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LE PARADOXE ECONOMIQUE CONGOLAIS :UNE CROISSANCE MACRO-ECONOMIQUE « GONFLEE » QUI COHABITE AVEC L’INDICE DE DEVELOPPEMENT HUMAIN, IDH, LE PLUS BAS AU MONDE

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LE PARADOXE ECONOMIQUE CONGOLAIS :

UNE  CROISSANCE MACRO-ECONOMIQUE « GONFLEE » QUI COHABITE   AVEC  L’INDICE DE DEVELOPPEMENT HUMAIN, IDH, LE PLUS BAS AU MONDE

 CORRUPTION.IDH

 

Au Congo-Kinshasa, l’imposture qui caractérise l’usurpation du pouvoir politique après le holdup up électorale de novembre 2011,  a son correspondant économique dans le maquillage des chiffres de croissance macro-économique annoncée avec faste et clameur chaque année par le gouvernement congolais.

Ces prétendues performances  laissent l’opinion publique congolaise toujours perplexe, car elle est incapable de les apercevoir dans la vie de tous les jours.

A notre avis, deux anomalies majeures  du système économique  congolais génèrent  ce paradoxe.

Depuis plus de dix ans il n’y a pas eu en RDC aucune évaluation sérieuse de l’accomplissement du budget de l’état ;  cela signifie concrètement qu’il est impossible d’évaluer l’impact réel des politiques budgétaires  (sanitaire, agricole, habitat, travail, services sociaux, etc.) dans la vie des citoyens. D’autant plus que ce manque d’évaluation ne permet pas  de vérifier si vraiment les fonds alloués sont effectivement arrivés à destination, le doute étant permis vu le niveau très élevé de corruption qui règne au sein de l’oligarchie actuellement au pouvoir au Congo « Démocratique »..

Des fonds sont alloués chaque année par la loi financière dans les différentes rubriques, y compris celles à caractère social,  mais personne ne peut dire concrètement s’ils sont arrivés à destination et avec quel impact,   n’existant  aucun mécanisme  d’évaluation des politiques économiques budgétaires.

La deuxième anomalie de la gouvernance économique actuelle est la cession presque totale  de la politique de construction des  infrastructures nationales à des sociétés chinoises dans le cadre des soi- disant « contrats chinois » :

Plus de 32 milliards de dollars d’actifs miniers (selon l’évaluation la plus minimaliste)  ont été cédés  en échange d’infrastructures dont personne ne connait ni la valeur, ni le dates d’accomplissement des travaux et encore moins la nature.

Et quand l’on sait importance des politiques de création d’infrastructures pour la relance économique d’un pays, l’on peut aisément comprendre que le développement de notre pays nous échappe comme nous échappent les décisions de base de l’investissement d’état,  si importantes en termes de création de richesses selon la  perspective keynésienne de l’économie politique, liant  directement l’investissement productif à la croissance économique.

En effet, l’investissement publique est un facteur qui crée richesse et emploie  mais  en RDC nous assistons à  l’aberration de voir  la maitrise de l’investissement publique nous échapper complétement :

nous ignorons  les  valeurs des investissements, les temps de réalisation des infrastructures et surtout les choix des infrastructures à réaliser ainsi que leur coût. Il faudrait aussi ajouter à cette totale manque de maitrise de notre développement, l’impossibilité de gérer  le facteur de l’emploie qui pourrait être créé en faveur des congolais avec une politique de grandes œuvres bien orientée.

Malheureusement, les contrats chinois étant complétement opaques,  nous ne connaissons pas leur impact en termes de développement et encore moins leur capacité de créer d’emplois congolais.

L’INDUSTRIALISATION : UN MYTHE EN RDC

En ce qui concerne l’industrialisation de notre pays afin de produire des biens et services capables de répondre à la demande interne, absolument rien de sérieux n’est fait, même pas dans le domaine de l’industrie minière ou bien de l’agriculture, deux secteurs facilement industrialisables.

Un exemple malheureux est celui de la plus grande  industrie locale  qui produisait des de tissus – utexafrica – a été vendue à une société chinoise dont la première action a été de cesser la production afin de permettre l’écoulement sur le marché congolais de produits finis importés de chine. Un véritable « dumping » qui d’ailleurs touche aussi le marché du travail, avec des centaines d’ouvriers congolais condamnés au chômage avec l’arrêt de la production locale.

Dans ce contexte de morosité généralisé, nous sommes surpris d’entendre que l’exécutif congolais présente encore une fois des chiffres de croissance de plus de 7% alors qu’absolument rien du point de vue économique ne peut appuyer cet optimisme béat.

