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Le « fighting & talking » de Kabila – Bisengimana en Serbie pour l’achat des lacrymogènes

Le « fighting & talking » de Kabila – Bisengimana en Serbie pour l’achat des lacrymogènes

GR Lshi

Kabila dans une stratégie de « fighting and talking » pour gagner du temps

et la police n’a plus de stock de gaz lacrymogènes

Par Jean-Jacques Wondo Omanyundu

Une logique résolument belliciste entrecoupée de dialogue en cas de difficulté pour gagner du temps

On apprenait le mercredi 21 janvier en fin d’après-midi que le président Kabila avait accepté le principe d’un dialogue avec l’opposition. Mais les échanges entrepris par DESC dans la soirée du même mercredi avec plusieurs personnes introduites dans le cercle présidentiel appellent à la méfiance.

Chaque fois qu’il se sent politiquement en danger ou menacé, Kabila s’exprime par la voie militaire comme moyen pour faire la politique et consolider son pouvoir. Il s’agit d’une stratégie apprise de son parrain rwandais et leurs rébellions créées en RDC (RCD, CNDP et M23). Dans la stratégie rwandaise de « Fighting and talking »[1], la politique se fait par la force. Et lorsqu’on est mis en difficulté, on recourt à la négociation pour gagner du temps et divertir son adversaire le temps de se requinquer militairement. Une fois qu’on retrouve ses forces, on pousse la négociation à l’échec pour poursuivre la politique par la force ou les armes. Pour notre source : « Le boss est désemparée et mis sous pression par l’Angola et les Occidentaux. Il est aussi désemparé du fait que son dispositif sécuritaire initial consistant à étouffer les contestations dans l’œuf, à la base a échoué. Il accepte le principe de négociation juste pour gagner du temps afin de réfléchir avec ses conseillers russes du FSB pour mettre en place une nouvelle tactique. Cette tactique concerne exclusivement le rétablissement de l’ordre par la force pour reprendre les choses en mains et récupérer l’ascendance psychologique sur la population par la terreur.

La police n’a plus de gaz lacrymogènes et Kabila dépêche le Général Bisengimana en Serbie pour se ravitailler

Une haute source policière congolaise, nous signale que Kabila a dépêché nuitamment un de ses hommes de confiance, le Général Charles Bisengimana, le commissaire général de la police nationale congolaise (PNC), ex-rebelle Tutsi du RCD-Goma, responsable de l’exécution d’une trentaine d’officiers congolais des  FAC (Forces armées congolaises sous LD Kabila) à l’aéroport de Kavumu près de Bukavu (Sud-Kivu), en Serbie pour l’achat des gaz lacrymogènes. Le stock prévu au départ ne pouvait tenir que trois jours. Ainsi, Kabila a mis à la disposition de Bisengimana un avion pour aller s’approvisionner d’urgence en Serbie. Il s’est méfié de confier cette mission à un officier congolais non Tutsi de peur que ce dernier s’enfuie avec l’argent ou le cannibalise (ponctionne). La stratégie appliquée par les kinois de multiplier plusieurs foyers de contestations afin d’éviter de former des cibles uniques (faciles à neutraliser et économie de moyens pour les services de sécurité) – stratégie recommandée par DESC à un haut cadre de la cellule stratégique de l’UDPS les jours qui ont précédé les manifestations – a porté ses fruits. Les petits attroupements constitués un peu partout dans la capitale ont contraint les services de sécurité de Kabila à émietter leurs moyens (limités en gaz lacrymogènes et hommes) dans une vaste étendue de la capitale peuplée de plus de 10 millions d’habitants.

Cette stratégie résulte de l’analyse et du débriefing stratégiques des échecs des manifestations passées (30 juin 2005 et décembre 2011 et 12 janvier 2015) où les cortèges des manifestants formaient une cible unique facile à neutraliser assez rapidement. Et le résultat ne s’est pas fait attendre, la police a été vite débordée et le dispositif de sécurité mis en place, quadrillant principalement le centre-ville a été contourné (manœuvre de diversion). Lorsque la police et la GR ont tenté de descendre dans la partie périphérique, c’est face à une multitude de groupes isolés des manifestants rassemblés par centaines contre quelques dizaines de policiers qu’ils ont eu à affronter. Ayant trop étiré leurs lignes, la capitale est devenue poreuse et un vaste terrain de plusieurs champs de manifestations difficiles à contrôler. C’est à ce moment précis que le régime de Kabila a été secoué. Et le rapport de forces (humains, tactiques, psychologiques…) s’est penché en faveur de la population kinoise que l’on croyait molle, saoulé par la bière ou distrait par les prières (« Nzambe sala » ou Dieu agit à notre place par la dance chrétienne Dieu met moi au dos, je suis fatigué) des pasteurs à la solde de Mugalu. Et les kinois ont enfin redécouvert que le miracle ne vient qu’à celui qui va en son encontre en renouant aux vieilles recettes des journées villes mortes d’il y a plus de 20 ans qui sonnèrent le glas du régime Mobutu. Il en sera ainsi pour « Mobutu light ». Toutes les manœuvres à venir ne seront plus qu’un gain de temps contreproductif car devant occasionner encore des pertes des vies humaines innocentes.

Kinshasa quadrillée par la Garde républicaine renforcée par quatre régiments formés par des chinois

Pour Kabila, seule l’épreuve de force est la meilleure stratégie pour reprendre les choses en mains, fut-il au prix des vies humaines. C’est dans cette logique qu’il vient de faire venir quatre nouveaux régiments[2] commandos, formés au Katanga par les chinois. Il les a répartis dans les quatre districts de la capitale (Tshangu, Funa, Lukunga et Mont-Amba), armés jusqu’aux dents, pour empêcher d’autres débordements. Pour Kabila, il faut absolument que le projet de loi soit adopté au Sénat, malgré la mascarade des débats télévisés. Et c’’est après le vote et la promulgation de cette loi qu’il pourra ensuite envisager les modalités d’un dialogue. Pour une autre source, les hélicoptères de l’armée perçus ces derniers jours à Kinshasa sont pilotés par des mercenaires Ukrainiens. ,A leur arrivée à Kinshasa le mardi dernier, ils étaient escortés par des éléments de la GR à la base de Ndolo pour les faire décoller.

Division au sein de la hiérarchie militaire sur les options tactiques à adopter

C’est ce que nous apprend une source des renseignements militaires de la Garde républicaine. Deux tendances opposées se forment actuellement au sein du pré-carré sécuritaire de Kabila. D’un côté, il y a les partisans de la répression pure et dure. Ils se comptent parmi des officiers généraux Katangais de l’entourage du président Kabila. L’autre camp opposé est constitué des adeptes de la légalité. Ces derniers préconisent que ce soient les forces de police, mieux outillées pour encadrer les manifestants par l’application des procédés techniques appropriés de maintien et de rétablissement de l’ordre public, qui soient déployées sur le terrain pour éviter d’occasionner des victimes civiles inutiles dont le président et son gouvernement seront tenus responsables. On parle d’une certaine tension assez perceptible entre les deux camps. Pour des raisons stratégiques, nous refusons à ce stade de nommer les généraux qui défendent cette dernière option.

Jean-Jacques Wondo Omanyundu / Exclusivité DESC

– See more at: http://desc-wondo.org/le-fighting-talking-de-kabila-et-bisengimana-en-serbie-pour-lachat-des-lacrymogenes/#sthash.Y2KXxm5f.dpuf

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