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Au Congo, il faut une solution globale !: »Le peuple congolais n’est pas un peuple en marche vers le supplice inévitable du golgotha »

Réflexions d’un philosophe: Au Congo, il faut une solution globale ! (Tribune)

francoisndjika

L’épilogue de la crise congolaise ne s’écrira que lorsque les Congolais arriveront à changer radicalement la gouvernance globale de leur pays !

Les solutions sectorielles et corporatistes ne sont que rapiéçage, rafistolage d’un vieux vêtement déjà déchiqueté à qui ni l’habileté ni l’intelligence du tailleur ne sauront rendre sa jeunesse.

Les médecins de nos hôpitaux, les professeurs de nos universités, les magistrats de nos parquets et tribunaux ainsi que les fonctionnaires de l’Etat et les enseignants peuvent réclamer le réajustement de leurs salaires au taux budgétaire, ça ne sera que dialyse pratiquée sur un malade souffrant d’insuffisance rénale et dont le caractère provisoire du traitement est connu de tout médecin !

Réajuster le salaire au taux budgétaire, le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ? Dans la mesure où l’on sait que ce taux pour lequel on dépense tant d’énergies peut être dépassé de plusieurs points et cela, en l’espace de quelques semaines ou mois. Et si c’est le cas, nos médecins, nos profs et nos magistrats vont-ils reprendre la grève ?

Non, nous attendons de nos médecins, de nos profs, de nos magistrats et autres mieux que cela !

Le combat d’un intellectuel, donc d’une élite, ne peut pas se réduire à une lutte pour la manducation. Et il n’est pas compréhensible que l’élite de mon pays ne lève la voix que pour réclamer le réajustement ou l’augmentation du salaire ! D’autant plus que le salaire, tout en ayant un caractère alimentaire, n’est pas le seul problème que connaît le Congo.

Un diagnostic froid et sans complaisance révélera que la cause profonde de la misère généralisée qui accable les Congolais qui vivent dans un pays à potentiel nul autre pareil, demeure la médiocrité du leadership politique.

Voilà pourquoi je pense que ils devraient concentrer leurs énergies et leurs intelligences pour la recherche d’une solution globale au lieu de se focaliser sur de petits combats d’arrière-garde pour la conservation d’insignifiants avantages acquis. Ce sont des salaires vrais, bons et dignes qu’il faut négocier et obtenir et non des réajustements.

Il faut que tous les Congolais éprouvent de la nausée devant tant de laideurs et qu’ils passent de la nausée à la colère, la colère de voir leur beau pays sombrer et ravaler au banc des nations.

Il leur faut un sursaut d’honneur ! l’interpellation concerne tout le monde : politiciens, apolitiques, société civile et une catégorie non moins importante, la population flottante.

Il est heureux de constater qu’ aujourd’hui il y a le renouvellement d’acteurs qui sont essentiellement jeunes et qui sont au front de toutes les lignes de combat contre l’injustice, la dictature et l’arbitraire à travers les mouvements citoyens et autres regroupements d’intellectuels.

L’histoire nous renseigne que pendant l’occupation de la France par l’Allemagne hitlérienne, il n’y avait plus de médecins, d’avocats, de magistrats ou d’ingénieurs mais seulement des  » Résistants  » .

Le destin d’un peuple est déterminé par le vouloir de la majorité de ce peuple. C’est donc ce que veut la majorité de ce peuple qui est déterminant.

Il est inutile d’accuser et de diaboliser tout le temps les impérialistes ou la communauté internationale. C’est comme si nous ne savons pas que les relations entre les nations ont toujours été des relations d’hégémonisme et de lutte.

Assumer son destin, le changer, en commençant par poser des gestes d’émancipation et d’affranchissement en se dépouillant des réflexes de la peur, voilà le devoir qui échoit à tout Congolais. Le peuple congolais n’est pas un peuple en marche vers le supplice inévitable du golgotha.

Un autre fait qui mérite notre attention est cette apathie que nos autorités affichent lorsqu’il survient une catastrophe naturelle qui touche les Congolais. Comment pourrait-on justifier le retard avec lequel nous avons réagi face au glissement de terrain qui a frappé nos compatriotes de l’Ituri ?

Fallait-il vraiment attendre 6 jours après la survenue de la catastrophe de Tara, ce village des pêcheurs du territoire de Djugu dans l’Ituri, où il y a eu plus de 200 morts pour finalement lire dans la presse deux communiqués de condoléances de deux plus hautes autorités de l’Exécutif rd congolais ?
Et dire qu’elles ont été précédées par la Chine qui a immédiatement compati dès l’annonce de la catastrophe.

Les images mêmes de la catastrophe ont été rares dans les médias congolais. Était-il difficile pour le gouvernement de conduire au lendemain de la catastrophe une équipe de reporters sur le lieu du drame pour permettre la collecte d’images et de témoignages qui auraient permis une large sensibilisation des Congolais sur le malheur qui a frappé leurs compatriotes de l’Ituri ?

Bien plus, c’est quoi cette manie de faire signer les communiqués de condoléances par les directeurs de cabinet respectifs de la présidence et de la primature pour un aussi grave drame, du reste naturel, loin de toute polémique politicienne ?

La vie des Congolais représente-t-elle si peu de valeur aux yeux de plus hautes autorités congolaises pour qu’elles se décident de ne pas s’en préoccuper personnellement ?

Loin de me draper dans une posture vertueuse de donneur de leçons, mais l’indifférence de nos dirigeants politiques devant les pertes en vies humaines appelle de la part des Congolais une véhémente protestation.
Sinon, tout le corps social sera contaminé par cette impassibilité à la stoïcienne et les Congolais finiraient par atteindre le point zéro de toute humanité !

De nombreuses réformes ont été menées ces dernières années dans les domaines de l’éducation, de l’économie notamment en matière fiscale, dans les mines, dans l’administration territoriale et dans celle des entreprises publiques.
Toutes ces réformes n’ont pas donné des résultats escomptés, simplement parce que le corpus qui les a accueillies, portait toutes les tares qui caractérisent la gouvernance congolaise : la volonté de tricher, de tromper, le désir d’enrichissement personnel et sans cause, la corruption et l’impunité.

L’éducation qui est la matrice de tout développement, a vu, au fil des ans, sa qualité fondre comme neige au soleil, de sorte que notre système d’enseignement met sur le marché de l’emploi des semi-lettrés qui ne répondent nullement aux besoins locaux de leur environnement.

Peut-on comprendre qu’un territoire à vocation agricole comme celui d’Ingende dans l’ex province de l’Equateur n’ait pas de section agricole mais seulement pédagogique au niveau de l’enseignement secondaire et supérieur ?

Une réforme dans le domaine de l’éducation financée par la Banque mondiale est actuellement en cours.

Pour ma part, je ne pense pas qu’une réforme soit encore suffisante, au point où on en est !

Il faut tout repenser, tout redéfinir, tout recadrer, bref, une révolution dans le domaine de l’éducation.

Et l’on doit arrêter de faire croire que l’université est la solution pour tout le monde !

Le 04 Septembre 2017

François Ndjeka
Philosophe

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