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Lettre ouverte à Kin-Kiey Mulumba, ministre des PTT / Bamba-di-Lelo

Lettre ouverte à Kin-Kiey Mulumba, ministre des PTT  

Bamba-di-Lelo

Monsieur,

J’ai appris, comme Monsieur « tout le monde », que vous venez de créer, par opportunisme, et/ou par folie de perversion avérée et aggravante, une association servile à la gloire de Joseph Kabila, dénommé « Kabila Désir ».
Pour vous donc, Joseph Kabila est un visionnaire exceptionnel, un don de Dieu et qu’en dehors de ce dernier, aucun congolais n’a les aptitudes requises pour relever les défis du millénaire pour le développement, dont, notamment, la réduction de l’extrême pauvreté des congolais, et la faim, très rependue…

J’ai appris également que vous aviez tenu, en date du 14 août 2014, une conférence de presse dans l’enceinte de l’Ambassade du Congo à Bruxelles, et non au centre-ville de Bruxelles, évitant ainsi les combattants hostiles, qui s’étaient rendus en masse, aux alentours de l’Ambassade, pour perturber, à votre grand étonnement, la tenue de la dite conférence.
Et, avant même que les combattants n’arrivent, un dispositif impressionnant du corps de la police de Bruxelles était mise en place, pour palier à tout débordement des manifestants congolais, qui rejettent en bloc, le système politique actuel, piloté par Joseph Kabila, qui est pourtant contesté, haï et détesté, qui s’estime trahi, par son élite « compradore ».

C’est dans ce climat délétère, que vous avez tenu à affronter la Diaspora congolaise, vivant à l’étranger, pour vendre des actions, et/ou les réalisations de Joseph Kabila, sur un marché mondialisé, par des contacts directs, sans autre formalité.

Selon, les échos qui me sont parvenus, vous avez tenté de démontrer que « Kabila Désir » n’est autre chose que la citation des réalisations et produits de qualité de Joseph Kabila, qui sont mal vendus, parce que incompris, par la suite de la campagne de dénigrement, que ne cesse de mener, maladroitement certains réseaux sociaux corrompus, qui se groupent contre Joseph Kabila qui est pourtant un leadership de grande vision.
Vous créditez à Joseph Kabila un bilan largement positif durant ses treize ans de règne, sans partage, et, pour vous, la République Démocratique du Congo n‘est pas encore « rassasiée » de ses réalisations et Joseph Kabila serait tenu de prolonger encore son mandat en 2016, après une modification de la Constitution, pour permettre au locataire du Palais de la Nation, de « parachever » l’œuvre de la reconstruction d’un Congo nouveau !

En enfonçant le clou, vous avez semblé dire, que les membres de la Diaspora sont en déficit de l’information, mais que vous organiserez, à l’avenir, des voyages vers Kinshasa et dans les coins reculés du pays, pour faire vivre par la colonie congolaise de l’étranger les réelles transformations de la République Démocratique du Congo d’aujourd’hui. Au cours du même entretien, vous vous êtes étendu sur les réalisations de votre Ministère, en insistant sur la technologie des fibres optiques, qui font désormais, partie intégrante de l’une des réalisations de Joseph Kabila.

Par ailleurs, vous créditez à Joseph Kabila, la suppression des journées « villes mortes », à travers le pays comme si, la période Mobutu avait de similitudes avec celle de Joseph Kabila. De même et simultanément, vous auriez dit que le gouvernement ne communique pas assez et/ou communique assez mal, en ignorant que de tels propos, tenus en dehors de leur contexte, sont susceptibles de mettre en péril, la solidarité gouvernementale, déjà fragile. Pourtant, vous avez des projets ambitieux, semble-t-il pour le pays, notamment, la construction de l’Aéroport International de N’Djili, et le projet de scinder les télécommunications et les autres services postaux. Et même le projet de construction de 1.000 écoles, etc… Bref, vous vous êtes plus étendu, au cours de ce point de presse, à décrire des projets, plutôt qu’à décrire le détail des réalisations tangibles. Bien que professeur d’Université, vous semblez donc, confondre un « projet » et une « réalisation » !

Monsieur,

Napoléon disait : l’action, ou la réalisation, est la meilleure communication.

J’ai tenu, à vous rappeler cette anecdote afin de vous aider à tempérer vos ardeurs et prétentions démesurées à l’égard de Joseph Kabila, votre mentor, considéré, pourtant, à juste titre, par la majorité des congolais, comme étant un homme du passé, et qu’en R.D.C. on s’apprête à tourner la page.

