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Attaque du Camp Tshatshi : Bluff ou coup de colère ? – Analyse DESC

Attaque du Camp Tshatshi : Bluff ou coup de colère ? – Analyse DESC

Attaque du Camp Tshatshi : Bluff ou coup de colère ?

GR

Il est prématuré pour déterminer avec précision ce qui s’est réellement passé ce 22 juillet 2014 à Kinshasa car il existe encore des zones d’ombre à ce sujet. Dès lors, plusieurs hypothèses sont envisageables pour tenter de comprendre l’attaque du Cazmp colonel Tshatshi, lieu de caserbement de la Garde républicaine (GR). Pour l’heure aucune revendication, ni identité précise du groupe des ‘assaillants’, ni mobile de l’attaque ne sont formellement fournies par les autorités congolaises.  Notre analyse procède d’une collecte de plusieurs sources, principalement militaires et internationale recueillies à partir de Kinshasa. Il est cependant surprenant de constater le gêne et une certaine loi de silence manifestés par nos interlocuteurs dont il fallait pratiquement tirer le ver du nez. Un détail qui ne serait peut-être pas anodin à l’analyse des pistes évoquées ci-dessous. 

Une communication kafkaïenne et confusionnelle

La communication cacophonique faite par les autorités publiques, du reste émanant des personnes profanes en matière militaire, ne permet pas d’éclairer l’opinion sur les faits réels et les mobiles de ceux que l’on présente comme étant des assaillants. Tout cela ne fait que semer la confusion en laissant la population se poser plus de questions que des réponses censées l’apaiser. Dans leurs interventions respectives par exemple, le gouverneur de la ville de Kinshasa, M. Kimbuta, parle d’une attaque au camp Tshatshi entre 9 heures et 10 heures du matin alors que le ministre des Médias, Lambert mende, minimisant les faits situe l’attaque vers 14h et dit que cela n’a duré que 15 minutes, tout était sous contrôle alors que jusqu’au moins à 15h45, les habitants de Ngaliema et Gombe entendaient encore des tirs en provenance du camp Tshatshi et que plusieurs sources militaires jointes par DESC à ce moment précis ont clairement indiqué que la situation n’était pas encore totalement maîtrisée.

Concernant l’imbroglio constaté dans la communication officielle des autorités congolaises où tour à tour on a parlé, sans conviction et avec imprécision des malfrats, des bandits, des inciviques, des refoulés de Brazzaville ou encore des personnes non autrement identifiées pour qualifier les assaillants, DESC regrette une fois de plus que ce ne soient pas des professionnels de la sécurité qui délivrent au public la bonne information avec des données techniques claires. On a cité les Ex-FAZ, les éléments du général Munene ou encore les Enyeles. Pour ces derniers, après recoupements des informations et analyse des images, on peut les exclure car ces guerriers se battent en portant des amulettes et d’autres objets de fétiche les rendant invulnérables selon leur croyance. Ce que les images des assaillants dénudés n’ont pas démontré.

Trois hypothèses pour tenter de comprendre ce qui s’est passé ce 22 juillet

A première vue, selon les premiers recoupements de plusieurs informations fragmentaires recueillies des différentes sources militaires à Kinshasa, trois hypothèses peuvent être avancées, mais tout cela est à prendre au conditionnel.

1°) Une attaque d’un groupe des civils non autrement identifié jusque là comme l’a relève le ministre des Médias et aux mobiles non établis jusqu’à présent. Si l’on s’en tient aux déclarations du porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende Omalanga, cité par la radio onusienne Okapi : « Un groupe d’assaillants a tenté mardi après-midi de s’emparer du dépôt des munitions au camp militaire Colonel Tshatshi, quartier général des Forces armées de la RDC (FARDC). Ils ont toutefois été neutralisés par l’armée… Ce qui est certain, c’est qu’on a identifié parmi eux (les assaillants) certaines personnes qui avaient été identifiées par nos autorités après le refoulement de nos compatriotes. Certains parmi eux sont des gens qui ont été refoulés du Congo-Brazzaville dernièrement »

