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Processus électoral : la Démocratie Chrétienne se retire de tous les scrutins dénonçant les tares qui gangrènent tous les scrutins /COURRIER DE KINSHASA

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COURRIER DE KINSHASA 020818 3.pngLe parti de l’opposant Eugène Diomi Ndongala ne va plus participer aux élections du 23 décembre, dénonçant des tares qui gangrènent leur préparation.

Le bureau politique de la Démocratie chrétienne (DC) a publié, le 31 juillet, un message dans lequel il a alerté l’opinion sur la gravité des dysfonctionnements, aussi bien électoraux que politiques, entourant l’actuel processus électoral qu’il dit « vicié » par les agissements de la Commission électorale nationale indépendante (Céni). La DC a également déploré un contexte politique, sécuritaire, diplomatique et économique troublé par la méfiance qui règne entre les acteurs politiques, surtout à cause du caractère « exclusif » de ce processus et la non-application des mesures de confiance qui auraient dû l’encadrer.

Pour la DC, en effet, les causes principales du manque de confiance dans l’actuel processus électoral exclusif, peu crédible et opaque sont notamment l’inapplication des résolutions de l’Accord de la Saint-Sylvestre qui a été signé par toutes les tendances politiques, le 31 décembre 2016, sous la médiation de l’épiscopat congolais. Cette formation politique rappelle que cet accord avalisé par les Nations unies fut signé alors qu’avait expiré le deuxième et dernier mandat constitutionnel du président Joseph Kabila. Ce document, a fait observer la DC, garde force de loi mais n’a été appliqué qu’à la convenance de la majorité présidentielle.

Le bureau politique de la DC a relevé que du 25 juillet au 8 août, les candidats aux élections législatives et à la présidentielle devront déposer leur candidature. A la fin de ce délai, a-t-elle poursuivi, l’opinion devrait enfin être fixée sur les intentions du président Kabila qui affirme vouloir respecter la Constitution mais qui continue à poser des actes, par le biais des forces politiques dont il est « l’autorité morale », qui font croire le contraire.

La DC a indiqué également que les mesures de décrispation politique consignées dans l’accord, à son chapitre 5, n’ont pas été appliquées, étant donné que les prisonniers politiques emblématique dont Eugène Diomi Ndongala et Jean Claude Muyambo, nommément cités dans cet accord, restent en détention et sont donc inéligibles. Le parti note aussi que Moïse Katumbi, dont la nationalité congolaise est contestée, n’est toujours pas autorisé à rentrer au Congo pour y mener campagne. Alors que la machine à voter, imposée par le président de la Céni, Corneille Nangaa, continue à susciter débat.

Le parti d’Eugène Diomi Ndongala a aussi fustigé la restriction de libertés publiques et individuelles dont celle d’expression. « Globalement, la répression vis-à-vis des médias et des réseaux sociaux s’est accentuée, ces derniers mois. En ce qui concerne la liberté de manifestation, elle est toujours problématique à la veille des élections, s’appliquant à géométrie variable et à la tête du client », a fait observer cette formation politique, qui regrette la dégradation aggravée de la situation humanitaire durant ces années de « glissement » électoral.

Des épreuves de force avec la population

Parlant de la situation sécuritaire, la DC pense que la dernière réorganisation  de l’armée l’a été en prévision des épreuves de force avec la population congolaise. Pour elle, en effet, le président Joseph Kabila a placé aux postes clés des hommes qui ont sa confiance, dont le profil est très contesté. La nomination de personnalités faisant l’objet de sanctions internationales, a estimé la DC, s’accompagne d’achats massifs d’armes, ce qui ne favorise pas la confiance qui devrait entourer un processus électoral normal, crédible, libre et surtout pacifique.

Sur le plan économique et social, le parti déplore que la récession soit sévère en RDC et que plusieurs grands projets ambitieux visant l’autonomie alimentaire aient lamentablement échoué. Elle a cité l’exemple du parc agro-industriel de Bukanga Lonzo, lancé en grande pompe en 2014, qui est maintenant à l’arrêt alors que des accords économiques très contestés, destinés à générer du cash à bref délai, continuent à être conclus. « Dans les parcs des Virunga et de la Salonga, des sociétés pétrolières ont été autorisées à entamer des prospections, des informations font état de vente à la Chine d’espèces protégées et en voie de disparition, comme les Okapi. Les abus de pouvoir se poursuivent comme à Mborero, un village du Sud-Kivu situé dans un site touristique au bord du lac », a soutenu la DC, qui ajoute que la population congolaise ne reçoit aucun dividende de l’embellie des cotations de certains minerais comme le cobalt. A en croire ce parti, la paupérisation du peuple congolais est manifestement une stratégie pour faciliter les achats de consciences. « Ce qui est contraire à un processus électoral crédible et sain », a-t-elle dit.

Ajoutant la situation diplomatique de plus en plus tendue aux constats faits, le bureau politique de la DC est convaincu que participer à un processus vicié, caractérisé par la méfiance, l’exclusivité et le manque de crédibilité, miné par un environnement politique, sécuritaire, diplomatique et humanitaire désastreux, serait contraire à sa ligne politique, tracée par son président national.

Cette formation politique a donc dit refuser d’accompagner Joseph Kabila dans « sa tentative permanente de miner le processus de démocratisation, par la répression politique, l’instrumentalisation de la justice,  le non-respect de ses engagements politiques et diplomatiques mais aussi et surtout par sa volonté de saper le principe de la redevabilité politique ainsi que celui de l’alternance ».  Appelant le peuple congolais à ne pas accompagner une théâtralisation de la démocratie qui ne lui apportera rien en matière de paix, de développement et d’amélioration de sa situation humanitaire, sociale et économique, le parti,« doutant qu’encore une fois le régime Kabila profite de ce conteste nuageux pour ne pas organiser les élections dans le délai imparti, la DC a pris la ferme décision de ne pas participer à ce processus électoral piégé, non crédible et menaçant la paix, en RDC ».

 

Lucien Dianzenza
LE COURRIER DE KINSHASA, 02.08.18
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