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Articles de la catégorie ‘ETAT URGENCE NATIONALE’

ACTE HISTORIQUE REQUIS : L’ÉTAT D’URGENCE NATIONALE COMME SEULE RÉPONSE À L’AGRESSION EXISTENTIELLE

Briser l’illusion d’une guerre limitée à l’Est de la RDCongo

Face à la poursuite dramatique et à l’extension du conflit en mai-juin 2026, il est désormais impossible de prétendre que la guerre reste cantonnée à l’Est.

Malgré les Accords de Washington du 4 décembre 2025 et le cadre de Doha / Suisse pour le monitoring du cessez-le-feu, les forces de l’Alliance Fleuve Congo-M23, soutenues par le Rwanda, maintiennent le contrôle de Goma et de Bukavu, consolident leurs positions dans les hauts plateaux du Sud-Kivu (Minembwe, Fizi, Mwenga) et ont multiplié les frappes de drones sur la base aérienne stratégique de Kisangani, bien au-delà des lignes de front traditionnelles, probablement à partir du territoire rwandais.

Des retraits tactiques, comme celui d’Uvira au début de l’année sous pression internationale, n’ont pas apporté la paix : les combats intenses persistent, les troupes gouvernementales se renforcent sur plusieurs axes, et l’ennemi poursuit sa stratégie d’expansion et de harcèlement à distance. À cela s’ajoute une nouvelle catastrophe : l’épidémie d’Ebola (souche Bundibugyo) déclarée en Ituri mi-mai 2026, qui s’est déjà propagée à Goma et dans des zones du Sud-Kivu, et que l’OMS a qualifiée d’urgence de santé publique de portée internationale. Des centaines de cas suspects et de décès s’ajoutent au bilan déjà catastrophique de millions de déplacés et de milliers de morts civils.

12 millions de congolais demeurent otages des agresseurs.

Les mesures institutionnelles actuelles se révèlent insuffisantes. Le gouvernement a démontré ses limites en réactivité et en efficacité depuis la chute de Goma et Bukavu. Face à cette escalade qui touche désormais le centre du pays par les drones et complique tout effort humanitaire par l’épidémie, il ne suffit plus de gérer des crises locales, de signer des accords sans mécanismes contraignants ni de créer des comités.

Il faut un acte fort, historique. Le Président Félix Tshisekedi doit déclarer que toute la République est impliquée dans le conflit et décréter l’état d’urgence nationale sur l’ensemble du territoire.

Seule cette décision brisera l’illusion que la guerre est limitée à quelques provinces de l’Est. Seule cette décision fera comprendre à chaque Congolais – de Kinshasa à Kisangani, de Matadi à Lubumbashi, de Bandundu à Bunia – que son destin est lié à celui de Beni, Goma, Bukavu, Uvira, Rutshuru ou Minembwe. La guerre n’est plus un problème régional : c’est une question de survie nationale.

Tant que Kinshasa vivra dans l’insouciance, tant que les autres provinces ne se sentiront pas mobilisées, le Congo continuera de perdre du terrain. Pas seulement à cause de la force de l’ennemi, mais à cause de notre division persistante. L’ennemi l’a compris depuis longtemps : diviser le Congo reste la clé de sa victoire. Il utilise des milices locales, attise les divisions ethniques, cherche des soutiens dans la classe politique, laisse croire à une guerre de tribus… et Kinshasa a trop longtemps accepté ce narratif.

Imaginez ce que cela signifie concrètement aujourd’hui.

Chaque ville, chaque village, chaque institution doit participer à l’effort de guerre. Kinshasa ne peut plus organiser concerts et mariages somptueux dans l’insouciance, Mbuji Mayi continuer ses affaires pendant que Kisangani subit des frappes de drones et que l’Ituri affronte Ebola en pleine insécurité. Matadi ne peut plus être seulement la porte commerciale du pays alors que les richesses volées de l’Est financent la machine de guerre adverse. Lubumbashi ne peut plus continuer de profiter de ses mines comme si de rien n’était.

L’ennemi avance toujours par cercles concentriques. Après les Kivus, les frappes atteignent Kisangani. Après les hauts plateaux, les menaces persistent vers Kalemie et Kindu. La seule réponse possible est une nationalisation totale de l’effort de guerre.

Une base juridique solide et une obligation constitutionnelle

Cette déclaration trouve toujours son fondement dans la Constitution du 18 février 2006 et la loi organique n° 08/016 du 7 octobre 2008.

L’article 85 autorise le Président à déclarer l’état d’urgence en cas de guerre extérieure ou de troubles graves portant atteinte à la sécurité de la Nation.

La situation actuelle – agression extérieure persistante, frappes sur le territoire national, crise sanitaire majeure en pleine zone de conflit – justifie pleinement cette invocation. L’interconnexion des menaces transcende largement les états d’urgence localisés.

