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Rencontre glaciale entre « Joseph Kabila » et les «envoyés spéciaux»/CONGOINDEPENDANT.COM

Diplomatie : Congo/Kinshasa-USA-ONU-UE-UA :

Rencontre glaciale entre « Joseph Kabila » et les «envoyés spéciaux»


De gauche à droite : Mary Robinson, Boubacar Diarra, Russ Feingold et Koen Vervaeke

Venus à Kinshasa pour «évaluer» le niveau d’exécution des recommandations adressées au gouvernement congolais en rapport avec l’Accord-cadre de paix signé le 24 février 2013 par onze Etats africains à Addis Abeba, en Ethiopie, l’envoyée spéciale des Nations unies pour la région des Grands Lacs Mary Robinson, l’envoyé spécial du président Barack Obama pour la région des Grands Lacs Russ Feingold, le représentant spécial de l’Union africaine Boubacar Diarra, le coordonnateur principal pour la région des Grands Lacs de l’Union européenne Koen Vervaeke et le chef de Mission onusienne au Congo-Kinshasa Martin Köbler, se sont entretenus mardi 3 juin avec «Joseph Kabila». L’entrevue a eu lieu au Palais de la Nation. Comme à l’accoutumée, la Présidence de la République n’a publié aucun communiqué.

Selon des sources bien informées, Russ Feingold aurait pris la parole au nom de la délégation. Il a commencé par réitérer le message que le chef de la diplomatie américaine, John F. Kerry, avait transmis au numéro un Congolais lors de son passage dans la capitale congolaise, le 4 mai dernier. A savoir qu’il fallait «respecter la Constitution» en ce qui concerne la durée et le nombre de mandat présidentiel. Ce qui implique l’abandon de toute idée consistant à rallonger le mandat en cours ou encore de briguer un troisième en violation de la Loi fondamentale.

Après cet entretien, les envoyés spéciaux, auxquels s’était joint le chef de la Mission onusienne au Congo, Martin Köbler, ont animé une conférence de presse au cours de laquelle ils ont énuméré les cinq points – aux allures d’exigences – qui ont été évoqués avec «Joseph Kabila»:

Primo : élaborer (la Ceni) «sans délai» un «calendrier électoral global» reprenant toutes les consultations politiques. Et ce, y compris l’élection présidentielle et les législatives de 2016.

Secundo : s’abstenir de toute idée de rallonger le mandat présidentiel.

Tertio : abandonner le projet de briguer un troisième mandat en violation de la Constitution congolaise.

Quarto : appliquer la loi d’amnistie aux anciens combattants du M23 pour permettre leur rapatriement.

Quinto : obtenir le désarmement volontaire des miliciens des FDLR, à défaut recourir à la force.

Quelle a été la réponse de « Kabila » à tous ces sujets? Mystère.

« Le Congo n’est pas un pays sous-tutelle »

Cette rencontre est intervenue moins d’une semaine après l’ »audience » que
«Joseph» a accordée samedi 31 mai aux chefs des missions diplomatiques accréditées au Congo-Kinshasa. Une rencontre qualifiée de « bourde diplomatique » par des analystes. « Kabila » a, à cette occasion, fustiger les
«initiatives» que prennent certaines chancelleries en lieu et place des institutions nationales en soulignant que le Congo «n’est pas un pays sous tutelle».

Lundi 26 mai, le président de la Ceni, Apollinaire Malumalu, a publié le calendrier électoral concernant les élections urbaines, municipales et locales. Ce chronogramme qui suscite une vive controverse prévoit l’organisation du scrutin municipal et local durant la période comprise entre le 14 juin 2015 et le 15 octobre 2015.

Depuis le passage du secrétaire d’Etat américain à Kin, le « clan kabiliste » a les nerfs à vif. Deux camps se feraient face : les « faucons », décidés à voir leur « patron » rester au pouvoir à tout prix, et les « légalistes » qui souhaitent que la Charte fondamentale soit respectée. Les voix de ceux-ci sont à peine audibles. Les « durs » considèrent le message de Kerry comme une « simple recommandation ». Intervenant lundi 5 mai sur radio Okapi, le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga, déclarait notamment : «Je n’ai pas entendu monsieur John Kerry parler du président Kabila de ne pas se présenter en 2016, ça je n’ai pas entendu. J’ai entendu le ministre américain dire que le processus électoral doit se dérouler conformément aux prescrits de la constitution et au délai constitutionnel».

Des observateurs avertis y voient des similitudes avec la démarche menée en janvier 1990 par James Baker, alors secrétaire d’Etat. Il était venu in tempore non supecto « conseiller » à l’ »allié fidèle » qu’était Mobutu Sese Seko à s’adapter à l’air du temps en restaurant le pluralisme politique.