Il s’agit là juste d’un indice peu convainquant car une source des renseignements militaires des FARDC (Démiap) nous a confirmé qu’un noyau de vingt personnes du groupe des personnes qui ont attaqué le camp colonel Tshatshi a été arrêté le dimanche 20 juillet en pleine réunion d’état-major de planification de l’attaque. Ce qui semble troublant est que malgré cette capture, aucune mesure préventive de renforcement de la sécurité de la ville et des points stratégiques n’a été prise car le reste du groupe aurait tout de même passé à l’acte le 22 juillet. Ce qui nous rend encore dubitatif dans les propos du ministre Mende est que notre source formelle de la Démiap n’a nullement mentionné, lors de notre échange d’hier soir, le nom des personnes ayant été récemment refoulés de Brazzaville.

Ce doute semble renforcé par une information nous livrée par le colonel Eric Mankesi en mai dernier. Le colonel Mankesi était le chef de l’administration militaire (T1) à la 8ème région militaire correspondant à la province du Nord-Kivu durant la guerre contre le M23. Il avait signalé que Kinshasa allait profiter du refoulement des congolais de Brazzaville pour inventer un faux coup d’état. Suivez bien ce lien audio entre 1h20 min et 1h25 min : http://www.youtube.com/attribution_link?a=n9vDHtcJPJE&u=/watch%3Fv%3Dj3EVG4xfpJk%26feature%3Dem-upload_owner ou http://desc-wondo.org/special-desc-les-quatre-verites-du-colonel-eric-mankesi-sur-linfiltration-des-fardc/.

D’autre part, cela peut s’agir d’une stratégie de communication visant à minimiser la gravité des faits pour montrer que les FARDC ont le contrôle

2°) Un coup monté ou une manœuvre visant à étouffer le malaise dans l’armée ou à intimider de nouveau la population et à dissuader ceux qui seraient tentés de renverser le pouvoir d’autant que ces derniers temps, on assiste à une cristallisation de la tension politique autour des élections à venir, en ce compris la fin du mandat constitutionnel de président Kabila, et du projet de la modification de la constitution. Tout cela sous une pression anormale de la communauté internationale en tête de laquelle le véto américain contre le prolongement du mandat de Kabila.

Ainsi, lorsque l’on analyse les deux dernières attaques qui ont eu lieu à Kinshasa, on s’aperçoit que seule la GR qui a été l’unité qui est soit visée ou la seule à intervenir. Qui dit Garde républicaine pense au président de la République. Par conséquent, cela peut constituer un indice qui pourrait renforcer l’hypothèse du coup monté si l’on met tout cela en rapport avec les déclarations du colonel Mankesi. Cette hypothèse reste plausible aussi longtemps qu’une enquête crédible et indépendante ne nous aura fourni des éléments de preuve tangibles qui la réfutent.

Pour rappel, lors de l’attaque du 30 décembre 2013, une des cibles visée par les assaillants était également le camp colonel Tshatshi où est casernée la GR, qui était la seule unité à intervenir quasi exclusivement même sur des sites qui étaient proches des autres unités de l’armée. Nous pensons à la RTNC située à  proximité du camp Kokolo, siège de la force terrestre (http://desc-wondo.org/evenements-du-30-decembre-2013-en-rdc-un-massacre-orchestre-par-le-regime-jj-wondo/).

S’agissant des images des assaillants abattus avec quelques bâtons et gourdins à côté, l’on est en droit d’émettre tout de même des doutes qu’il s’agissait d’une réelle attaque. Surtout que cela se passe de la même manière que lors des attaques du 30 décembre. C’est comme si ces ‘assaillants’ abattus n’avaient pas tenu compte du modus operandi du 30 décembre dernier et qu’ils ont voulu ré-exécuter exactement et de manière grossière et inconsciente le même mode opératoire qui a coûté la vie aux ‘assaillants’ du 30 juin de manière brutale. Cette similitude d’attaque laisse planer le doute en privilégiant l’hypothèse de coup monté par la garde républicaine.

3°) Un acte de mécontentement de certaines unités des forces armées.

