LUANDA, WASHINGTON, KINSHASA : LE TRIANGLE QUI ISOLE KIGALI ET SES PROXYS
Le 27 août 2026, Félix Tshisekedi annonce un Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État. Consultations provinciales, assises à Kinshasa, trois mois maximum. Inclusif, sous frome de pyramide inversée, sauf pour ceux qui tiennent encore les armes ou servent une puissance étrangère. L’AFC/M23 et ses associés restent à Doha.

Quatre jours plus tard, Washington et Luanda parlent d’une même voix. Aux États-Unis, Massad Boulos salue un processus « inclusif et constructif ».
À Luanda, João Lourenço fait de même. Mais sa parole n’est pas celle d’un simple voisin. Depuis le 28 mai 2022, au 16ᵉ sommet extraordinaire de l’UA à Malabo, consacré au terrorisme et aux changements inconstitutionnels de gouvernement, il est Champion de l’Union africaine pour la paix et la réconciliation en Afrique. Le titre reconnaît l’expérience angolaise — trois décennies de guerre, puis une paix construite par le dialogue — et mandate Lourenço pour porter, au nom du continent tout entier, les efforts de prévention et de règlement des conflits.
C’est précisément dans ce rôle qu’il a convoqué, les 29 et 30 août 2026 à Luanda, la 21ᵉ session extraordinaire de l’UA sur le renforcement des mécanismes africains de prévention des conflits. Devant ses pairs, le Champion de la paix salue « l’annonce du prochain dialogue intercongolais inclusif ».
Le lieu, le mandat et le thème du sommet donnent à sa déclaration une portée continentale, pas seulement bilatérale.
Cette convergence suit la visite de Lourenço à Kinshasa, le 26 août, consacrée au Corridor de Lobito. Elle clôt aussi des mois de friction : l’Angola avait proposé un cadre plus large, incluant des acteurs armés. Kinshasa avait refusé. Désormais, le Champion s’aligne sur le format souverain voulu par Tshisekedi.
Géostratégiquement, le signal isole davantage Kigali.
L’Afrique, par son Champion pour la paix de l’UA, valide une solution souveraine.
Les États-Unis, déjà impliqués dans les Accords de Washington, apportent leur caution.
Une partie de l’opposition, taxée de partager l’agenda de Kigali et du M23, notamment la coalition Article 64, dénonce un hold-up et appelle à la rue. Elle réclamait le dialogue. Elle en refuse le format.
Pendant que cette opposition radicalisée multiplie communiqués et menaces, deux capitales stratégiques ont déjà tranché.
Luanda, le Champion africain de la paix et Washington ont parlé.
Le chien aboie, la caravane diplomatique passe, alors que les proxys militaires et politiques de Kigali sont de plus en plus isolés.
Eugène Diomi Ndongala,
Démocratie Chrétienne, DC






