Aller au contenu principal

Archives de

A INDIANAPOLIS, RUBERWA RECITE ENCORE LE BREVIAIRE DU RCD-GOMA, AU NOM DE SES DIEUX,KAGAME ET KABILA

Ancien chef du RCD-Goma, vice-président de la transition, puis inamovible ministre de la Décentralisation jusqu’en 2021, il a repris, le 3 octobre 2026, lors d’un rassemblement de prière de la diaspora à Indianapolis, le récit qui a justifié vingt-cinq ans d’ingérence rwandaise dans l’est du Congo.

Azarias Ruberwa incarne le recyclage le plus réussi de la rébellion rwandaise en RDC : le juriste qui a habillé l’occupation, puis le notable qui continue d’en porter le récit.

Secrétaire général du RCD-Goma à partir d’octobre 2000, puis chef du mouvement, il n’a pas été un figurant. Le RCD-Goma était le relais politique et militaire de Kigali dans l’est du Congo. Sous son autorité politique, cette structure a contrôlé des territoires, des administrations et des forces dont les exactions — massacres de civils, exécutions, viols, pillages — sont consignées dans le Rapport Mapping des Nations Unies et dans une série d’enquêtes indépendantes. Les événements de Kisangani en mai 2002, où la répression d’une mutinerie par les forces du RCD-Goma a tourné au carnage civil, restent l’un des épisodes les plus cités de cette période. Ruberwa n’a pas été jugé personnellement pour avoir pressé la détente ; il a dirigé l’appareil politique d’une rébellion dont les troupes et les alliés rwandais ont commis ces crimes à grande échelle, sans jamais en rendre compte.

La transition de 2003-2006 lui a offert le fauteuil de vice-président. C’était le prix de la paix imposée, pas une absolution. Il a négocié, siégé, puis glissé vers les ministères, tout en conservant intacte la grille de lecture qui avait justifié la guerre : Kinshasa persécute, Kigali protège, les griefs communautaires des Banyamulenge légitiment l’ingérence.

Vingt ans plus tard, le discours d’Indianapolis du 3 octobre 2026 reprend exactement cette même partition.

Portrait flatteur pour Kabila, accusations contre l’armée congolaise, élargissement opportun du propos aux « swahiliphones » censés être marginalisés : rien sur le bilan du RCD, rien sur la chaîne documentée RCD–CNDP–M23, rien sur le rôle du Rwanda que les rapports de l’ONU continuent d’établir.

Le procédé est ancien et efficace. On transforme une revendication liée à des rébellions soutenues de l’extérieur en cause humanitaire universelle, on invoque la prière et la patience des générations, et l’on se présente en avocat de Washington plutôt qu’en ancien chef d’une rébellion occupante. Ruberwa n’a pas créé le M23.

Il lui fournit, depuis l’extérieur, la caution morale et le langage de la victime permanente.

C’est moins le discours d’un congolais que celui d’un notaire à la nationalité et loyauté discutables, disciple de la fragmentation : celui qui a su passer de l’AFDL au RCD, du treillis au costume, sans jamais rompre avec les intérêts stratégiques qui ont fait sa carrière.

On peut prier à Indianapolis. On peut invoquer Néhémie, les générations futures et le jour où plus personne ne serait marginalisé.

Cela ne lave pas son parcours. Ruberwa a dirigé le RCD-Goma quand cette rébellion, adossée à Kigali, tenait l’est du Congo. Kabila en a fait un vice-président, puis un ministre inamovible de la Décentralisation. Il n’a jamais pipé mot pour la repression de Kabila, il n a jamais soutenu la libération des 700 prisonniers politiques embastillés par son idole!

Le 3 octobre 2026, sous couvert de prière, il a repris le même récit : Kinshasa coupable, Kigali absente et oubliée dans ses responsabilités directes dans la tragédie congolaise, les « swahiliphones » devenus une « communauté » en otages d’un grief qui ne dit pas son nom.

Le costume a changé. Le mandat, non.

Tant que ce discours justifiera la guerre contre le Congo, l’Est de notre pays doit rester – selon lui – ce qu’il est depuis 30 ans : un territoire que l’on fragmente, on pille, on martyrise au nom de ceux que l’on prétend sauver, par des « libérateurs » aux mains tachées de sangs, toujours les mêmes, depuis 30 ans. Mais Ruberwa oublie un paramètre: ses mensonges ne passent plus, ni en RDC ni à Indianapolis.

Eugène Diomi Ndongala,

Démocratie Chrétienne, DC,

Les Patriotes