Bien que cette hypothèse ne soit pas privilégiée par deux sources militaires jointes récemment alors que la toute première source militaire, un officier supérieur de la force terrestre, jointe par DESC au moment des attaques, nous a clairement parlé d’une situation de grand malaise dans l’armée. C’est ce qui a été expliqué lors de notre flash du 22 juillet.

D’ailleurs une des deux sources mentionnées qui ne privilégient pas cette hypothèse a tout de même reconnu cette situation de frustration grandissante qui règne dans les FARDC et qui s’est amplifiée ces derniers jours depuis le défilé du 30/06/2014. Il nous a livré les détails suivants :

« Monsieur Wondo, il y a un grand malaise dû au traitement non équitable des militaires. Certains militaires des autres unités seraient mécontents d’avoir reçu 30 dollars de prime de défilé du 30 juin contre 100 dollars pour leurs frères d’armes de la Garde républicaine qui ont reçu en plus 1 sac de riz et 1 cartons de poulet alors que du côté des autres militaires FARDC, on n’aurait reçu qu’un 1 sac de riz et 1 carton de poulet pour 4 soldats. Ils se plaindraient également d’un traitement injuste quant à leur dotation militaire en équipement. On parle grosso modo de 3 Kits individuels complets reçus par chaque élément de la garde républicaine contre 1 Kit d’équipement pour les autres. Un kit comprend une tenue militaire, une paire de bottines, un béret, une cartouchière et un sac de couchage par soldat et officier. »

Et la même source de nous détailler d’autres situations de tension constatées ces derniers temps dans l’armée, non en rapport direct avec les événements du 22 juillet, selon lui :

« Les unités de la force de réaction rapide (41ème et 43ème bataillons commandos qui sont encore à Kinshasa après avoir participé au défilé du 30 juin, sont venues avec toutes leurs armes individuelles et leurs officiers avec leurs pistolets sauf les armes collectives. Ces unités n’ont pas de problème de dotation en armement. Elles ont, en ce qui les concerne d’autres frustrations connues par tous les principaux chefs militaires du pays. En effet, depuis quelque temps, une animosité s’est installée entre les éléments de la force de réaction rapide qui comprend 5 bataillons : le 41ème, le 42ème (le bataillon du feu général Mamadou Ndala qui se trouve actuellement en opération contre les ADF/NALU dans le secteur Beni/Erengeti), le 43ème ainsi que les 321ème et le 323ème bataillons commandos formés par les belges. Ces unités reprochent a leurs collègues de la GR la mort de leur chef emblématique Mamadou Ndala qui a brillamment commandé ces 5 bataillons de choc lors de la guerre contre le M23 appuyé par le Rwanda, Pour eux, le général Moundos Akili, ancien de la GR, est le cerveau moteur de l’élimination de Mamadou, pourquoi n’a-t-il jamais été inquiété? Et ils promettent de régler les comptes aux assassins de Mamadou. »

« Le général d’armée Olenga qui et le parrain de ces forces a toujours plaidé auprès du boss (Ndlr lire Kabila) pour leur montée en puissance, avec comme argument qu’il faut toujours avoir deux fers au feu et ne jamais compter seulement sur la GR, d’autant que les gardes présidentielles en Afrique sont toujours un repaire de putschistes. Ils doivent avoir à coté d’eux une force concurrente. Comme vous le savez, le général Olenga jouit de la confiance totale du boss qui l’écoute beaucoup même si il (Olenga) est foncièrement anti-rwandais et il ne s’en cache pas. Il faut lui (Olenga) reconnaitre le fait que les soldats de la force de réaction rapide sont issus d’un recrutement opéré à l’échelle nationale et les officiers qui les commandes également alors que la GR a une composition beaucoup plus ethnique au niveau des soldats de rang et leurs officiers, issus pratiquement en grande majorité du Katanga »

Pour DESC, le fait que ce soit encore la Garde républicaine qui soit cette fois la seule unité visée ou à intervenir unilatéralement pourrait être mis en rapport avec ce malaise latent qui couve au sein des forces armées congolaises. Rappelons à cet effet, le témoignage de l’officier cité dans notre flash qui parlait d’un règlement de comptes entre un groupe de militaires du camp Kokolo et certains éléments de la garde républicaine. Mais une fois encore, toutes ces informations doivent être prises avec les réserves d’usage. D’autant qu’à ce stade, nous insistons, on reste au niveau des hypothèses et de la collecte des informations brutes et diffuses qui doivent encore être recoupées et analysées en détails si jamais d’autres précisions nous parviennent. Mais la crainte est grande que cette enquête se noie quelque part comme celle du 30 décembre dernier ou encore celle de l’assassinat du Colonel Mamadou Ndala.

