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KONGOTIMES: RDC : Pas de Cohésion nationale sans la liberation des prisonniers politiques et d’opinion

 

RDC : Pas de Cohésion nationale sans la liberation des prisonniers politiques et d’opinion

25/10/2013 06:31:00 KongoTimes!
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Eugène Diomi Ndongala Nzomambu

Dans un communiqué rendu public hier jeudi 24 octobre 2013 et signé par son porte-parole Marc Mawete, la Majorité présidentielle populaire (MPP) estime qu’il n’y aura pas de cohésion nationale tant que les prisonniers politiques ne seront pas libérés. Pour cette plate-forme proche d’Etienne Tshisekedi, Kabila doit respecter les engagements contenus dans son discours à la nation prononcé le 23/10/2013, devant les deux chambres du Parlement réunies.

Pour la MPP, le château de cartes des Concertations nationales risque de s’écrouler sous le poids des incohérences de la démarche politique de son initiateur.

En effet,  la cohésion nationale n’est pas  un  simple slogan publicitaire qui s’affiche sur des publicités étalées aux carrefours de Kinshasa mais plutôt une obligation programmatique publiquement assumée qui doit se manifester, en premier lieu, par la libération des prisonniers politiques, peut-on lire dans ce communiqué.

Dans son discours prononcé devant les députés et sénateurs, l’orateur a souligné, à plusieurs reprises, sa volonté de respecter toutes les résolutions des Concertations nationales parrainées, d’ailleurs, par sa personne et placées sous la houlette de la cohésion et réconciliation nationale.

En particulier, il sied de souligner que Joseph Kabila a dit formellement, dans son discours à la Nation, qu’il allait donner instruction aux institutions de la République afin que les résolutions relatives à la réconciliation nationale puissent  être appliquées dans le meilleur délai.

Dans cette optique, il a annoncé la signature d’une ordonnance de grâce qui, selon sa déclaration publique, aurait dû s’inscrire dans la droite ligne de la réconciliation nationale.

La réconciliation nationale devait se matérialiser, entre autre,  par l’adoption des mesures de grâce, d’amnistie ou de  libération conditionnelle des personnes citées dans le rapport de la commission chargée de la thématique de la Gouvernance, Démocratie et Réformes institutionnelles.

 » Quel a été l’étonnement et la surprise des Congolais épris de paix et de justice de constater que l’Ordonnance portant mesure de grâce et publiée notamment le 23/10/2013, vers minuit, ne concernait pas les prisonniers politiques, les fausses accusations portées contre ceux-ci n’étant pas comprises dans le champ d’application de ladite mesure ?  » S’interrogent les membres de la Majorité présidentielle populaire. Elle se limite, en effet, à une simple démarche de décongestion des prisons qui concerne des détenus de droit commun, constatent-ils.

Face à cette contradiction entre les engagements pris au cours de son discours à la Nation  et la première mesure d’application des résolutions des Concertations nationales, la Démocratie Chrétienne tient à souligner qu’après la déclaration formelle de sa volonté de donner une suite favorable à toutes les résolutions des Concertations nationales, Joseph Kabila commettrai  une grave erreur d’appréciation en esquivant expressément la résolution de ces assises demandant la libération des prisonniers politiques qui sont nommément cités dans le rapport de la commission ad hoc.

En effet, la question de la libération des prisonniers politiques représente le

 » thermomètre «  qui mesure la volonté réelle de Joseph Kabila de donner effectivement une nouvelle impulsion à sa gouvernance défaillante.

D’autant plus que ne respectant pas son engagement de libérer les prisonniers politiques, il jetterait le doute dans l’esprit de la majorité des  Congolais et des observateurs étrangers en ce qui concerne  sa réelle volonté de rechercher la cohésion nationale en RDC.

Les conséquences du non-respect du principe politique résumé par l’expression latine   » pacta sunt servanda «  sur lequel se base la cohérence de la démarche de l’état, emporterait avec lui le  » Château de cartes  » de toutes les autres résolutions des Concertations nationales qui se résumerait, dans l’imaginaire du peuple Congolais, à un catalogue de bonnes intentions, sans impact réel dans la vie des citoyens congolais et surtout, qui sont destinées à rester inappliquées à cause de leur caractère  » cosmétique « .

Voilà pourquoi la Démocratie Chrétienne invite Joseph Kabila à respecter son engagement pris solennellement devant le peuple congolais de donner stricte application à toutes les résolutions des Concertations nationales dont la plus sensible demeure celle prévoyant la libération immédiate  des prisonniers politiques.

Dans le cas contraire, la Démocratie Chrétienne appellera le peuple congolais à témoin afin qu’il ne donne  aucun crédit au catalogue de bonnes intentions sur lequel se fonde la prétendue cohésion nationale, laquelle semble se  limiter à l’affichage de panneaux publicitaires sur certaines avenues publiques, alors qu’elle doit nécessairement se concrétiser par la décrispation politique et le respect de la parole donnée.

