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FAYULU VEUT DIALOGUER AVEC LE M23. DE GAULLE, LUI, A REFUSE VICHY: ON NE NEGOCIE PAS AVEC LES AUXILIAIRES DE L’ENVAHISSEUR.

Composer avec les collaborateurs : le raisonnement insensé de Martin Fayulu face à l’histoire

Martin Fayulu vient de le dire clairement, à Paris, le 19 août 2026 : « Le M23, c’est le Rwanda, vous le savez. Mais dans le M23 il y a des Congolais. Comment vous allez régler les problèmes si vous ne discutez pas avec eux ».

La phrase est limpide. Elle contient à la fois l’aveu et la conclusion. L’aveu : le M23 n’est pas un mouvement purement congolais, c’est le bras armé d’un État voisin. La conclusion : puisqu’il y a des Congolais dedans, il faudrait les asseoir à la table, et par extension le Rwanda lui-même.

Ce raisonnement n’est pas nouveau. Il a déjà été tenté, dans d’autres circonstances, par d’autres hommes. Et l’histoire en a déjà jugé la valeur. Voici un parallèle historique saisissant.

Rappelez-vous 1940-1944. La France est occupée. Un régime français, celui de Vichy, collabore avec l’Allemagne nazie. Des Français portent l’uniforme, signent des lois, livrent des compatriotes, administrent le pays au nom de l’occupant. Il y a donc, formellement, « des Français » dans le dispositif de collaboration. Faudrait-il, pour autant, que le général de Gaulle ait composé avec eux à la Libération ? Qu’il ait dit : « Vichy, c’est l’Allemagne, mais il y a des Français dedans. Comment voulez-vous régler les problèmes sans eux ? ».

De Gaulle a refusé. Net. Sans ambiguïté.

Pour lui, Vichy n’avait jamais été la France. L’ordonnance du 9 août 1944 le proclame noir sur blanc : les actes de Vichy sont nuls et non avenus. La République n’avait jamais cessé d’exister, portée par la France libre. Les collaborateurs, qu’ils soient français de sang ou non, n’avaient aucun titre à négocier la place qu’ils occuperaient dans la France libérée. On les a jugés, purgés, parfois exécutés. On n’a pas « dialogué » avec eux pour savoir comment partager le pouvoir après l’occupation.

Pourquoi ? Parce que la présence de nationaux dans un appareil de collaboration ne change rien à la nature de l’acte.

Un collaborateur reste un collaborateur. Un agent local de l’envahisseur reste un agent local de l’envahisseur. Leur nationalité d’origine ne leur confère pas une légitimité politique ; elle aggrave au contraire la trahison.

Le parallèle avec le M23/AFC est presque parfait.

Fayulu reconnaît lui-même que « le M23, c’est le Rwanda ». Les rapports des Nations unies, les témoignages militaires, les faits sur le terrain confirment depuis des années le soutien massif de Kigali en hommes, en armes, en logistique et en commandement.

Que des Congolais y figurent ne transforme pas une agression étrangère en simple conflit interne. Cela en fait une agression qui dispose d’auxiliaires locaux.

Exactement comme Vichy disposait de Français pour administrer le pays au nom de Berlin.

Accepter de « discuter avec eux » sur cette base, c’est déjà leur reconnaître une place à la table de la nation, alors que des discussions se tiennent à Doha, dans le cadre du processus de paix et d’un Accord Cadre aux contours déjà définis.

C’est transformer des hommes d’armes au service d’une puissance étrangère en interlocuteurs politiques légitimes. C’est ouvrir la porte à la négociation de l’intégrité territoriale elle-même.

C’est exactement ce que de Gaulle a refusé de faire, parce qu’il savait que la souveraineté ne se négocie pas avec ceux qui l’ont aidée à être piétinée.

Le raisonnement de Martin Fayulu n’est donc pas seulement faible. Il est dangereux.

Il confond inclusion nationale et légitimation de la collaboration.

Il transforme une évidence militaire (« le M23, c’est le Rwanda ») en prétexte pour diluer la responsabilité de l’agresseur et de ses relais. Et il le fait au moment précis où des millions de Congolais ont payé, et continuent de payer, le prix de cette occupation.

L’histoire, elle, a déjà tranché. On ne reconstruit pas un pays libre en s’asseyant avec ceux qui ont aidé à le soumettre. On les désarme, on les juge, on restaure la souveraineté.

Ensuite seulement, on reconstruit. De Gaulle l’a compris. Le Congo, s’il veut rester un pays, devrait le comprendre aussi.

Eugène DIOMI NDONGALA,

Démocratie Chrétienne, DC

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