En effet, le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) avec son Indice de développement humain, IDH, semble donner un démenti sanglant aux chants d’autosatisfaction souvent répétés face aux responsables du FMI ou de la Banque Mondiale par les responsables du secteur économique de l’exécutif kabiliste.

Si les chiffres de croissance proclamées par l’exécutif congolais actuel sont réelles, alors  soit elles concernent exclusivement les bénéfices rapatriés des sociétés étrangères présentes en RDC (téléphonie ; sociétés extractives minières, etc.), soit le niveau de détournement et de privatisation des richesses du pays est tel qui rien ne reste pour son développement.

L’indice de développement humain publié en 2013 par le PNUD est un indice complexe qui prend en compte plusieurs facteurs comme la sécurité intérieure, l’éducation, la santé, la pauvreté afin de donner un aperçu réel du bienêtre des citoyens d’un pays.

Depuis deux ans, la RDC est positionnée comme  le pays à la dernière place du classement générale de tous les pays membres des Nations Unies en termes de développement humain.

Selon les statistiques du PNUD, la croissance en Afrique sub-saharienne a été supérieure à celle de la RDC et cette contre-performance se reproduit  depuis plusieurs années.

Des lors, il est logique de se poser des questions sur la véridicité des   chiffres macro-économiques présentées par le gouvernement Matata , qui semble souffrir du syndrome « grec » par rapport à la présentation de performances  macro-économiques qui contrastent d’une manière flagrante avec les chiffres présentées par des organismes indépendants.

L’on se rappelle que l’année passée, interrogé sur le caractère négatif de l’IDH 2012 en ce qui concerne la RDC, le Premier Ministre Matata Mponyo avait déclaré que les données à la base de l’indice étaient désormais obsolète car la situation économique, à son avis, s’était depuis améliorée.

Des lors, comment justifier que pour la deuxième année consécutive, la RDC soit  encore le dernier pays au monde en termes de pauvreté, sécurité intérieure, prestation de  services de base comme l’éducation et la santé ?

La réponse est simple : ce n’est pas du tout  une sous-évaluation de la situation économique et sociale de la RDC qui est à la base de cette gravissime contre-performance des actuelles autorités mais, bien au contraire, c’est leur mauvaise gouvernance qui prive les congolais des droits sociaux-économiques de base, sans parler de la sécurité tant intérieure qu’extérieure.

La propagande Kabiliste des « 5 chantiers » ou bien de la prétendue « révolution de la modernité » cachent à peine, comme des symboliques  feuilles de figue, la totale nudité des héritiers de l’AFDL face aux questions économiques et sécuritaires.

Analysant les courbes du classement de la RDC selon l’indice de développement humain, l’on peut aisément noter que depuis les années 1995/96, la RDC n’a fait que reculer en termes de développement, pour atteindre au jour d’hui le même niveau qu’elle avait en 1990, à l’époque du Zaïre…Ces données sont scientifiques et ne peuvent être balayées par des considérations partisanes.

Les congolais ont bel et bien sanctionné le gouvernement Kabila en 2011 à cause de son bilan catastrophique, mais celui-ci, s’imposant par défi, ne fait que plonger notre pays dans le gouffre. En RDC,  les citoyens congolais ont  une expectative de vie de seulement 47 ans et une misère endémique. Sans les contributions aux familles de la diaspora congolaise, évaluées à plusieurs milliards de dollars,  beaucoup de congolais ne pourrait pas s’assurer le minimum vital.

Il est temps que l’exécutif Kabila accepte un Dialogue franc et ouvert avec toutes les forces politiques et sociales de la RDC, car continuer à gouverner par défi signifie condamner tout un peuple à la disparition ou à l’exil forcé.

UNE ESQUISSE DES ENJEUX  NON MAITRISES DU FUTUR DE LA RDC

Le Congo Kinshasa est un pays riche en ressources naturelles : eau, terres agricoles, minerais, pétrole, gaz, uranium, énergie hydroélectrique facilement exploitable, une population de plus de 60 millions d’habitants et un territoire de 2.5 millions de kilomètres carrés.

Mais les décennies de mauvaise gouvernance de ces énormes  ressources ont réduit la capacité de la RDC de profiter de cet avantage lui offert par la nature :

  1. La RDC n’a pas d’armée capable d’assurer sa défense : une décennie de infiltration d’éléments rebelles et une totale absence de politique de défense ont réduit à néant la capacité de réaction de notre pays face à une agression extérieure ;

  2. Les enjeux de la guerre énergétique à venir selon les observateurs le plus avisés, risquent d’exposer notre pays à toutes sortes d’aventures militaires visant le contrôle de nos réserves énergétiques.

