Aller au contenu principal

Articles de la catégorie ‘EBOLA’

EBOLA GAGNE 8 PROVINCES, LES SOIGNANTS SONT EN GREVE ET LE GOUVERNEMENT S’ENFERME DANS LA POLEMIQUE

L’épidémie d’Ebola progresse toujours en République Démocratique du Congo. Huit provinces sont maintenant touchées et le bilan dépasse 9.600 cas confirmés pour plus de 4.500 morts.

Ce qui était une flambée localisée est devenu une crise qui s’étend, se déplace et continue d’infecter des dizaines de personnes chaque jour. La courbe ne recule pas sa progression.

La transmission communautaire reste massive, les décès hors des centres de traitement sont majoritaires, et rien n’indique un contrôle réel de la situation.

Pendant ce temps, le personnel de santé est en grève, encore une fois.

Depuis la mi-octobre, les agents et cadres du secteur ont cessé le travail dans les structures publiques.

Dans les zones touchées par le virus, seuls des services minimaux tournent dans les centres de traitement. Le diagnostic, le traçage des contacts et la surveillance sont perturbés. Les revendications sont connues : primes de risque non versées, salaires en retard, promotions bloquées depuis des années, conditions de travail dangereuses. Ces grèves ne sont pas un accident. En août déjà, des équipes avaient arrêté faute de paiement. Aujourd’hui, elles se produisent alors que le virus continue de circuler et que les agents exposés ne sont toujours pas correctement rémunérés ni protégés.

Le gouvernement, de son côté, concentre son énergie sur la polémique des fonds.

Plus de 700 millions de dollars décaissés par les bailleurs n’auraient pas été documentés auprès des autorités. Des partenaires sont sommés de rendre des comptes, des accréditations d’organisations de reposte sont retirées, des communiqués s’enchaînent.

Le 17 octobre 2026, l’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ), présidée par Me Georges Kapiamba, a saisi l’Inspection générale des finances (IGF) pour demander un audit sur l’utilisation des 50 millions de dollars versés – cette fois-ci – par le gouvernement congolais au ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale dans le cadre de la riposte contre Ebola.

Cette exigence de transparence est justifiée, surtout dans ce qui s’apparente de plus en plus à un énième scandale financier qui touche la gestion de fonds, mais elle n’isole pas les malades, ne suit pas les contacts, ne paie pas les primes et ne sécurise pas les équipes.

Pendant que l’État débat de la traçabilité de millions gérés par les uns et les autres et que sa propre gestion financière est mise en discussion, les structures sanitaires tournent au ralenti et les communautés continuent de se méfier des équipes de riposte.

Le résultat est dans les chiffres.

L’incidence reste élevée, l’extension géographique se poursuit, et la létalité stagne autour de 48 %.

Une épidémie qui touche huit provinces ne se maîtrise pas par des mises en demeure et des déclarations.

Dans l’exécutif, personne ne semble comprendre la gravité de la situation.

Elle exige que le personnel de première ligne soit payé, protégé et mobilisé.

Tant que les agents de santé restent en grève pour des salaires et des primes impayés, et que la réponse du gouvernement se limite à une controverse sur la traçabilité des fonds, le virus conserve l’avantage et la courbe continue de monter. Cette progression se fait dans une relative indifférence à Kinshasa. Une déclaration d’urgence nationale, que nous avions appelée avant que l’épidémie n’atteigne huit provinces, aurait pu freiner la dynamique en imposant une coordination plus stricte des actions et un meilleur contrôle de l’utilisation des fonds.

Or, paradoxalement, ces ressources ne parviennent toujours pas en priorité au personnel de première ligne qui est exposé chaque jour, ce qui est le minimum à faire !

Eugène Diomi Ndongala,

Démocratie Chrétienne, DC,

Les Patriotes, LP