La mesure s’étend aux 26 provinces et autorise le Président, par ordonnances, à prendre toutes les dispositions nécessaires pour sauvegarder l’intégrité territoriale. Le Parlement doit être informé dans les 48 heures. Cette flexibilité a déjà été démontrée par les extensions de l’état de siège au Nord-Kivu et en Ituri.

Une réponse politique et morale indispensable

Politiquement, l’état d’urgence nationale reste l’acte de rupture nécessaire avec les divisions, la corruption et la diplomatie sans contrainte. Elle permet la formation d’un Gouvernement d’urgence nationale resserré, une réallocation budgétaire immédiate et une centralisation des aides internationales. Elle isole les acteurs corrompus et répond aux appels de la société civile pour une mobilisation totale.

Surtout, elle impose une révolution morale.

Comment demander au peuple de se sacrifier quand les élites continuent à détourner des fonds ? L’état d’urgence doit s’accompagner d’une réduction des privilèges des dirigeants, d’une contribution directe de chaque responsable à l’effort de guerre. Tant que le peuple verra l’opulence des uns pendant que les autres meurent ou fuient Ebola et les bombes, aucune mobilisation sincère ne sera possible.

Une transformation militaire et une mobilisation populaire totales

Militairement, la mesure reste cruciale pour passer d’une défense réactive à une stratégie proactive. Les FARDC affrontent un adversaire qui utilise désormais des drones à longue portée et consolide une administration parallèle ( administrative, politique et fiscale, avec l imposition de l enregistrement des entreprises congolaises dans le fichiers fiscale rwandais) dans les zones occupées. L’état d’urgence autorise la purge de la hiérarchie infiltrée, l’augmentation des salaires des soldats, l’équipement correct des troupes, la mobilisation générale des réserves et le déploiement de contingents depuis les provinces stables.

La jeunesse doit être mobilisée : plus d’oisiveté ou de désespoir pendant que leurs frères meurent ou fuient la maladie. Chaque jeune Congolais doit comprendre que son avenir dépend de la survie de la nation. La diaspora doit organiser ses fonds pour la défense nationale, le lobbying international et la dénonciation de la propagande adverse.

Les institutions adaptées, non supprimées

Le Parlement reste en fonction et conserve ses pouvoirs de contrôle. Les gouverneurs et assemblées provinciales continuent dans les provinces, mais peuvent être remplacés par des officiers militaires dans les zones critiques. Le gouvernement peut être remanié rapidement par ordonnance : nomination d’un Premier ministre, cabinet resserré centré sur la défense et les affaires étrangères.

Des précédents qui inspirent : l’Ukraine et la France

L’Ukraine en 2022 a déclaré l’état d’urgence nationale puis l’état de siège martial dès le début de l’invasion russe. Cela a permis une mobilisation totale, une centralisation efficace et une résistance qui dure encore.

De même, quand la France a été envahie pendant la Seconde Guerre mondiale, ce n’était pas seulement la Normandie ou l’Alsace ou le Nord du pays, qui étaient concernées. De Gaulle, depuis Londres, a mobilisé chaque Français où qu’il se trouve. Les maquisards venaient de toutes les régions. C’est cette unité nationale qui a permis à la France de retrouver sa dignité.

Le Président Tshisekedi doit être ce De Gaulle congolais. Il doit dire aux Congolais de partout : « Levez-vous, le pays est en danger ! »

L’appel qui s’impose aujourd’hui

Si nous continuons dans la logique actuelle, nous allons vers une balkanisation imposée. L’ennemi n’a pas besoin de prendre Kinshasa par les armes : il suffit qu’il contrôle l’Est, les minerais, qu’il installe des administrations parallèles et qu’il propose au monde une partition. Ce scénario n’est plus une fiction : il est en marche.

Le temps n’est pas demain. Le temps, c’est maintenant.

Chers Congolais, on ne gagne pas une guerre avec un pays divisé. On ne gagne pas une guerre quand Kinshasa vit dans l’insouciance pendant que Goma et Bukavu et 12 millions de congolais sont sous contrôle adverse, que Kisangani subit des frappes et que l’Ituri affronte Ebola.

Nous gagnerons uniquement quand chaque Congolais, où qu’il soit, se considérera en guerre contre l’agression.

Que chaque ville devienne une base de résistance. Que chaque maison devienne une école patriotique. Que chaque étudiant devienne un soldat de l’information. Que chaque diaspora devienne un ambassadeur de la vérité.

Alors seulement, nous pourrons espérer sauver définitivement toute la patrie.

Eugène Diomi Ndongala,

Démocratie Chrétienne

*6 juin 2026*