  3. La rareté des ressources alimentaires est aussi une raison d’inquiétude pour un pays comme le nôtre sans politique d’ autosuffisance alimentaire : nous importons notre riz, mais, farine de blé  et en quantités qui ne couvrent même pas les nécessités de la population,  au point que la famine a progressé en RDC les deux dernières années. Que se passera-t-il quand la RDC ne pourra plus importer ces céréales à cause des flambées prévisibles des prix des denrées alimentaires de base annoncées par tous les économistes ?

  4. L’eau douce constitue un enjeu délicat pour le futur proche des pays d ‘Afrique sub-saharien, dont certains, qui sont nos voisins, souffrent déjà d’une insuffisance hydrique. La guerre de l’eau n’est pas un danger abstrait mais bien réel et il serait temps de le considérer  en termes de défense et de sauvegarde des intérêts des populations congolaises.

  5. Une politique de « troc aveugle »  comme celle représentée par les « contrats chinois » ne constitue pas la meilleure manière de mettre en valeur nos potentialités minières : en effet, comment comprendre qu’on puisse céder 32 milliards d’actifs miniers à un pays qui s’installe et exploite sans payer ni des  taxes, ni des impôts  et sans rien faire de concret pour les populations où les exploitations minières sont localisées ? D’autant plus qu’aucun contrôle ou bien évaluation des contreparties en infrastructures construites n’a jamais été rendu publique à ce jour, laissant penser que la cession de rétro-commissions ait pesé dans le choix de ceux qui ont signé ces accords. Si à cela s’ajoute le manque total de transparence qui entoure ce « deal » suicidaire pour un Congo qui veut se développer, l’on peut aisément comprendre que si les bénéfices pour la Chine – très gourmande en matières premières –  est certain,  au contraire les avantages que tire la RDC de ce « deal opaque » restent encore à prouver…Il sied de souligner que dans un pays limitrophe à véritable grande croissance – l’Angola – les infrastructures construites par la Chine (qui n’a pas du tout de monopole dans ce secteur)  sont évaluées en quantité et qualité par une société de contrôle « allemande » avant d’être payées….Voir le cas du chemin de fer construit par les chinois qui a donné lieu à un paiement réduit à la baisse à cause de l’insatisfaction de l’Angola sur la qualité des travaux, après expertise).

  6. L’engagement programmatique de l’exécutif Kabila pris depuis plusieurs années consistant à assurer l’éducation primaire gratuite aux enfants congolais n’est pas respecté. Dans un conteste général de paupérisation de la population, cela a comme effet le manque de scolarisation des enfants de moins de 14 ans, qui atteint  désormais le 25% de l’ensemble des enfants congolais, condamnés à l’analphabétisme.

De cette manière, le futur de toute une génération est hypothéqué et avec lui le développement de notre pays. Comment un pays avec une croissance déclarée de 7% de son PIB, ne trouve pas les ressources pour assurer au moins l’école primaire gratuite à ses enfants ? Voilà les tragiques conséquences du paradoxe économique congolais.

La gouvernance kabiliste se caractérise par un manque de vision pour la RDC ainsi que pour une politique d’exploitation extravertie des richesses congolaises.  Ce manque de vison fait de notre pays une nation  en retard  aussi bien par rapport au  développement de ses voisins qu’au rythme de croissance moyenne  du reste du monde.

LES PARTENAIRES DE LA RDC NE DOIVENT PAS DEVENIR LES COMPLICE DE SON SOUS-DEVELOPPEMENT

Continuer à édulcorer les contre-performances économiques pour les faire passer comme des acquis de bonne gouvernance est devenue une stratégie suicidaire pour le Congo Démocratique et les partenaires de notre pays  – surtout le FMI et la Banque Mondiale – devraient intégrer les paramètres sociaux à leur politiques d’ajustement structurel ou  bien  aux programmes des PPTE ( Pays Pauvres Très Endettés),  car en  limitant l’évaluation des performances statistiques d’un pays aux seul paramètres macroéconomiques présentés par des organes politiques  dépourvus « d’accountability »  démocratique, ces partenaires se rendent complices du malheur du peuple congolais.

En général, lancer des politiques contre l’immigration et cautionner au même temps  la mauvaise gouvernance des dictateurs dans les pays africains  à forte taux d’émigration est politiquement contradictoire et éthiquement reprochable.

Vérité et Justice pour le Congo,

Kinshasa, 16/03/2013

Eugène Diomi Ndongala,

Porte-Parole de la Majorité Présidentielle Populaire,

MPP

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