Avant d’entamer son périple africain, début mai, John Kerry avait déclaré ces mots à la « Voice of America » : «J’espère que {le président} Kabila verra qu’il ne faut pas changer la Constitution pour se servir lui-même». A l’issue de l’entretien entre « Kabila » et Kerry, une dépêche de l’AFP rapportait ce qui suit : « Les Etats-Unis ont exhorté dimanche 4 mai le président de la RDC, Joseph Kabila, à quitter le pouvoir fin 2016 comme le prévoit la Constitution congolaise».

S’adressant aux journalistes américains, l’envoyé spécial du président Barack Obama pour la Région des Grands lacs, Russel Feingold d’expliciter la pensée du secrétaire d’Etat: «Il ne serait pas sage pour l’avenir de ce pays de changer de constitution ». Et de rappeler un passage bien connu du discours de Barack Obama à Accra au Ghana selon lequel « l’Afrique a besoin d’institutions fortes et non d’hommes forts».

Revenons à l’Accord-Cadre signé à Addis-Abeba. Ce texte recommande aux gouvernants congolais notamment de : continuer et approfondir les réformes sécuritaires particulièrement en matière de l’armée et de la police ; consolider l’autorité de l’Etat à l’Est ; effectuer des progrès en matière de décentralisation ; promouvoir les services sociaux de base ; promouvoir la réconciliation nationale, la tolérance et la démocratisation. Quinze mois après, quel en est le résultat?

Hormis la loi d’amnistie appliquée « à la tête du client », aucune réforme digne de ce nom n’a été réalisée. Des observateurs indiquent qu’il n’existe aucune volonté déterminante au sommet de l’Etat de réformer les forces de sécurité. « Joseph Kabila redoute que l’armée devenue républicaine ne puise échapper à son contrôle », commente une source militaire. Les mêmes observateurs font état de « recul démocratique ». La mouvance présidentielle (PPRD-MP) prend chaque jour des allures d’un parti-Etat. On assiste à une montée de l’intolérance frisant la volonté d’imposer une société unanimiste.

Mission de lobbying à Washington

Lors de sa rencontre avec les ambassadeurs en poste à Kinshasa, samedi 31 mai, « Joseph Kabila » n’a pas caché son dédain à l’égard des partis de l’opposition qualifiés d’«entités anomiques et réfractaires à la loi ». Il va sans dire que la « démocratie congolaise » se porte très mal. Les espaces de liberté sont verrouillés. Des opposants sont emprisonnés pour avoir contesté pacifiquement le gouvernement. Eugène Diomi Ndongala est le cas le plus emblématique. Sans oublier le Pasteur Fernando Kuthino.

diomi et kutino

S’agissant des FDLR, des sources indiquent que « Joseph Kabila » est suspectée de « protéger » ces miliciens à l’égard desquels il aurait contracté une « dette morale ». «C’est lui qui leur fournissait des armes », assure une source militaire. Il faut espérer que la « communauté internationale » fera pression sur le Rwanda de Paul Kagame afin que celui-ci ouvre la porte de ce pays à ces exilés.

Au moment de boucler ces lignes, on apprenait que le «raïs» a dépêché quelques collaborateurs aux Etats-Unis. Objectif : faire du lobbying dans les milieux du Congrès et autres « think tank ». On apprenait également que l’envoyée spéciale des Nations Unies Mary Robinson a quitté Kinshasa mardi soir à bord d’un vol de la compagnie SN Brussels. Destination : Bruxelles. la capitale belge où se tient, à partir de ce mercredi 4 juin, la réunion du « G7 » (Groupe des sept nations les plus industrialisées), initialement prévue à Sotchi, en Russie.
«Joseph Kabila» n’a manifestement pas convaincu ces envoyés spéciaux sur «sa volonté de rattraper le temps perdu en guerres, séditions et destructions».

Baudouin Amba Wetshi

© Congoindépendant.com

http://www.congoindependant.com/article.php?articleid=8975

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  1. KABILA TOI ET TA BANDE VOUS SEREZ CRUCIFIER BIENTOT. IL Y A UNE FIN DANS TOUTE CHOSE. TELS QUE VOUS ETES LA VOUS COMMENCEZ DEJA A PLEURER CAR VOTRE FIN EST PROCHE. NOUS SOMMES AVEC VOUS ICI EN EUROPE. KANAMBE ALIAS KABILA DEGAGE TSHISEKEDI PRESIDENT.

    J'aime

    4 juin 2014

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