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Articles de la catégorie ‘GOUVERNEMENT PARRALELE A GOMA EN GESTATION’

GOMA : KABILA S’APPRÊTE À NOMMER UN GOUVERNEMENT PARALLÈLE

Après la création du FRN, la nomination d’un exécutif rebelle dans les territoires occupés serait imminente. Une constitution provisoire suivrait, avec une « République des Volcans » sous tutelle rwandaise. Les noms mêmes de l’AFC et du FRN annonçaient ce basculement. Face à lui, l’article 85 n’est plus une option : c’est une obligation.

Un gouvernement parallèle en gestation

Selon des informations concordantes qui circulent à Goma et dans les milieux politiques à Kinshasa, alias Joseph Kabila et ses affiliés au sein du Front pour la Refondation de la Nation (FRN) se préparent à nommer un gouvernement parallèle dans les territoires occupés de l’Est. Les portefeuilles seraient en cours d’attribution et les noms en discussion. L’annonce pourrait intervenir à tout moment.

Ce n’est pas une rumeur isolée. C’est l’étape logique d’un processus engagé depuis des mois. Un gouvernement parallèle in fieri, en train de se faire, est déjà un acte politique : il prépare les esprits, teste les réactions et installe l’idée qu’une autre autorité existe sur le sol congolais.

De l’administration rebelle à l’appareil d’État

Depuis la prise de Goma et de Bukavu début 2025, l’AFC/M23 a construit une administration parallèle, documentée par les experts de l’ONU. Elle nomme des gouverneurs et des maires, centralise les recettes fiscales et a repris en main des services comme la SNEL et la REGIDESO. Ses structures locales lèvent l’impôt et délivrent des actes. L’Union africaine et le Conseil de sécurité les ont déclarées nulles. Elles fonctionnent néanmoins.

Le 12 octobre 2026, à Goma, Kabila a franchi un cap en officialisant le FRN. Il en prend la présidence, entouré de Corneille Nangaa, Bertrand Bisimwa et Sultani Makenga comme vice-présidents. Le mouvement succède de plein droit à l’AFC et promet de mettre fin à la « tyrannie » par tous les moyens, y compris la force.

Ce n’est plus une alliance militaire. C’est un appareil politico-militaire centralisé, qui réunit les fidèles historiques de l’ancien président et les cadres de l’occupation. Il ne lui manque plus qu’un exécutif. C’est précisément ce qui se prépare.

Des noms qui disaient déjà le projet

Le processus était inscrit dès l’origine dans les dénominations mêmes de ces mouvements. L’Alliance Fleuve Congo ne faisait pas référence au Congo comme nation, comme peuple ou comme État. Elle le désignait curieusement par un fleuve, c’est-à-dire par une donnée géographique, un espace physique dépourvu de contenu politique et ethnique. Le Congo y apparaissait comme un territoire, non comme une République.

Le Front pour la Refondation de la Nation va plus loin encore. Le mot « Congo » a tout simplement disparu. On parle désormais de « nation », sans préciser laquelle, ni quels en seraient le peuple, les frontières et le fondement. Cette nation sans nom est une page blanche. Elle peut désigner le Congo tout entier, une partie de son territoire ou une entité nouvelle à inventer.

De l’AFC au FRN/M23, la trajectoire est cohérente : d’une référence géographique au Congo, on est passé à une absence totale de référence congolaise. La congolité de la démarche n’est même plus revendiquée. Et l’on ne « refonde » une nation que si l’on considère que l’existante a cessé d’exister. Le vocabulaire a préparé le terrain que le gouvernement parallèle s’apprête à occuper.

Après le gouvernement, la constitution

La nomination d’un gouvernement appelle presque mécaniquement une constitution provisoire. Un exécutif parallèle ne peut pas durer sur la seule force des armes. Il lui faut un texte qui fonde son existence, organise ses pouvoirs et le distingue d’une simple occupation.

Même sommaire, même non reconnue, une telle constitution remplirait trois fonctions. Elle convertirait le contrôle de fait en prétendue autorité de droit. Elle fournirait une légitimité interne de façade. Et elle ouvrirait la voie de l’administration rebelle à l’entité politique autonome. Elle donnerait enfin un contenu à cette « nation » que le FRN se garde bien de nommer.

C’est le scénario de la « République des Volcans », état satellite du Rwanda. Les signaux relevés fin 2025 allaient déjà dans ce sens : drapeaux, mobilisations contraintes à Goma, logistique frontalière par Gisenyi et Bunagana. Avec Kabila à la tête du FRN, le projet acquiert une façade congolaise. Il continue pourtant de reposer sur le soutien militaire, logistique et politique rwandais, documenté depuis des années.

L’objectif n’est pas seulement de tenir le terrain. Il s’agit de contraindre Kinshasa à négocier avec une structure présentée comme un État, ou de consolider une autonomie de fait susceptible de glisser vers une sécession contrôlée.

Ce que Kinshasa risque

Des millions de Congolais vivent déjà sous une autorité qui échappe à l’État central. Le coltan, l’or et les autres ressources financent l’occupant. Les drones atteignent le centre du pays. Ebola se propage là où les structures sanitaires sont désorganisées.

Sur le plan diplomatique, chaque avancée institutionnelle à l’Est renforce le récit du fait accompli et affaiblit la position congolaise. Un gouvernement parallèle offrirait un interlocuteur commode à ceux qui, à Kinshasa ou ailleurs, préfèrent traiter l’occupation comme une crise régionale plutôt que comme une atteinte à l’intégrité nationale.

Si rien n’arrête ce processus, le pays risque une partition durable : l’Est sous une autorité parallèle, le reste du territoire avec une souveraineté amputée.

L’heure de l’article 85 de la Constitution

Face à une menace immédiate sur l’intégrité du territoire et à l’interruption du fonctionnement régulier des institutions dans une partie du pays, l’article 85 de la Constitution prévoit la proclamation de l’état d’urgence.

Je le réclame depuis longtemps. Je l’ai de nouveau mis sur table le 16 octobre 2026, en l’associant à la formation immédiate d’un gouvernement de combat. Resserré et de salut public, ce gouvernement aurait une seule mission : mobiliser l’armée, les finances et la diplomatie pour la reconquête du territoire. Il devrait aussi neutraliser les réseaux de soutien à l’occupation, assécher l’économie de guerre et protéger les populations.

Ce n’est pas une suspension de la Constitution. C’est l’outil qu’elle prévoit pour les heures où la République est menacée dans son existence même.

Le Parlement reste en place, les droits fondamentaux des congolais toujours respectés mais plus de pouvoir sont donné à l’exécutif pour redynamiser son action avec force et célérité.

Le gouvernement parallèle n’est pas encore nommé. C’est précisément pour cela qu’il faut agir maintenant, avant que l’annonce ne soit faite et que le fait accompli ne s’installe. La souveraineté ne se défend pas par des discours. Elle se défend par un acte. L’article 85 est là. Les faits l’exigent maintenant.

Eugène Diomi Ndongala,

Démocratie Chrétienne, DC

Les Patriotes, LP