RESPECTER, PAS AIMER
Le 24 octobre 2026, lors d’une réunion avec les membres de l’Union sacrée (sa majorité politique) à Kinshasa, le président Félix Tshisekedi a déclaré : « Cette Constitution, je ne l’aime pas, et vous le savez« .

Le lien « affectif » avec la Constitution (« je l’aime » / « je ne l’aime pas ») est subjectif et personnel. Il relève de l’opinion, du goût ou de l’appréciation politique. Il n’a aucune valeur juridique.
Le lien de garant et de respect de l’État de droit est, lui, objectif et institutionnel. Il découle du serment (article 74 : « observer et défendre la Constitution ») et du rôle du président (article 69 : « veille au respect de la Constitution »). L’autorité du chef de l’État tire sa légitimité de ce texte, pas de son affection pour lui.
Confondre les deux plans est une erreur.
Dire « je ne l’aime pas » n’affaiblit pas l’obligation de la respecter tant qu’elle est en vigueur, ni le devoir de garantir les institutions.
Un président peut critiquer un texte et proposer sa révision selon les procédures prévues ; il peut s’en désengager affectivement mais il est tenu à la respecter, par son serment.
L’État de droit exige le respect du cadre, indépendamment des sentiments personnels et les jugements subjectifs; néanmoins, rien n’interdit de les exprimer à voix haute, ce qui d’ailleurs n’est une surprise pour personne…
En droit, ce qui n’est pas interdit reste en principe licite. Exprimer une appréciation personnelle négative sur la Constitution, qui relève de la liberté d’expression, n’est donc pas illicite. Toutefois, cette liberté d’opinion ne dispense nullement le président de ses obligations positives : observer, défendre et garantir la Constitution en vigueur, conformément à son serment et à son rôle de garant de l’État de droit.
Les deux plans restent distincts et cela ne devrait pas faire l’objet de polémiques inutiles car rien n’indique que le Chef de l’Etat ait confondu ces deux plans.
Eugène Diomi Ndongala,
Démocratie Chrétienne, DC,
Les Patriotes, LP






