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EBOLA ET LA FAIM : LE PIÈGE MORTEL QUI ENFERME L’EST DE LA RDC – LA CRISE ALIMENTAIRE S’AGGRAVE

Dans les zones touchées, la pénurie alimentaire pousse des familles à sortir d’isolement pour trouver à manger, aggravant la transmission du virus Bundibugyo.

Dans l’Est de la République démocratique du Congo, Ebola et la faim se nourrissent l’un l’autre. Près de 3,5 millions de personnes dans les zones touchées font face à une insécurité alimentaire de niveau « crise » ou pire, selon le Programme alimentaire mondial.

Parmi celles directement confrontées au virus, 97 % ont encore besoin d’aide alimentaire.

L’épidémie, qui a déjà fait 9.704 cas confirmés et 4.687 décès au 21 octobre, touche huit provinces et 66 zones de santé. Mais le virus ne se propage pas seul : les mesures d’isolement et de restriction des mouvements privent des ménages de leurs revenus et de leurs sources d’approvisionnement.

Les marchés se grippent, les déplacements deviennent risqués, et des familles n’ont souvent d’autre choix que de sortir pour chercher de la nourriture, au risque de transmettre la maladie.

David Stevenson, représentant du PAM en RDC, le résume clairement : le conflit et les déplacements ont laissé les familles avec très peu de capacités pour encaisser ce choc supplémentaire.

« Les familles ne devraient pas avoir à choisir entre suivre les recommandations sanitaires et se procurer de la nourriture », insiste-t-il.

Cette contrainte alimentaire fragilise directement la riposte : elle favorise le non respect des règles d’isolement, retarde les soins et entretient la transmission dans des territoires déjà marqués par l’insécurité et les routes dégradées.

Le PAM a fourni plus de 744.000 repas chauds dans 59 centres de traitement et d’isolement et distribué plus de 3.000 tonnes de denrées aux familles des patients. Il prévoit des rations sèches pour plus d’un demi-million de proches de malades dans les six prochains mois, afin de permettre aux gens de rester en soins sans avoir à risquer leur vie pour manger. Mais ces opérations manquent de moyens : 214 millions de dollars sont nécessaires pour soutenir les populations les plus vulnérables de l’Est du pays.

Sans cette aide, la faim continue d’aggraver la circulation du virus. Dans les zones reculées ou en conflit, où l’accès aux soins reste limité et où aucun vaccin homologué n’existe contre la souche Bundibugyo, chaque sortie forcée pour se nourrir multiplie les contacts et freine le contrôle de l’épidémie. La pénurie alimentaire n’est plus seulement une conséquence de la crise ; elle en est devenue un moteur.

Nous appelons les bailleurs de fonds, les gouvernements et les partenaires humanitaires à mobiliser rapidement les ressources nécessaires.

Une aide alimentaire fiable et prévisible n’est pas un complément : elle est un élément essentiel de la lutte contre Ebola. Elle protège les patients, réduit les sorties non contrôlées et contribue à freiner la transmission.

Les familles de l’Est de la RDC ne devraient pas avoir à choisir entre suivre les recommandations sanitaires et se procurer de la nourriture. Agir maintenant, c’est donner les moyens de contenir l’épidémie et d’éviter que la faim ne l’aggrave davantage.

Eugène Diomi Ndongala,

Démocratie Chrétienne, DC,

Les Patriotes, LP

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