Quelques sont les constats à relever

En l’espace de six mois environ, Kinshasa a été le théâtre de deux attaques perpétrés, si l’on en croit aux déclarations officielles, suivant le même mode opératoire. Cela appelle à se poser des questions sur l’efficacité de nos forces de sécurité dans la capitale.

Le premier constat que l’on peut relever est que, s’il est avéré que ces attaques ne procèdent pas d’un montage, alors cela montre la fragilité du dispositif sécuritaire de la capitale par défaut de prévention. Kinshasa, la capitale, siège des institutions républicaines et des chancelleries internationales qui, en l’espace de quelques mois, vient d’être le théâtre d’attaque armée au modus operandi identique montre que les autorités congolaises éprouvent du mal à y assurer la sécurité. Aucune leçon ne semble être tirée des attaques passées dans des conditions similaires qui pourraient amener les services de sécurité à prendre des mesures efficaces pour empêcher leur répétitivité vu leur récurrence.

Il faut savoir que la sécurité c’est d’abord la prévention c’est-à-dire l’anticipation. Cette défaillance des services de sécurité (police, armée) montre également la défaillance des services de renseignements, tant civil, policier que militaire, qui n’ont pas vu venir la menace. Or dans le domaine sécuritaire, le renseignement reste un facteur stratégique clé qui permet de contenir l’effet surprise d’une attaque ennemie. Alors qu’une source militaire FARDC nous a renseigné que 20 assaillants étaient capturés en pleine réunion de leur état-major le dimanche 20 juillet. Cela aurait dû alerter les autorités sécuritaires pour renforcer la sécurité dans les lieux stratégiques et les camps militaires. Ce qui ne semble pas avoir été le cas, car le 22 juillet car les assaillants sont tout de même passés à l’acte. Or dans un pays normal, je pense par exemple à la Belgique, chaque fois qu’il y a une alerte d’une menace à la sécurité, on prend toutes les mesures indispensables pour renforcer le dispositif sécuritaire de l’espace concerné. Or dans notre cas d’espèce, rien de tout cela, c’est le laxisme qui est plutôt constaté à ce niveau.

Malheureusement, le fait d’exposer la capitale à la merci de n’importe qui capable de commettre n’importe quoi, fragilise le pouvoir de Kinshasa. Non seulement les autorités chargées d’assurer la sécurité et l’ordre publics ne rassureront plus la population qui n’a plus confiance en elles, mais elles seront également traitées d’incompétentes, d’incapables et d’inaptes par leurs partenaires internationaux. En effet, livrant son impression sur les capacités de Kabila à gérer la situation sécuritaire en RDC, le président américain, Barack Obama, a déclaré le 1er juillet 2013 en Tanzanie : « le président Kabila doit faire plus et mieux à l’intérieur du Congo lorsqu’il s’agit de traiter la capacité de la RDC de traiter les questions de sécurité et du fonctionnement des services de sécurité… Et c’est très important, parce que cela crée un vide et le pouvoir a horreur du vide. Ainsi, s’il y a persistance de ce vide sécuritaire, ce sont parfois d’autres acteurs animés de mauvais intérêts pour le cœur Congo qui comblent la faillite du pouvoir central ».

Ces deux événements répétitifs aux modus operandi similaires vont à coup sûr jouer en défaveur du régime congolais qui continue de donner l’image d’un pouvoir fragile et incapable d’assurer la sécurité, pas seulement à l’est du pays mais aussi dans la capitale, et l’autorité de l’Etat. Cela pourrait également occasionner un impact négatif en termes d’attrait et d’apport des investissements et des capitaux étrangers.

