Aller au contenu principal

SANS MASSE CRITIQUE, LA C64 A MARCHE SEULE, SANS LE PEUPLE

Le 15 septembre 2026 à Kinshasa n’a pas été le jour où la C64 a fait basculer la capitale. Ce fut le jour où ses contradictions sont descendues dans la rue – et où la rue n’a pas suivi.

La Coalition Article 64 avait convoqué le peuple contre tout projet de changement de Constitution. Elle avait exigé le dialogue comme ultime recours, puis l’avait vomi dès qu’il n’était plus le sien et les rebelles de proxy M23 et leurs alliés n’étaient pas invités.

Félix Tshisekedi a ouvert un « Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État » : consultations dans les provinces d’abord, assises ensuite, ligne rouge claire – on ne s’assoit pas les armes à la main, en occupant le territoire ou au service d’une puissance étrangère. Surtout que la Constitution que le C64 pretend defendre, ne le permet pas ! La C64 a préféré la date symbolique, le cortège, le mot d’ordre. Marcher, oui. Dialoguer à la base, dans le cadre en gestation, non.

Le peuple serait bon pour marcher, à la commande de certains politiciens, mais pas être le protagoniste de la démocratie directe appelée par le Chef de l’ Etat, dans un Dialogue prenant la forme, desormais celebre, d’une Pyramide Inversée.

Le résultat, ce mardi, est conforme à ce qu’ Eugène Diomi Ndongala avait déjà diagnostiqué : les actions restent partielles.

À l’Échangeur de Limete et au rond-point Moulaert, ce sont des militants de partis – ECiDé, Ensemble, Alliance pour le Changement, Envol, LGD et théoriquement une « soixantaine d’autres »…- qui se sont rassemblés, drapeaux en main, chants hostiles au régime. Africanews et l’AFP parlent de centaines de personnes. Radio Okapi décrit « plusieurs militants ». La circulation restait fluide sur le boulevard Lumumba. Les activités quotidiennes continuaient dans une ville de quinze à plus de vingt millions d’habitants. Aucun leader majeur n’était encore là à 10 h 30. Plus tard, des heurts avec des relais UDPS à Limete, accusations de provocations, cortège interrompu par endroits, gaz, blessés revendiqués par l’opposition, dans un jeu continuel de victimisation.

Pas une ville morte. Une ville qui a regardé passer un cortège partisan, qui n’a jamais rejoint la « masse critique » qui aurait tout changé !

En provinces, le tableau est encore plus cruel pour la thèse de la « déferlante » : Kananga une petit regroupement dispersée au lacrymogène, Kisangani étouffée, Lubumbashi interdite, Matadi bloquée, Mbuji Mayi rien du tout, Kindu presque rien. La C64 a obtenu que Kinshasa autorise un itinéraire négocié – loin du Parlement, vers le boulevard Triomphal. Elle n’a pas obtenu la masse critique des kinois.

C’est là que l’ambiguïté devient une condamnation.

On veut utiliser la population pour marcher, pas pour dialoguer.

On brandit un alinéa de l’article 64, en oubliant un deuxième, on fixe des ultimatums, on annonce des plaintes qui ne sont pas déposées, des sit-in qui exigent une masse critique qu’on n’a pas. On refuse le cadre national au nom de la pureté constitutionnelle, tout en restant une coalition hybride : figures qui ont traversé des alliances, des silences, des proximités que le Kinois ordinaire lit comme de la continuité, pas comme une rupture. La Constitution est revendiquée quand elle convient au regroupement politique, mais quand elle interdit de soutenir ou partager l’agenda de la rébellion de proxy ou de lui donner une légitimation politique, ses articles sont oubliés !

Tant que cette clarification n’existe pas défense sans détour de l’intégrité territoriale, reconquête prioritaire de l’Est, rejet net des compromissions passées et des ambiguïtés avec ceux que le peuple associe à la guerre et à la trahison, plus une exigence réelle de bonne gouvernance le souverain primaire ne prend pas le risque de se faire instrumentaliser, pour une cause qui ne vaut pas la peine.

Le Président Diomi Ndongala l’avait écrit :

sans ligne droite, pas de masse critique.

Les gens ne descendent pas pour servir de décor à une opposition qui leur demande la rue tout en fuyant la table où se discute, précisément, la cohésion et la refondation de l’ état. Ils se méfient de ceux qu’ils soupçonnent de jouer sur deux tableaux. Cette méfiance n’est pas un caprice. C’est une mémoire.

La C64 a donc fait ce qu’elle savait faire : réunir ses réseaux, occuper un ou deux points de la capitale, produire des images, dénoncer la répression dès que le rapport de force tourne.

Elle n’a pas fait ce qu’elle prétendait : démontrer une adhésion populaire capable d’imposer un rapport de force.

Dans une mégapole de cette taille, quelques centaines ou même un millier de militants ne sont pas le peuple.

Ce sont les troupes disponibles d’une opposition radicalisée qui a choisi le refus doctrinal plutôt que le travail de conviction à la base.

À l’inverse, une force qui assume sans ambiguïté la défense du territoire, la priorité de la reconquête, le rejet des compromissions et la gouvernance peut, un jour, créer cette masse critique qui accepte de marcher parce qu’elle reconnaît enfin une ligne et une cohérence, dans la défense de ses droits.

Ce 15 septembre, cette ligne n’était pas dans les cortèges de Limete. Elle était dans le diagnostic que la C64 refuse encore d’entendre : l’ambiguïté du combat ne mobilise pas.

Cette ambiguïté isole. Et elle transforme chaque marche et manifestation en preuve involontaire de sa propre impuissance.

Démocratie Chrétienne, DC,

Les Patriotes, LP

Aucun commentaire pour le moment

Commentaire :