La Démocratie Chrétienne tient aussi à souligner que la démarche visant à mettre en place un gouvernement dit de  » cohésion nationale « , alors que plusieurs opposants, dont Eugène Diomi Ndongala, sont maintenus en détention, privés de soins médicaux et soumis à des tortures  depuis plusieurs mois, apparait comme un « leurre » dans le désert d’un panorama politique toujours fracturé.

POINT DE PRESSE: KABILA DOIT LIBERER LES PRISONNIERS POLITIQUES, JUGES OU PAS JUGES, LA MESURE DE GRACE ADOPTEE NE REPONDANT PAS AUX RECOMANDATIONS DES CONCERTATIONS NATIONALES

Point de presse de l’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice (ACAJ) tenu à Kinshasa ce 24 octobre 2013 portant sur les points ci-après :

I. Discours du Président de la République, Joseph Kabila[1]

Libération des détenus et prisonniers politiques et d’opinion

L’ACAJ a noté que le Président de la République a, pour la paix et la réconciliation nationale, partagé les vues des Délégués aux Concertations sur la nécessité d’impliquer toutes les institutions de la République. Il a signé l’ordonnance n° 13/108 le 23 octobre 2013 portant mesure collective de grâce, la commutation, la réduction et la remise des peines, et demandé au gouvernement, une fois terminé la libération conditionnelle des prisonniers civils, de procéder, à celle des militaires, et de déposer, devant les bureaux des deux chambres du Parlement, le projet de loi portant amnistie.

Mais après analyse de l’ordonnance précitée, l’ACAJ a constaté que son article 6 ne permet pas aux condamnés (prisonniers) politiques dont les noms ont été retenus par les Concertateurs d’en bénéficier.

Car cet article exclut la commutation, la réduction et la remise des peines notamment pour les personnes condamnées pour trahison, association des malfaiteurs; atteinte à la sûreté intérieure ou extérieure de l’Etat, détention illégale d’armes de guerre, et toute autre infraction contre l’autorité de l’Etat et l’intégrité du territoire, prescrite par les articles 195 à 199 ter du Code pénal congolais…Et pourtant, la plupart des prisonniers politiques ou d’opinions pour lesquels les Concertateurs avaient demandé la grâce ont été condamnés, individuellement, pour ces faits. C’est le cas de Me Firmin YANGAMBI, Pasteur KUTINO Fernando, journaliste Patrick PALATA, député MUHINDO NZANGI, M. Eric KIKUNDA…

C’est pourquoi, l’ACAJ a recommandé au Président de la République de concrétiser son engagement en faisant libérer tous les prisonniers (condamnés) politiques ou d’opinion au nom de la paix et de la réconciliation nationale.

Aussi, l’ACAJ a rappelé qu’en dehors des condamnés (prisonniers) politiques ou d’opinion, il y a des personnes détenues à ce jour pour de faits politiques et auxquelles on a collé des faits de droit commun pour justifier leur détention.

La majorité a passé plusieurs jours aux cachots de l’ANR ou de la DEMIAP sans droit de visite et fait face des conditions infrahumaines. Au nom de la paix et la réconciliation nationale, elle a recommandé vivement au Président de la République leur libération sans condition.

Il s’agit notamment de M. Eugène DIOMI NDONGALA, M. MITUNTWA NKOBA Verdict, Mme KABUNGAMA Marie Josée, M. KABENGELE TSHIBANGILE Jeancy, M. TSHIBASU, M. SHAUMBA Justin, M. IKUKU BOLIAMBALI Elie, M. KATUMBA MUMPOYI Madoudou, M. MOKAMBI MAKUMU, M. ZOMO KOFIO Apocalypse, M. MWIMPA BOWA LUKUSA Jonas, M. OYANDEKE LOKOMA, M. TSHIBASU DIANDA, M. MBIOLA Jean et M. BAKATUFILA MUNDA Florien, Professeur MBONEKUBE WA KAHULE Michel, M. SEBATWARE Willy, M. BIKA SELEMANI, BALEKE IDRISSA et KAMBAZI LISASI[2].

L’appel à l’Auditeur Général des FARDC pour accentuer les enquêtes

L’ACAJ a salué l’appel du Chef de l’Etat lancé à l’Auditeur Général des FARDC pour qu’il accentue les enquêtes à charge des Officiers supérieurs, subalternes, ainsi que des hommes de troupe sur qui pèsent des accusations liées au pillage des ressources naturelles, de détournement de la solde des militaires et du matériel destiné aux forces armées, lutter contre les auteurs des crimes de guerre et crime contre l’humanité, particulièrement les violences sexuelles et l’enrôlement d’enfants et leur utilisation à des fins militaires.

Mais elle a insisté sur l’urgence de faire amorcer des enquêtes sur les faits imputés au Général Gabriel Tango Fort, ancien chef d’Etat major des forces terrestres, et les autres Officiers supérieurs épinglés par les rapports des Experts des Nations Unies.

