomphaliste est à bannir :

 – tantôt l’on célèbre un prétendu  succès diplomatique ;

 – tantôt l’on présente la résolution N° 2098 comme  la solution miracle à tous les problèmes sécuritaires qui frappent la RDC….

Loin de partager cette vision simpliste des problèmes sécuritaires de la RDC,  nous estimons que la résolution n° 2098 du CSNU peut être porteuse de la paix au Congo Kinshasa seulement si elle est  accompagnée par un programme de   redynamisation immédiate des  capacités opératives des forces armées congolaises, qui demeurent à l’abandon et privées de ressources humaines, opérationnelles et logistiques ainsi que  d’une coordination efficace avec les partenaires extérieurs du secteur de la  défense militaire.

L’on ne pourra pas pacifier durablement les Congo sans les congolais.

 

Fait à Kinshasa, le 31/03/2013

Eugène Diomi Ndongala,

Porte-Parole de la Majorité Présidenteille Populaire,

MPP en sigle

 

 

un commentaire Poster un commentaire
  1. Elizer Shekinah BEN TATI #

    Date: Mon, 1 Apr 2013 19:51:24 +0000 To: eliebentati@live.fr

    J’aime

    1 avril 2013

Commentaire :

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :