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DESC Confidentiel – Inquiet de l’acharnement américain, Kabila appelle Poutine à la rescousse / Omanyundu Wondo

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DESC Confidentiel – Inquiet de l’acharnement américain, Kabila appelle Poutine à la rescousse

Paniqué et harcelé par les Etats-Unis, Kabila se tourne-t-il vers 

la Russie pour se maintenir au pouvoir en 2016 ?

Par Jean-Jacques Wondo Omanyundu

 

Et Si Kabila faisait de la RDC un terrain de confrontation russo américaine par excellence ? C’est ce que semble indiquer des informations sérieuses et confidentielles parvenues à DESC.

Kabila manifeste des signes psychiques d’anxiété du fait de la pression américaine 

Depuis que son ami ukrainien Viktor Ynanoukovytch connait des abois politiques suite à sa destitution et que les américains le pressent de quitter le pouvoir en 2016, Kabila tente de recomposer son réseau de soutien. C’est vers la Russie du tsar Poutine que le raïs semble jeter son dévolu. La géopolitique mondiale d’un monde unipolaire polycentrique oblige !

Comme signalé dans nos publications antérieures, depuis le début de cette année, toute l’attention et la concentration de Joseph Kabila se focalisent sur sa fin de mandat en 2016. Plus rien ne l’intéresse, même pas la gestion actuelle du pays pour laquelle il veut se battre pour la gérer après 2016 alors qu’il a encore du pain sur la planche au cours de son mandat actuel. A ceux qui attendent leur salut du gouvernement de cohésion nationale, tout semble indiquer qu’il n’est plus une priorité pour Kabila car cela ne lui rapportera rien sur le plan politique. La cohésion recherchée en vain par Kabila était un leurre de sa part pour amener la classe politique et les congolais à se retrouver autour de sa personne pour lui assurer un ultime mandat en 2016. Que nenni ! L’éclatement de l’opposition républicaine de Kengo, à bout de patience, en est le premier signe.

Des sources de l’entourage présidentiel font état d’un état de panique extrême chez le président congolais. Celui-ci est préoccupé par un faisceau de signaux et messages convergents de la part des États-Unis l’exhortant à quitter le pouvoir en 2016. Depuis, l’homme ne sait plus à quel saint se vouer et est prêt à se livrer au diable, pas le diable rouge belge éliminé par l’Argentine  en coupe du monde !

Voici ce que rapporte à DESC une source présidentielle : « Le boss est sous sédatifs, il est devenu insomniaque la nuit et se repose de plus en plus. Depuis un mois, tous ses services de sécurité sont sur les nerfs. Le boss ne dort plus que la journée, d’où le ralentissement de ses activités professionnelles journalières. Le soir tout son entourage sécuritaire du RSH (Régiment Sécurité & Honneur) de la Garde républicaine (GR) doit bouger avec à tout moment avec lui. Il ne reste plus la nuit pendant plus de deux heures au même endroit. Au programme : randonnée fluviale, pique-nique en plaine brousse, exercices de tir à Mbakana. Le boss manifeste des signes de nervosité et d’absence de sérénité. L’attitude américaine l’inquiète sérieusement et le met sous pression. »

Le salut russe pour contrecarrer le plan américain ?

« Pour contrer la menace américaine qu’il prend au sérieux, il se tourne vers la Russie. Depuis quelques semaines, il est parvenu à entrer en contact avec le président russe, Vladimir Poutine, via Sergei Ivanov, le vice premier ministre russe & ancien patron du FSB (services secrets russes). Ce dernier est un vieil ami du Général François Olenga, le chef d’état-major de l’armée de terre et la personne de confiance de Kabila. D’ailleurs après sa récente visite en Ukraine, le général Olenga devrait discrètement passer par Moscou en provenance de Minsk pour rencontrer quelques officiels russes. Au menu des rencontres, Kremlin et Kinshasa planifient les détails d’une visite officielle de Kabila à Moscou et vice-versa.

Pour Kabila, nous renseigne une source présidentielle, « il veut, selon ses propres dires, ‘se foutre complètement des Yankees’. But de l’opération : « Kabila veut s’assurer un soutien russe important susceptible de contrer les menaces américaines contre la prolongation de son mandat et pousser les Etats-Unis à entamer un dialogue comme actuellement en Ukraine ».

