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LE VETO DE L’IMPUNITE : POURQUOI KABILA ET LE FRN/M23/RDF REFUSENT UNE MONUSCO RENFORCÉE

Kabila et le FRN/M23/RDF voudraient le silence de la MONUSCO

Cette position découle de la rencontre du 3 novembre 2026 à Goma entre James Swan, chef de la MONUSCO, et Joseph Kabila, chef de la rébellion de proxy pro-rwandaise. Alors que le mandat de la mission expire le 11 novembre 2026, le rejet du renforcement cache la volonté de préserver un pouvoir de facto et l’impunité face aux crimes commis contre les populations congolaises.

Je le dis clairement : l’opposition de Joseph Kabila et du FRN/M23 au renforcement du mandat de la MONUSCO n’est pas une critique sincère d’une mission imparfaite. C’est un veto stratégique. Lors de l’entretien du 3 novembre 2026 à Goma avec James Swan, Bertrand Bisimwa a répété le refrain connu – « échec total » « sans base », retrait à poursuivre…

Ces formules masquent mal l’essentiel :

le FRN/M23, héritier direct de l’AFC/M23, refuse toute présence onusienne plus active dans les territoires qu’il contrôle parce qu’elle menacerait son pouvoir de facto et son impunité.

Le mouvement tient Goma et d’importantes portions de l’Est. Un mandat renforcé, tel que demandé par Kinshasa – protection effective des civils dans les camps de déplacés du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, vérification crédible du cessez-le-feu de Doha, appui aux processus de Washington et de neutralisation des FDLR –, introduirait une force indépendante capable de limiter les mouvements, de documenter les violations et de contraindre les acteurs armés. C’est précisément ce que le FRN/M23 ne veut pas. Il accepte au mieux un rôle logistique minimal sur le mécanisme de vérification, mais rejette tout redéploiement dans « ses » zones qu’il déclare « déjà stabilisées ».

L’argument est transparent :

préserver son monopole de la force et l’autorité administrative conquise par les armes.

Cette opposition sert aussi un calcul politique plus large. En dialoguant avec Swan tout en rejetant le renforcement, le FRN/M23 cherche une reconnaissance de facto et un levier de négociation. Pour Kabila, condamné à mort pour haute trahison, le FRN/M23 est une plateforme de réhabilitation : une MONUSCO renforcée consoliderait le cadre étatique et les processus en cours, réduisant son espace de retour d’influence.

Plus grave encore, le refus vise à limiter la capacité d’observation de la MONUSCO.

Une mission mieux outillée produirait davantage de rapports sur les exactions, les déplacements forcés et les violations imputables aux forces contrôlant le terrain. Or le FRN/M23, comme les structures M23 qui le précèdent, fait l’objet d’accusations graves et documentées de violations des droits humains et de crimes de guerre. Préserver l’opacité permet de maintenir le narratif de « refondation nationale » tout en évitant que les responsabilités soient établies.

C’est pourquoi la position intransigeante de Kabila et de sa rébellion de proxy pro-rwandaise doit motiver encore davantage la communauté internationale à renforcer la MONUSCO.

Loin de justifier un recul ou un affaiblissement de la mission, ce refus ouvert d’un mandat plus robuste révèle précisément la nécessité d’un renforcement pour atteindre les objectifs fixés par les résolutions 2773 et 2808 du Conseil de sécurité de l’ONU : protéger les civils, vérifier de manière crédible le cessez-le-feu, appuyer les processus de paix et mettre fin à l’impunité.

Une force qui a conquis des territoires par les armes et les troupes étrangères et qui cherche à verrouiller son pouvoir de facto n’a aucun droit de veto sur la protection des populations congolaises.

Plus elle s’oppose, plus le mandat doit être clarifié, renforcé et mis en œuvre avec détermination.

Eugène Diomi Ndongala,

Démocratie Chrétienne, DC

Les Patriotes, LP

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