Un autre constat à relever, sur base des images publiées et des déclarations officielles, laisse croire à une réaction disproportionnée de la garde républicaine. Lorsqu’on analyse les premières images des assaillants tués, on revient sur le même constat que nous avons déploré lors des attaques du 30 décembre 2013 : la réaction disproportionnée de la GR à l’encontre assaillants. Pourquoi les avoir abattus au lieu de les capturer pour les besoins d’enquête ?

Quant on parle de la réaction disproportionnée, c’est en référence au respect du principe de proportionnalité qui doit guider toute action faisant intervenir les moyens de contrainte. Ce principe de proportionnalité implique que l’action ou la riposte de l’armée doit être à la fois appropriée et nécessaire pour atteindre les objectifs fixés, en l’occurrence, la neutralisation des assaillants. Neutraliser ne signifie pas nécessairement tuer.

Un acte est approprié lorsque cet un acte est adéquat pour atteindre l’objectif fixé. Une action est nécessaire lorsqu’elle permet d’avoir une alternative qui aurait le même effet bénéfique, mais qui serait moins préjudiciable pour atteindre l’objectif poursuivi dans la riposte. S’il existe d’autres alternatives possibles pour atteindre un certain but, c’est la mesure la moins drastique qui doit être choisie. C’est bien là un des principes fondamentaux que doit intégrer au minimum un militaire ou un policier ayant une bonne base de formation. Or ici on a à faire à une unité d’élite censée avoir la maîtrise de soi lorsqu’elle est confrontée dans des situations comme celles d’hier. Le principe de proportionnalité vise continuellement la recherche d’un équilibre est nécessaire entre les moyens de contrainte employés et le résultat souhaité.

Quelles sont les leçons à tirer ?

L’analyse de l’attaque du 22 juillet tend à montrer que la réforme des services de sécurité est loin d’avoir atteint les objectifs qu’elle s’est fixés depuis 10 ans. Car si des hommes faiblement armés sont capables de paralyser la ville de cette manière qu’en sera-t-il, nous ne le souhaitons pas, lorsqu’une force réellement militaire, bien déterminée et outillée se permettra d’attaquer Kinshasa avec un armement beaucoup plus conséquent ?

La poursuite d’une réforme réaliste des services de sécurité qui a longtemps montré ses limites reste plus que jamais d’actualité. Une bonne armée est une armée disciplinée, bien formée, bien équipée, bien payée, bien casernée et bien entraînée en mettant l’accent sur l’humain, le militaire. Car on peut beau équiper une armée, même avec les engins qui ont défilé le 30 juin, mais lorsque sa prise en charge fait défaut, c’est bâtir une maison sur du sable. Cela doit être la priorité des priorités. Le président Kabila l’a déclarée voici bientôt deux ans mais à ce jour les effets de l’application des lois organiques se font attendre, la loi de programmation militaire, une loi capitale censée fixer le budget pluriannuel de l’armée à la hauteur des défis sécuritaires du Congo tarde à être votée, après tous les déboires sécuritaires connus par le Congo ces derniers temps. Cela relève tout simplement du manque de volonté politique.

Il faudrait également revoir l’architecture géographique militaire du Congo en ce qui concerne la répartition des forces sur le terrain et leur emplacement c’est-à-dire leur hébergement. Actuellement, l’emplacement des casernes et des camps militaires est hérité du modèle colonial de la Force publique. Or ce modèle poursuivait un autre objectif – l’exploitation et l’occupation du Congo – que les objectifs stratégiques et tactiques militaires de la défense et de la sécurité des congolais par une armée républicaine dans un contexte d’un Etat de droit et démocratique. La présence des camps militaires implantés dans les centres urbains est source d’insécurité avec : Kokolo, Tshatshi, Lufungula… Tout cela dans une ville où la population est estimée à environ 10 millions d’habitants.

JJW / Exclusivité DESC

http://desc-wondo.org/attaque-du-camp-tshatshi-bluff-ou-coup-de-colere-analyse-DESC/

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