En effet, pendant Kinshasa était le théâtre de l’attaque le 22 juillet, le général François Olenga, chef d’état-major de l’armée de terre se trouvait à Kiev en Ukraine depuis le 21 juillet sur invitation des autorités ukrainiennes de la firme UkrOboronExport. Une société ukrainienne de production, de vente et d’exportation d’armement. Cette firme a été nationalisée en janvier 2011 par l’ancien président Viktor Yanoukovytch. Cependant, depuis sa fuite en Russie, les ukrainiens sont inquiets de voir la RDC se rapprocher davantage ces derniers temps de Moscou pour l’achat de l’équipement militaire des FARDC, comme en témoigne une de nos précédentes publications à ce sujet. L’Ukraine craint que cela menace les accords conclus par le passé entre la RDC et la société UkrOboronExport. La visite du général Olenga à Kiev vise à rassurer les nouvelles autorités ukrainiennes que la RDC va respecter ses engagements envers l’Ukraine et continuer à s’y approvisionner pour une grande partie de son matériel militaire.

En même temps, jouant à la périlleuse stratégie équilibriste d‘essaimage bipolaire antithétique, DESC apprend de plusieurs sources concordantes que Kabila vient de lancer une campagne diplomatique parallèle de choc avec des poids lourds du monde économique et politique international mis à contribution pour plaider sa cause à Washington. Nous y reviendrons en détails dans une prochaine publication.

La Russie peut-elle contenir militairement les USA? Analyse stratégique de DESC

Depuis qu’elle tient la tête aux américains en Ukraine, bon nombre de pseudo-analyses pensent que la Russie est en mesure de contrer la superpuissance américaine dans le monde.

Qu’on les aime ou non, laissez DESC vous apprendre que les Etats-Unis resteront encore, pour au moins deux décennies, la seule puissance mondiale, malgré la progression fulgurante de la Chine et de la Russie. Selon Zbigniew Brzezinski, ancien Conseiller de Jimmy Carter, le monde est et n’est pas multipolaire. C’est un monde dans lequel coexistent des puissances régionales significatives, dont certaines pourraient un jour, même si cette perspective reste pour l’instant lointaine, devenir des puissances mondiales. Dès lors la Chine, le Brésil, la Russie et l’Inde ne peuvent pour l’instant être des puissances mondiales. En effet, être une puissance mondiale implique d’être une puissance mondiale dans quasi tous les secteurs. Le seul secteur économique ne suffit pas à lui seul pour conférer à un État le statut d’une puissance mondiale.

Tableau des Dépenses Militaires en Milliards de dollars

                      2008       2009       2010         2011          2012        % total mondial
USA             607,0      661,0       698,0        711,0       737,5            38,9
CHINE         84,9       100,0       1 19,0        143,0       166                9,5
RUSSIE       58,6        60,7          58,7           80,0          90,7             5,2

Sources croisées: SIPRI, IISS et IRIS.

Bien qu’en perte de vitesse sur le plan géopolitique depuis la crise financière de 2008, les Etats-Unis, avec la doctrine de « smart power », dominent encore indubitablement la hiérarchie des puissances militaires mondiales. Selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), le financement annuel du Pentagone s’établit en 2013 à environ 700 milliards de dollars. Washington concentre 41% des dépenses mondiales de la défense, là où la Russie ne compte que pour 5 % du total.

La puissance américaine est pour le moment la seule à jouir d’une domination dans TOUS les compartiments stratégiques, n’en déplaise aux émotifs. Sur terre, sur mer ou dans les airs, le Departemnt of Defense (DoD) peut compter sur des services (Army, Navy, Air force, marine Corps) dont les matériels sont à la fois modernes, plus nombreux et mieux servis que ceux des autres puissances. Dans le seul domaine naval, comme le rappelait il y a peu un secrétaire à la défense américain, « les États-Unis exploitent simultanément onze porte-avions de grande taille, tous à propulsion nucléaire. En termes de taille et de puissance de frappe, pas un seul pays ne possède ne serait-ce qu’un seul navire comparable. L’US Navy possède dix navires amphibies qui peuvent servir de bases flottantes pour des hélicoptères et des avions de décollage vertical. Aucune autre marine n’en a plus de trois, et tous appartiennent à des marines amies ou alliées… L’espace et le cyberespace, nouveaux enjeux géostratégiques, sont également dominés par les États-Unis, qui sont d’ailleurs à la tête de la course en matière de défense antimissile, et dont la maîtrise de l’intégration interarmées est inégalée. (Badie, B. et Vidal, D., 2013). Poutine a déclaré récemment que l’internet est une création de la CIA.