Tourner la page, oui, parce que vous n’avez pas été capable de réaliser, au cours de votre mandat, les huit objectifs du millénaire pour le développement (OMD), qui recouvre des grands enjeux humanitaires : la réduction de l’extrême pauvreté et de la mortalité infantile, la lutte contre plusieurs épidémies dont le Sida, l’accès à l’éducation, l’égalité des sexes, et l’application du développement durable. A cela, s’ajouterai la non-réalisation subséquente de cinq chantiers, qui ne sont demeurés à nos yeux que de simple vernis.

Savez-vous, Kin-Kiey, pour ne citer que la première cible, que les congolais, pour la grande majorité ne vivent-ils pas avec un dollar par jour, si ils arrivent à en disposer ? L’eau et l’électricité sont-elles distribuées régulièrement à la population ? L’accès à l’éducation pour tous est-il une réalité. N’y a-t-il pas un déficit de responsabilité des dirigeants, alors que vous êtes au sein du gouvernement ? N’êtes-vous pas tous, au sein du gouvernement, de simples manipulateurs, des vendeurs d’illusions, des acteurs du « théâtre de chez nous » pour lancer des inepties de genre « Kabila to tondi yo naino te », « Kabila mposa na yo naïno esili te ». Avez-vous une mesure de « calcul » pour évaluer le degré d’attachement, ou le mépris sans cesse croissant que les congolais développent à l’égard de Joseph Kabila et de son régime ? En dépit de cela, vous êtes prêts à vous battre, jusqu’à la dernière énergie, pour modifier la Constitution afin de pouvoir prolonger le mandat de Joseph Kabila, qui prend en otage les citoyens congolais, avec, en réalité, votre assistance, qui n’a pour but que, la protection de vos intérêts sordides ? Même, si, tout flatteur vit au dépend de celui qui l’écoute, mais, ne l’oubliez surtout pas, camarade Kin-Kiey, qu’il y a pour tout un prix à payer !

A part, Ndjoku Eyobaba, ancien gouverneur de la ville de Kinshasa, qui s’est rabaissé de manière incontrôlée devant Mobutu Sese Seko, pour les besoins les plus matériels des basses velléités, vous, Kin-kiey Mulumba, semblez malheureusement, représenter le prototype de cet ancien cadre de la Ville de Kinshasa, pour des raisons manifestement, d’absence de constance, de cohérence et de logique intellectuelle.

Professeur d’Université, et de surcroit Docteur en Sciences Politiques, au lieu de vous prosterner devant un homme mortel, de l’acabit de Joseph Kabila, vous feriez œuvre utile en procédant à l’évaluation de l’action gouvernementale, pour apporter des thèses contraires, c’est-à-dire, des suggestions constructives voire positives, pour l’amélioration du vécu quotidien des Congolais !

Comment, Kin-Kiey, pouvez-vous manifester un optimisme béat et un soutien inégalé, à un joseph Kabila, aphone, mais qui décide de la vie de vos compatriotes Congolais ? Qu’ont finalement fait Bertrand Ewanga, Eugène Diomi Ndongala, Kuthino Fernando, Eddy Kapend, et tant d’autres innocents qui croupissent dans des prisons, injustement condamnés et privés de liberté pour des motifs fallacieux ? A quoi servirait le fruit de ma formation universitaire, si je devais me taire devant les injustices que subissent mes frères et sœurs Congolais? On souhaiterait, la libération, sans condition, de ces détenus politiques pour calmer le climat politique, à travers le pays.

Enfin, je termine cette lettre ouverte, par vous dire, compatriote Kin-Kiey Mulumba d’éviter de confondre, plus que jamais, la notion « d’éloquence » avec celle de « compétence ». Cette confusion est perceptible, dans votre « passé récent ». Mobutiste invétéré, rebelle attitré du RCD/GOMA, et conseiller de Paul Kagame, ennemi juré de Joseph Kabila, vous êtes devenu, par la suite, son ami et son confident potentiel. Où reste votre cohérence dans ce parcours ? Malheureusement, elle est nulle.
Socrate n’a-t-il pas dit : connais-toi, toi-même. Par-là, j’entends que l’homme a des valeurs et que ce sont ces valeurs positives qui constituent l’héritage et le modèle pour les générations de demain.

In fine, je demande au compatriote Kin-Kiey Mulumba, de se réveiller et d’abandonner ce projet mort-né de « Kabila-Désir », car pour le moment, la République démocratique du Congo est un pays qui vit sur les apparences. Tout de même, en relisant les interventions, souvent pertinentes de certains de mes concitoyens, universitaires ou non universitaires, je me dis que nous avons les atouts et les compétences requises, pour que le peuple congolais sorte de son angoisse du lendemain, et pour lui apporter l’essentiel : le droit à la vie.

Bamba-di-Lelo
Docteur en Sciences Politiques de l’UCL
Analyste des Questions politique du Congo
E-mail : jbadil@hotmail.be

 

CONGOINDEPENDANT.COM

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