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CHAISES MUSICALES A GOMA : KABILA MONTE SUR SCENE, AVEC SON FRN, KIGALI GARDE LA BAGUETTE

UNE ENSEIGNE NEUVE NE CHANGE PAS LE PROPRIÉTAIRE DU MAGASIN

Si l’annonce d’un « Front pour la Refondation de la Nation », FRN en sigle, se confirme, l’ancien président Joseph Kabila prendrait la tête d’une nouvelle vitrine de l’AFC/M23 rebaptisée FRN. Un remaniement que les experts de l’ONU avaient annoncé dès juin 2026 et que Félix Tshisekedi avait dénoncé depuis 2025.

L’annonce est faites en sordine: pas de communiqué, pas de conférence de presse organisée et diffusée; une certaine précipitation semble avoir poussé l’ancien président à brûler enfin ses cartes.

Si l’annonce se confirme, Joseph Kabila prendrait la tête d’un « Front pour la Refondation de la Nation ». Les noms qui l’entourent disent déjà tout : Corneille Nangaa, Bertrand Bisimwa et Kaniki à la vice-présidence, Sultani Makenga à l’état-major. Un nouveau sigle, un nouvel organigramme, une nouvelle promesse de « sauver » le Congo. Mais derrière la façade fraîchement repeinte, rien n’a bougé : mêmes hommes, mêmes fusils, même parrain, mêmes troupes rwandaises aux commandes.

Ce jeu de chaises musicales n’étonnera personne. Il était écrit noir sur blanc.

En juin 2026, le Groupe d’experts des Nations unies annonçait au Conseil de sécurité un remaniement imminent de la direction de la rébellion, avec Joseph Kabila appelé à y jouer un rôle de premier plan. Les enquêteurs le désignaient déjà comme l’un des relais de l’AFC/M23 et relevaient que sa plateforme « Sauvons la RDC » appelait à un soulèvement aligné sur les objectifs des rebelles. Ce qui se joue aujourd’hui n’est pas une révélation. C’est une confirmation.

Car qu’est-ce qui change, au fond ?

Nangaa reste Nangaa. Bisimwa reste Bisimwa. On leur ajoute Freddy Kaniki, déjà dans le M23. Makenga, chef militaire historique du M23, conserve la main sur les troupes. La chaîne de commandement demeure intacte, les lignes d’approvisionnement aussi, et la frontière avec le Rwanda reste la seule profondeur stratégique de ce mouvement de proxy, quelque soit son étiquette. On ne transforme pas une rébellion par procuration en mouvement plus crédible en changeant son nom sur un annonce, même pas écrite…

Une enseigne neuve ne change pas le propriétaire du magasin.

L’Est du Congo connaît ce scénario par cœur. AFDL, RCD, CNDP, M23, AFC/M23 : à chaque génération, son sigle ; à chaque sigle, la même dépendance envers Kigali. La manœuvre est toujours identique : élargir la vitrine, enrôler quelques figures congolaises, présenter une guerre régionale comme une révolte intérieure.

Hier, on recrutait des opposants ; aujourd’hui, on recrute un ancien chef d’État, un éternel « candidat Mandchou ».

Et c’est là que le choix de Kabila se retourne contre lui.

En sortant de l’ombre, il ne brouille plus les pistes : il les éclaire.

Il donne raison aux experts de l’ONU, aux juges qui l’ont condamné, à Washington qui l’a sanctionné pour collaboration avec l’AFC/M23.

Il donne surtout raison à tous ceux qui, comme votre serviteur, depuis des années, voient en lui le proconsul de Paul Kagame en RDC. Pendant longtemps, cette accusation a été balayée comme une obsession de ses adversaires. En s’installant à Goma, ville tenue par la rébellion de proxy, puis en prenant éventuellement la tête de son nouvel habillage politique, Kabila transforme le soupçon en évidence.

Paul Kagame l’avait même poussé à se officialiser, en le peignant publiquement comme « l’associé » du M23.

Le « bas les masques » n’en est donc pas un.

Le masque est simplement tombé de lui-même.

Ce Front prétend refonder la nation ; il ne fait que refonder la vitrine d’une agression dont les commandes restent ailleurs.

Les Congolais n’ont pas besoin d’un nouveau sigle pour comprendre qui tire les ficelles. Ils l’ont compris depuis longtemps.

Le jeu de chaises musicales et de changement d’étiquette est donc connu. Il ne change rien à la nature de la rébellion de proxy rwandaise. Il la rend seulement plus lisible et ce n’est pas un hasard en ce moment où la pression diplomatique sur le retrait des troupes étrangères se fait plus importantes. Le jeu de chaises musicales n’exonère en rien les responsabilités du parrain rwandaises dans l’agression de la RDC.

Quant à Kabila, il a commencé son aventure en RDC comme rebelle; il finira sa carrière politique avec les mêmes bottes de caoutchouc.

Eugène Diomi Ndongala,

Démocratie Chrétienne, DC

Les Patriotes, LP

Goma, 12/10/2026

Voici la première confirmation vidéo – Goma, 12/10/2026

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