Elle a aussi recommandé une enquête dans les zones minières des provinces du Katanga, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Province Orientale pour y démanteler les réseaux d’exploitation des ressources naturelles et de contrebande, qui agissent sous protection de certains Officiers Supérieurs et militaires.

Aussi, l’ACAJ a recommandé au Chef de l’Etat d’instruire le Gouvernement pour qu’il dépose, en urgence, au Parlement un projet de loi portant fixation les rémunérations des responsables politiques nationaux et provinciaux, de hauts fonctionnaires et cadres de l’Administration publique, des mandataires publics et autres agents publics.

***

Lutte contre l’impunité des crimes internationaux

Pour faire justice aux victimes de nombreux crimes internationaux, commis il y a quelques décennies, le Chef de l’Etat a reconnu la nécessité  d’instituer, au sein des juridictions congolaises, des chambres spécialisées.

L’ACAJ a, tout en exprimant sa ferme soutien à cette initiative, recommandé à ce que le nouveau projet de loi soit préalablement soumis aux ONG des droits de l’homme et partenaires engagés dans la lutte contre l’impunité, afin de leur assurer que lesdites chambres seront indépendantes, efficaces et capables d’organiser des procès justes et équitables.

Elle a aussi recommandé au Chef de l’Etat de s’assurer que la proposition de loi portant mise en œuvre du Statut de la Cour Pénale Internationale (CPI) soit adoptée par le Parlement dans le meilleur délai.

Gouvernement de cohésion nationale

L’ACAJ a recommandé aux partis politiques de l’opposition politique, ayant participé aux Concertations, de prendre leur décision d’y participer en considérant qu’aux termes de l’article 4 de la Loi n° 07/008 du 04 décembre 2007 portant statut de l’Opposition politique, est réputé avoir renoncé au statut de l’Opposition politique, le parti politique ou le regroupement politique qui accepte de partager les responsabilités de l’Exécutif aux niveaux national, provincial, urbain, municipal ou local. Elle a rappelé que l’opposition doit travailler sur un projet de société alternatif et accéder au pouvoir par voie des élections démocratiques. Au cas contraire, elle mettra dans une situation politique qui la confondra avec la majorité au pouvoir. Le pouvoir devant être conçu comme un service à la nation et non une occasion de s’enrichir !

Aux membres de la Société Civile, l’ACAJ a recommandé vivement la prudence pour ne pas hypothéquer leur liberté et indépendance. Elle a rappelé que les ONG de la Société Civile n’ont pas comme vocation la conquête et l’exercice du pouvoir.

II. Liberté provisoire accordée aux 9 DDH de Bandundu

L’ACAJ a, après avoir retracé l’historique de harcèlement judiciaire que les défenseurs des droits de l’homme membres de l’Association pour la Défense des Intérêts de Bandundu (ADIVB) ont connu depuis le 25 mars 2013 jusqu’à ce jour, dénoncé les tentatives de faire échouer leur procédure de demande de liberté provisoire au niveau de la Cour Suprême de Justice (CSJ) à Kinshasa.

Elle a aussi dénoncé le taux exorbitant de caution de 500.000 francs congolais (USD 555) leur imposée par la CSJ pour recouvrer leur liberté alors que la majorité d’entr’eux est sans emploi et trois qui sont enseignants ne percevaient que 45.000 francs congolais par mois, soit 50 USD. Et que cette caution exagérée est une preuve que certaines autorités judiciaires souhaitent être dépendantes des hommes et indépendantes des Lois.

Au Premier Président de la CSJ, l’ACAJ a recommandé de travailler pour le respect des droits de fondamentaux de citoyens et mettre fin à la pratique illégale de visa préalable au prononcé qui porte gravement atteinte à l’indépendance du juge au prestige de cette Haute juridiction.

L’ACAJ a enfin appelé l’Inspecteur Général des Services Judiciaires à donner suite à sa demande d’enquêter sur le dysfonctionnement constaté au niveau de la CSJ et la survivance de certaines pratiques illégales[3].

Fait à Kinshasa, le 24 octobre 2013

Pour l’ACAJ

Me Georges KAPIAMBA

Président National

[1] Le Président de la République, Joseph Kabila, a rendu compte à la Nation, devant les deux chambres du Parlement réunies en congrès ce 23 octobre 2013, des mesures urgentes qu’il a prises sur base des recommandations résultant des travaux des Concertations Nationales.

[2] L’ACAJ avait communiqué cette liste aux Concertations Nationales le 09 aout 2013.

[3] Par sa lettre n° 54/ACAJ/P/GK/2013 du 08/10/2013 l’ACAJ a, en application de l’article 2 de l’ordonnance n° 87/215 du 23 juin 1987, demandé à l’Inspecteur général des services judiciaires d’enquêter sur le fonctionnement de la CSJ et la pratique de visa préalable au prononcé des décisions.

Me Georges Kapiamba

Avocat

Président de l’Association Congolaise

pour l’Accès à la Justice (ACAJ)

 

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