La Russie, quant à elle, confrontée à un dilemme politique lui rappelant ses démons du passé entretenus par une élite, à l’instar de Poutine ex-agent du KGB, qui garde la nostalgie de son ex-statut impérial, mais où une partie de l’intelligentsia est fortement persuadée qu’il est vain d’espérer un retour à un tel statut et qu’il convient d’envisager une autre option : allier la modernité à la démocratie (option de Medvedev). En effet, à l’instar de la Chine, la Russie connait l’émergence des courants géopolitiques du type néo-westphalien de la « grandeur russe » (derjavniki). Une Russie qui ressusciterait des vestiges soviétiques. Mais les adversaires de cette position sont majoritaires en Russie.

Sur le plan militaire, la puissance de la Russie se relève peu à peu de la décrépitude soviétique en modernisant son outil militaire et en renforçant sa capacité militaire à la dimension régionale et non planétaire. Sous l’impulsion de Poutine, on a constaté une volonté de rattrapage spectaculaire du retard militaire russe. En dix ans, la progression est de plus de 80%, progression semblable à celles des États-Unis (mais en ne partant pas de la même base de départ). Mais ces efforts sont encore loin d’effacer le tableau général médiocre de l’armée russe. En effet, plus des deux tiers de cette somme sont engloutis en salaires, pensions et logements, ne laissant que 30 % pour le renouvellement et l’entretien de l’outil militaire.

A la suite du bilan du potentiel militaire réel de son pays, Poutine s’est lancé dans un programme ambitieux de réarmement sans précédent de la Russie pour les dix prochaines années avec : plus de 400 missiles balistiques intercontinentaux, huit croiseurs sous-marins lance-missiles stratégiques, près de 20 sous-marins polyvalents, plus de 50 navires de surface, plus de 600 avions modernes, dont des chasseurs de cinquième génération, plus de mille hélicoptères, 28 régiments de systèmes de missiles sol-air S-400, plus de 2.300 chars modernes, près de 2.000 canons automoteurs équiperont l’armée », une centaine d’appareils spatiaux militaires équiperont l’armée russe ». (Cf Les Armées au Congo-Kinshasa).

Une chose est certaine est que la Russie, puissance nucléaire et spatiale, a, comme nous le montre le tableau plus haut, du chemin à parcourir pour égaler les Etats-Unis. On la voit déjà s’essouffler en Ukraine où les indépendantistes pro-russes perdent du terrain militaire.

Abordant les dix tendances géopolitiques actuelles du monde, Pascal Boniface, le directeur de l’IRIS (Institut des relations internationales stratégiques), place la fin de l’hyperpuissance américaine au premier point. Il avance ce qui suit: « Après avoir dominé le monde dans le seconde moitié du XXè siècle, les États-Unis sont confrontés à la monté en puissance de leurs concurrents et à la multipolarisation du monde ».

Il nuance cependant son analyse en écrivant : « Le déclin américain a été prédit plusieurs fois dans le passé, donc à tort. Il avait été lorsqu’en 1997 l’URSS avait pu lancer un Spoutnik relevant le défi de la conquête de l’espace. Il l’avait également, lorsque, à partir de la fin des années 1950, par la mise au point de missiles intercontinentaux, les Soviétiques pouvaient menacer le territoire américain, mettant fin à la sanctuarisation dont ce dernier bénéficiait depuis la naissance du pays. Il l’avait encore été lors de l’enlisement de la guerre du Vietnam, puis à la fin de la convertibilité du dollar en or entre 1971 et 1973, en 1979 après l’entrée des soviétiques en Afghanistan et le renversement du shah d’Iran, et à la fin des années 1980 lorsque les industries automobile et électro,ique japonaises donnaient le sentiment de tailler en pièce leurs homologues américaines. A chaque fois les Etats-Unis se sont relevés pour continuer la course en tête. On peut donc se demander si la nouvelle annonce d’un déclin américain ne rejoindra pas les précédentes. » (Boniface, P. La Géopolitique – 40 fiches thématiques et documentées pour Comprendre l’Actualité, Eyrolles, 2014).

Cependant, il estime que dans un monde globalisé, même la puissance mondiale n’a pas les mains libres pour agir comme il entend. De plus, la tendance géopolitique actuelle ne procède pas tant d’un déclin américain en tant que tel que de de la montée en puissance de nombreux autres Etats émergents.

