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KABILA CHEZ LES LOBBYISTES PRO-RWANDAIS: L’ANCIEN FOSSOYEUR DU CONGO JOUE LES RÉVOLUTIONNAIRES

Même pour se faire interviewer, Joseph Kabila (alias « le sauveur ») choisit soigneusement ses interlocuteurs : Teddy Mazina et Bojana Coulibaly, connus pour leur tropisme pro-rwandais et leur travail de lobbying en faveur de Kigali l’ont interviewé, ce 27/10/2026. Loin de la presse indépendante, il préfère une tribune complaisante pour réécrire son bilan catastrophique et légitimer son retour en force à la tête du FRN/M23/RDF.

Joseph Kabila a choisi son public avec une précision qui en dit long. Plutôt que d’affronter une presse indépendante capable de lui poser des questions qui dérangent, il s’est livré à un long entretien complaisant avec Conspiracy Tracker Great Lakes (CTGL). L’entretien a été dirigé par Teddy Mazina et Bojana Coulibaly, deux figures dont le tropisme pro-rwandais n’est plus à démontrer. Les questions y sont orientées, les relances bienveillantes, le cadre rassurant. Comme le dirait Félix Tshisekedi, l’homme a peur.

Peur des contradicteurs, peur des faits, peur de devoir rendre des comptes sur dix-huit années de pouvoir et sur son basculement actuel dans la rébellion.

Dans cet entretien sous contrôle, Kabila déroule le récit qu’il affectionne : celui du patriote lucide face à un régime qui « répète les erreurs » d’Idi Amin, de Bokassa ou de Mobutu.

Le président actuel y est caricaturé en tyran sanguinaire, tour à tour Ivan le Terrible et maréchal ougandais. La méthode est classique et usée : diaboliser caricaturer l’adversaire pour mieux s’absoudre.

Or Kabila lui-même est arrivé au pouvoir dans des conditions qui n’avaient rien d’une révolution populaire. Après l’assassinat de son père putatif, Laurent-Désiré Kabila, il a bénéficié d’un coup de force institutionnel qui lui a permis de prendre les rênes sans mandat électoral et régner sans partage pendant 16 ans sur la RDCongo.

Pendant près de deux décennies, il a présidé à un État qui n’a jamais su éradiquer les groupes armés à l’Est, qui a multiplié les intégrations militaires ratées, qui a laissé prospérer la corruption et qui a vu des pans entiers du territoire échapper durablement à l’autorité de Kinshasa.

Présenter ce bilan comme une période de « paix, de sécurité et de stabilité» relève purement et simplement de l’affabulation.

Aujourd’hui, le même homme se pose en sauveur. À la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), successeur de l’AFC/M23, il prétend incarner une « révolution » dans la manière de gérer le pays. Personne n’est dupe.

Ce n’est pas une révolution congolaise : c’est le retour d’un acteur qui a déjà servi, directement ou indirectement, les intérêts rwandais dans la région.

En rejoignant un mouvement politico-militaire dont les liens avec Kigali sont documentés, Kabila, déjà sous sanctions des Etats Unis, se remet au service de l’agression de la RDC. Il feint d’ignorer cette évidence, tout en niant toute allégeance et toute volonté de balkanisation, comme d’ailleurs il avait nié ses lien avec la rébellion dont il est maintenant le chef…. La contradiction est trop flagrante pour être convaincante.

Son discours sur les « tyrans qui ne durent pas » est particulièrement ironique, pour ne pas dire indécent. Lui qui a gouverné longtemps, qui a cédé le pouvoir en 2019 avant de revenir par les armes, et qui est aujourd’hui condamné à mort pour haute trahison, prétend donner des leçons d’histoire régionale.

Il évoque la peur instillée par les exécutions et les mutilations, tout en se présentant comme le défenseur des libertés fondamentales et de la souveraineté. Or son passé est celui du responsable d’un pouvoir liberticide qui a souvent confondu sécurité et maintien d’un ordre par la violence la plus barbare, et qui n’a jamais véritablement consolidé une armée nationale souveraine et indépendante des influences extérieures.

BOJANA COULIBALY (CTGL)

En choisissant CTGL et ses intervieweurs partisans Teddy Mazina et Bojana Coulibaly, Kabila confirme qu’il ne cherche pas le débat, mais la tribune sans risque d’être contredit… Il ne veut pas convaincre les Congolais par la force des arguments, mais légitimer sa nouvelle alliance auprès d’un public déjà acquis.

La « révolution » qu’il invoque n’est qu’une pose. Derrière elle se cache le même homme qui a déjà creusé le Congo, affaibli ses institutions et ouvert la voie à des ingérences dont le pays paie encore le prix. Les Congolais n’ont pas oublié. Et ce n’est pas un entretien orienté par la peur de se faire contredire – au point de choisir même de interviewers pro-rwandais – qui leur fera croire le contraire.

Eugène Diomi Ndongala,

Démocratie Chrétienne, DC

Les Patriotes, LP

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