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Les médias muselés en RDC / RFI

Des membres de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) dépouillent des bulletins après les élections, à Kinshasa le 30 décembre 2018. REUTERS/Baz Ratner

Au lendemain des élections générales, silence radio : internet et téléphone coupés, de même que la diffusion de RFI.

Les médias et la société civile protestent. Ainsi, relate le site congolais Actualité.cd, « la Synergie des missions d’observation citoyenne des élections appelle le gouvernement à rétablir Internet, coupé ce lundi 31 décembre. La Conférence épiscopale nationale du Congo (la Cenco)demande également au gouvernement de rétablir Internet ».

Par ailleurs, rapporte le site de Radio Okapi, « l’association des médias en ligne de la RDC dénonce la coupure d’internet décidé hier par le gouvernement. Son président, Israël Mutala, parle d’une décision « regrettable » et « liberticide ». »

Vive réaction également de la communauté internationale, pointe Cas-Info, autre site congolais établi à l’étranger : « les États-Unis, le Canada, la France et plusieurs pays européens s’expriment sur la situation en RDC. Dans un court message de leurs missions diplomatiques, ils appellent au calme, au lendemain des élections […] et demandent au gouvernement congolais de ne pas bloquer les moyens de communication et notamment l’accès à internet, ainsi que les médias. Les Congolais ont été privés d’internet ce lundi, déplore Cas-Info, au lendemain d’élections marquées par plusieurs couacs et dysfonctionnements. Difficile de suivre l’évolution de la situation dans cette période cruciale d’attente des résultats. »

Crispation

Commentaire d’Afrikarabia, site spécialisé sur la RDC : « la coupure d’internet et des SMS une bien vilaine habitude en République démocratique du Congo. Celle des régimes autoritaires qui se crispent dès que la tension est un peu trop forte. Et visiblement, la tension est un peu trop pesante pour les autorités congolaises après le scrutin chaotique de dimanche. […] » Ces coupures, précise Afrikarabia, sont intervenues au moment où les internautes commençaient à diffuser en masse sur Twitter et WhatsApp les procès-verbaux de résultats de dépouillement de certains bureaux de vote. La toile a rapidement été inondée de ces premiers résultats partiels, relayés essentiellement par les partis d’opposition.

Des résultats qui témoignaient tous de la forte avance des candidats de l’opposition, Martin Fayulu (à Kinshasa et Lubumbashi) et de Félix Tshisekedi (dans les Kasaï), face au dauphin désigné par Joseph Kabila pour lui succéder, Emmanuel Ramazani Shadary. « […] Visiblement, conclut Afrikarabia, le pouvoir congolais souhaite pouvoir organiser ses élections seul, et contrôler ses résultats à l’abri des regards extérieurs des institutions et des médias internationaux. Un scrutin sans témoins et à huis clos, dont le pouvoir semble vouloir maîtriser la communication, au moment crucial et très explosif que sera l’annonce des résultats. Un moment redouté par tous, en cas de victoire du candidat du pouvoir. »

Huis-clos

Il faut rajouter à tout cela le fait que Kinshasa a décidé de renvoyer l’ambassadeur de l’Union européenne, dont les observateurs n’avaient pas été autorisés à venir surveiller le scrutin de dimanche.

« A vrai dire, relève Aujourd’hui au Burkinacette insistante demande de rappel de diplomate européen par la RDC n’est pas une surprise, surtout en ces temps d’élections, que le pouvoir souhaite à huis-clos, sans yeux externes pour « épier », surtout pas européens. Chauvinisme chevillé au corps et nationalisme ombrageux ont toujours été un discours auquel recourt le pouvoir pour régler certaines questions embarrassantes à l’égard d’une Union européenne qui n’a jamais fait mystère de voir l’alternance devenir une réalité en RDC. »

Enfin, commentaire désabusé également de Wakat Séra :

« RDC : silence, on dépouille à huis-clos ! Réseau internet, SMS, RFI coupés. Témoins chassés des bureaux de vote. Observateurs électoraux des grandes institutions absents car interdits par les autorités congolaises. Ainsi se déroulent les votes en République démocratique du Congo, où le dépouillement des bulletins se poursuit. Tout se passe dans ce pays, relève encore Wakat Séra, comme si quelqu’un voulait cacher quelque chose aux populations congolaises. »

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