Plus optimistes  que Pascal Boniface, Corines Lesnes, correspondante du quotidien Le Monde à Washington, dans une contribution intitulée : « La politique étrangère de Barack Obama : la tentation du répli?« ( in Puissances d’hier et de demain. L’Etat du monde 2014« , (La découverte, Paris, 2013, 271p., publié sous la direction de B. Badie et D. Vidal), a d’abord décrit la stratégie de « Leading from behind » (leadership de l’arrière) mis en place par Obama sous son premier mandat, en cessant d’exposer à la première ligne les Etats-Unis : réduire la visibilité des troupes américaines pour diminuer leurs vulnérabilités. La journaliste a par la suite décrypté l’actuelle doctrine de Barack Obama qui a été le fil conducteur de sa campagne en 2012: « America is back » pour signifier que les Etats-Unis sont de retour et au devant de la scène internationale. Une ligne politique inspirée du néoconservateur Robert Kagan, epoux de Victoria Nuland (ex porte-parole de Hillary Clinton au Département d’Etat) et conseiller du candidat Mitt Romney, auteur de l’ouvrage The World America Made où il affirme que le déclin des Etats-Unis ni une réalité ni une fatalité.

Christian Malis dans son ouvrage bien fouillé, Guerre et Stratégie au XXIè siècle – Enjeux mondiaux – Arme futures… (Ed. Fayard, 2014) prédit plutôt un bel avenir de la prépondérance militaire américaine malgré la contraction économique en écorchant les stratégistes qui parlent de « fin de l’ère atlantique« , allusion faire à l’ouvrage « Prospective géostratégique à 30 ans » du ministère français de la Défense. Pour Malis, à l’horizon 2030, malgré la glissade annoncée de l’Europe et l’ascension militaire spectaculaire des pays émergents des BRICS, la prépondérance militaire américaine devrait demeurer un réalité. Il se base sur l’analyse de l’évolution des budgets militaires qui offre une vue plus précise concernant la redistribution en cours es cartes stratégiques et leur projection dans le futur. Il base sa prospective en affirmant que le rattrapage technologique militaire n’obéit pas au même rythme que le rattrapage technologique civil. Si Les pays du BRICS ont pu connaitre une ascension économique fulgurante, c’est que technique civile et méthodes de management sont très aisément transmissibles dans le monde actuel. Ce qui n’est pas le cas dans le cadre de la Recherche et Développement (R&D) de la haute technologie militaire. Car l’espace économique militaire fonctionne toujours selon les principes les plus stricts de la défense jalouse de l’intérêt national (secret défense oblige). En ce sens, l’avance américaine devrait, selon lui, demeurer significative sur la Russie, la Chine et ‘Inde à l’horizon 2030.

Enfin, alors que les Etats-Unis réduisent leur budget militaire par la suppression des postes moins rentables stratégiquement, le rôle et les effectifs des forces spéciales de projection extra territoriale ne cessent d’augmenter dans l’armée américaine 65.000 hommes actuellement contre 54.000 en 1987 et 8.000 seulement à la fin des années 1970 des décennies au cours desquelles les Etats-Unis caracolaient en tête du classement des puissances militaires mondiales. Ils allouent un budget colossal de 10 milliards de dollars pour USSOCOM (US Special Operation Command), soit quadruplement en dix ans, faisant de ces Forces spéciales américaines une quatrième composante armée à part entière aux côtés des trois composantes terrestres, navales et aériennes traditionnelles. (Malis, Chr. , Guerre et Stratégie au XXIè siècle – Enjeux mondiaux – Arme futures, 2014)

Conclusion

DESC reste dubitative sur la capacité russe de disposer des ressources militaires suffisantes lui permettant d’agir dans un espace géographique autre que l’Eurasie. Conscient de ses limites militaires face aux américains, Poutine, de plus en plus isolé sur le plan diplomatique à la suite du crash de l’avion malaisien et de la guerre ukrainienne où les indépendantistes pro-russes perdent du terrain, n’irait sans doute pas s’aventurer à rechercher une confrontation militaire avec les Etats-Unis par Kabila interposée.

Il s’agit là d’une dimension géostratégique non négligeable que les stratèges de Kabila doivent intégrer dans leur quête de sauvetage politique de leur raïs en 2016.

Jean-Jacques Wondo / Exclusivité DESC

http://desc-wondo.org/desc-confidentiel-inquiet-de-lacharnement-americain-kabila-appelle-poutine-a-la-rescousse/

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