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STABILITE D’ABORD, POLITIQUE ENSUITE : LE MESSAGE EXPLICITE DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE A LA RDC

Stabiliser le Congo et faire avancer les Accords de Washington passent avant toute intervention dans les affaires politiques internes

La communauté internationale a tranché : la paix d’abord, la politique intérieure ensuite.

Ce 15 août 2026, alors qu’un énième ultimatum d’une coalition de l’opposition expire à Kinshasa, un message clair et sans ambiguïté émane de la scène internationale.

Il ne se lit pas dans de grands discours tonitruants, mais dans un silence calculé et dans des prises de position très précises.

Malgré les agitations de certaines personnalités qui ont choisi de s’établir à l’étranger, manifestement la communauté internationale refuse toute ingérence intérieure dans les affaires congolaises.

Ce message, les Congolais doivent l’entendre avec lucidité :

la communauté internationale a choisi de prioriser la stabilité et le processus de paix dans l’Est, tout en refusant de s’immiscer dans les querelles politiques internes.

Depuis plusieurs semaines, le débat constitutionnel, la loi référendaire et de prétendus ultimatums en série d’une partie de l’opposition occupent le devant de la scène nationale. Pourtant, du côté de Washington, de Bruxelles, de Paris, d’Addis-Abeba ou de Pretoria, le silence est presque total sur ces questions.

Aucune condamnation, aucun soutien officiel, aucune mise en garde publique.

Le Groupe de contact international pour les Grands Lacs, les États-Unis, l’Union européenne et l’Union africaine observent, mais ne s’engagent pas. Ils traitent le feuilleton des diatribes entre le pouvoir et opposition comme une affaire purement congolaise.

En revanche, dès qu’il s’agit de l’Est du pays, le ton change radicalement.

Les mêmes acteurs multiplient les déclarations, les réunions et les exigences. Le sixième Mécanisme conjoint de coordination de la sécurité à Genève a été salué. Le plan de désarmement des FDLR présenté par Kinshasa a été accueilli avec attention, tout en demandant un calendrier précis et une mise en œuvre rapide. Les échanges de prisonniers avec l’AFC/M23 ont été qualifiés de mesures de confiance. Cyril Ramaphosa a rappelé que la situation dans l’Est reste « la plus grave épreuve de notre détermination collective ». Massad Boulos, pour les États-Unis, a publiquement accueilli les progrès des Accords de Washington.

Ce contraste n’est pas un hasard. Il traduit une stratégie délibérée.

La communauté internationale a décidé que la priorité absolue est de stabiliser le pays et d’empêcher que le conflit de l’Est ne dégénère davantage. Elle refuse de donner l’impression de prendre parti dans un débat politique interne qui pourrait, s’il s’envenime, fragiliser encore plus les institutions et ouvrir la voie à de nouvelles tensions.

En d’autres termes : la paix et la stabilité d’abord ; les questions de mandat, de Constitution et de dialogue national ensuite, et seulement si elles ne menacent pas l’équilibre global.

Pour les Congolais, ce message doit être assimilé avec réalisme.

Il signifie d’abord que personne, à l’extérieur, ne viendra trancher à leur place le débat sur la Constitution ou le troisième mandat. Ni Washington, ni Bruxelles, ni l’Union africaine ne joueront les arbitres.

Ce combat, s’il doit se mener, se mènera entre Congolais. Ensuite, il signifie que toute escalade politique risquant de déstabiliser le pays sera mal vue.

La communauté internationale tolère les tensions, mais pas le chaos.

Enfin, il confirme que le processus de Washington et la neutralisation des groupes armés restent le véritable baromètre de l’intérêt international pour la RDC.

Dans un pays déjà confronté à une épidémie d’Ebola sans précédent et à une guerre qui a coûté des milliers de vies, ce positionnement international n’est pas anodin.

Il rappelle une vérité simple et parfois difficile à entendre par certains:

le monde regarde d’abord si le Congo tient debout, avant de regarder qui le dirige et selon quelle Constitution. La stabilité politique et la paix dans l’Est ne sont pas des options. Elles sont, aux yeux de la communauté internationale, les conditions minimales pour que le pays continue d’exister comme acteur crédible.

Le message est donc clair.

À ceux qui pensent que l’extérieur tranchera le débat politique interne, il répond : non.

À ceux qui croient que l’on peut continuer à polariser le pays sans conséquences, il répond : attention.

Et à tous les Congolais, il lance un appel implicite mais puissant :

priorisez la stabilité et la paix, car c’est sur ces deux piliers que le reste – y compris les questions de pouvoir – pourra un jour se construire durablement.

Et c’est aussi mon point de vue, depuis toujours.

Eugène Diomi Ndongala,

Démocratie Chrétienne, DC

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