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ÉTAT D’URGENCE, LIBERATION DES 12 MILLIONS DE CAPTIFS, PUIS REFONDATION : LE SEUL CHEMIN DE LA PAIX

Donner au Président les moyens de finir ce qu’il a commencé.

La fin de la guerre est-elle à notre portée ? Oui. Mais pas par enchantement, pas par la seule vertu des signatures apposées à Washington.

La fin de la guerre se conquiert. Elle exige, à ce stade précis de l’histoire, un acte de souveraineté aussi radical que lucide : l’instauration immédiate de l’état d’urgence nationale ex art. 85 de la Constitution, la libération totale des douze millions de Congolais encore captifs dans l’Est du pays, et seulement ensuite le référendum constitutionnel et des élections libres sur un territoire enfin réunifié.

L’histoire récente de la RDC n’est pas un long fleuve tranquille. C’est une succession d’accords qui ont tous porté en germe la guerre suivante. Lusaka en 1999, l’Accord global et inclusif de 2002-2003, l’intégration du CNDP en 2009… Chaque cessez-le-feu, chaque « mixage » hâtif dans l’armée nationale, a servi de cheval de Troie à une infiltration systémique des institutions de défense et de sécurité. Des réseaux parallèles, nourris par le sang des minerais et protégés par des complicités internes et externes, ont longtemps transformé l’État congolais en coquille vide, incapable de défendre son intégrité territoriale.

C’est dans ce décor empoisonné que Félix Antoine Tshisekedi arrive au pouvoir en janvier 2019. Personne, ou presque, ne pariait sur sa survie politique.

Les pièges étaient partout : une majorité parlementaire hostile, une armée infiltrée, des réseaux économiques et sécuritaires ancrés depuis des décennies. Pourtant, dès les premiers mois, il engage une stratégie de rupture d’une précision chirurgicale, par des coups portés au cœur du système qui saignait le Congo depuis trente ans.

Dès 2020, il anticipe le danger et crée l’Union Sacrée de la Nation. C’est le premier acte de déconstruction de l’échiquier hérité. La majorité présidentielle est reconquise, les présidents des chambres évincés, le pouvoir parlementaire réaligné. En 2021, le Premier ministre Ilunga Ilunkamba est destitué.

Malgré la faiblesse du soubassement idéologique cohérent qui la caractérise, l’Union Sacrée joue son rôle pour la reconquête du pouvoir interne.

La réaction de l’adversaire ne se fait pas attendre. La résurgence du mouvement rebelle M23 en 2021 est le contrecoup direct d’une reconfiguration qui menace les intérêts profonds du Rwanda.

En 2023, les élections présidentielles donnent à Tshisekedi une nouvelle légitimité qui, au-delà des contestations, exprime le soutien populaire à cette ligne de fermeté, à la réorganisation structurelle des FARDC , à la structuration de la résistance populaire Wazalendo.

L’épisode le plus révélateur arrive lorsque Joseph Kabila franchi le « Rubicon » en se rendant à Goma, pour soutenir la rébellion.

Irrité par l’échec des plans ourdis, Paul Kagame admet publiquement lui avoir « ouvert le passage » et qu’il est bel et bien « associé » au mouvement de proxy M23. Le deal qui a ensanglanté le pays pendant trois décennies est mis à nu.

Forte de cette exposition, la RDC opère un recours diplomatique sans précédent auprès des États-Unis. Les parrains traditionnels de Kigali sont neutralisés. Un régime nerveux, agressif et désormais isolé, doit signer, en juin 2025, l’Accord de paix de Washington, suivi en décembre des Accords de Washington pour la Paix et la Prospérité.

Après arrivent des sanctions contre l’armée rwandaise dans son ensemble et plusieurs de ses généraux. Kabila aussi est visé par les sanctions, pour son rôle n2faste contre le rétablissement de la paix.

La capacité opérationnelle des forces d’occupation en est drastiquement réduite. Pour la première fois, le paravent du génocide de 1994 ne suffit plus à masquer la géocriminalité rwandaise, sur laquelle Kagame a fondé tout son modèle économique.

À ce stade, tout est en place pour la victoire… sauf l’occupation persistante par les troupes étrangères.

Malgré l’accord historique, malgré l’isolement diplomatique de l’agresseur, malgré les sanctions, des millions de Congolais — plus de douze millions lorsque l’on additionne les populations des zones affectées du Nord-Kivu, du Sud-Kivu des territoires adjacents, les déplacés internes et ceux qui vivent encore sous la menace directe des groupes armés proxies — demeurent captifs. Leurs villages sont contrôlés ou menacés, leurs ressources pillées, leurs enfants recrutés, leur dignité bafouée. Les cartes de l’évolution du conflit le montrent avec une cruelle clarté : les zones d’influence du M23, héritières du CNDP, n’ont jamais totalement disparu. Elles se sont adaptées, reconfigurées, et continuent de peser sur la souveraineté congolaise.

C’est précisément à ce moment – quand l’ennemi est affaibli mais refuse de lâcher prise, quand la communauté internationale a enfin tourné la page des mensonges de Kigali, quand la diplomatie a fait sa part que l’état d’urgence nationale devient non plus une option, mais une nécessité vitale.

L’état d’urgence n’est pas un caprice autoritaire. C’est l’outil constitutionnel ( art. 85C) qui permet au Chef de l’État, face à un péril imminent pesant sur les institutions et l’intégrité du territoire, de mobiliser toutes les ressources de la Nation sans les délais et les fuites inhérents aux procédures ordinaires. Il permet une unité de commandement absolue, la réquisition rapide des moyens, la neutralisation définitive des réseaux de financement et de renseignement encore actifs, et surtout une mobilisation populaire totale autour de l’objectif unique et ultime : la libération du territoire et de ses habitants encore captifs.

La priorité absolue, à ce stade, est la libération des douze millions de Congolais encore otages à l’Est de la RDC. Sans cela, tout accord reste un chiffon de papier. Sans cela, la souveraineté est une fiction. Sans cela, les futures élections seront une parodie, car des millions de citoyens seront de facto privés de leur droit de vote et de leur droit à la sécurité.

C’est seulement après la reconquête intégrale du territoire, le retour des déplacés, la sécurisation durable des frontières et la destruction des réseaux qui alimentent encore l’agression, que la Nation pourra, en toute légitimité, se donner un nouveau pacte constitutionnel par référendum, puis organiser des élections libres, transparentes et incontestables sur un sol enfin pacifié.

Organiser des scrutins aujourd’hui, alors que l’Est saigne et qu’une partie du pays vit sous occupation ou sous menace permanente, ce serait entériner la partition de fait et offrir à l’agresseur une victoire politique qu’il n’a pas encore obtenue militairement.

Félix Antoine Tshisekedi a brisé les amarres, purgé les traîtres, réorganisé l’armée, réveillé la résistance populaire, et placé l’agresseur dans l’isolement diplomatique. Il a fait sa part.

Il reste à la Nation de lui donner les moyens de mener les épisodes décisifs : l’état d’urgence pour la libération totale, puis la refondation institutionnelle nécessaire.

La fin de la guerre n’est plus une espérance lointaine. Elle est à portée de main. Mais elle exige, maintenant, du courage, de la lucidité et de la détermination. L’heure n’est plus aux demi-mesures. L’heure est à l’urgence nationale pour la libération et la renaissance du Congo.

Eugène Diomi Ndongala,

Démocratie Chrétienne, DC