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RDC : L’UNION AFRICAINE, L’ONU ET WASHINGTON PARLENT DESORMAIS D’UNE MEME VOIX

En une semaine, entre New York et Washington, trois enceintes ont tenu le même langage : les troupes rwandaises doivent quitter le sol congolais. Le Conseil de sécurité l’exige, le président en exercice de l’Union africaine le réclame, le futur ambassadeur américain à Kigali le conditionne. Pour Kigali, l’étau diplomatique se resserre.

New York, fin septembre 2026. Au pupitre de la salle de presse du Conseil de sécurité, devant le fond bleu familier, Jérôme Bonnafont, Ambassadeur de la France à l’Onu, lit l’un de ses derniers textes en tant que président du Conseil de Sécurité. Le ton est mesuré, comme le veut l’exercice. Le fond, lui, ne l’est pas.

Car derrière la prose onusienne se dessine un fait politique majeur. Pour la première fois depuis longtemps, les Nations unies, l’Union africaine et les États-Unis convergent sur un même diagnostic : sans désengagement des forces rwandaises, il n’y aura pas de paix dans l’Est de la République démocratique du Congo.

L’ONU : quinze voix, un seul message

Le 29 septembre, les membres du Conseil entendent l’exposé du chef de la MONUSCO, James Swan. Le texte lu ensuite ne laisse aucune ambiguïté. Le Conseil « exige » la mise en œuvre intégrale, immédiate et inconditionnelle de la résolution 2773, adoptée en février 2025.

Puis vient la phrase qui compte. Les membres du Conseil réitèrent leur appel aux forces de défense rwandaises : cesser tout soutien au M23, se retirer du territoire congolais « immédiatement et sans conditions ».

Chaque mot pèse. Ces éléments de presse exigent l’accord des quinze membres, y compris de ceux qui ménagent d’ordinaire Kigali. Le verbe « réitérer » dit le reste : l’appel a déjà été lancé, il n’a pas été entendu.

Le Conseil salue aussi l’achèvement des deux premières missions du mécanisme conjoint de vérification élargi, à Minembwe et à Masisi. Il rend hommage au rôle de l’Union africaine et de la CIRGL. Le multilatéralisme africain et onusien avance désormais en tandem.

L’Union africaine : « nous sommes dans l’impasse »

Quelques jours plus tôt, en marge de la 81e Assemblée générale, Évariste Ndayishimiye s’assoit face aux caméras de France 24. Président du Burundi, il parle aussi en tant que président en exercice de l’Union africaine. Son constat est sec : plus de six mois après les accords de Washington, les troupes rwandaises ne sont pas parties.

Sa logique est celle de tout cessez-le-feu crédible. Un accord signé ne vaut rien sans désengagement des forces. Tant que les armées restent face à face, le risque d’affrontement demeure. Pour lui, la paix au Congo commence par un geste du Rwanda en faveur du désengagement.

L’écho avec New York est frappant. Ce que le Conseil formule en langage diplomatique, le président en exercice de l’UA le dit sans détour. Deux enceintes, deux registres, une même exigence.

Washington : la relation passe par le respect des engagements

Le 24 septembre, au Sénat américain, Nicholas Checker passe son audition de confirmation. Ancien de la CIA et du Bureau des affaires africaines, il a été choisi par Donald Trump pour représenter les États-Unis à Kigali. Les sénateurs l’interrogent sur les accords de Washington entre le Rwanda et la RDC.

Sa réponse fixe le cadre. Le succès de l’accord dépendra d’une conformité totale et vérifiable de toutes les parties. Les États-Unis veulent une relation forte avec le Rwanda, dit-il, mais Kigali doit d’abord tenir ses engagements envers le président Trump.

Le message est limpide : la qualité de la relation bilatérale dépend désormais du respect des accords. Checker ne reprend pas la formule onusienne du retrait « sans conditions ». Il reste dans le cadre séquencé de Washington mais la direction est la même : c’est à Kigali que l’on demande des actes et d’arrêter de déstabiliser la RDCongo.

Le dossier FDLR : Kinshasa a bougé et le prétexte se vide

Depuis des années, Kigali justifie sa présence militaire par la menace des FDLR, héritières des génocidaires de 1994. Or le texte du Conseil enregistre un mouvement côté congolais. Il prend note de la lettre de la RDC du 24 septembre sur le désarmement, le cantonnement et le rapatriement des FDLR, étendu à tous leurs groupes. Il appelle à la mise en œuvre rapide du protocole. Kinshasa, en d’autres termes, vide le prétexte FDLR.

Ndayishimiye va plus loin. Il salue le travail de localisation des combattants FDLR mené par Kinshasa. Puis il retourne l’argument : une partie de ces unités se trouve dans des zones contrôlées par l’AFC/M23 et le Rwanda. Comment Kinshasa pourrait-il neutraliser des combattants situés hors de son contrôle ?

Le Conseil, lui, tient les deux fils côte à côte : neutralisation des FDLR et retrait des RDF, chacun « conformément à la résolution 2773 ». Mais il ne fait pas du premier une condition du second, et, bien au contraire, souligne la nécessité d’un retrait inconditionnel des RDF de la RDCongo. C’est tout l’enjeu politique du moment.

L’heure des actes

Reste un fait difficile à contourner. Le Conseil de sécurité, le président en exercice de l’Union africaine et le futur ambassadeur américain à Kigali regardent désormais dans la même direction.

Chacun avec ses mots et ses nuances, tous attendent un geste de Kigali.

Il ne reste à Kigali qu’une voie conforme au droit international et retirer ses troupes de la RDCongo.

Eugène Diomi Ndongala,

Démocratie Chrétienne, DC

Les Patriotes


DECLARATION DU CONSEIL DE SECURITE DE L ONU DU 29/09/2026 VOIR LA TRANSCRIPTION EN BAS PAGE

VERBATIM

Les membres du Conseil de sécurité se sont réunis le 29 septembre 2026 et ont entendu un exposé du représentant spécial du Secrétaire général et chef de la MONUSCO, James Swan, sur la situation en République Démocratique du Congo. Les membres du Conseil de sécurité se sont félicités de l’achèvement des deux premières missions du mécanisme conjoint de vérification élargie plus de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, dans les zones de Mimambwe et de Masisi, et dans l’est de la République démocratique du Congo. Ils ont salué l’assistance fournie par la MONUSCO, conformément à son mandat, ainsi que le rôle joué par l’Union africaine, la CIRGL et les partenaires internationaux. Les membres du Conseil de sécurité ont appelé toutes les parties à respecter et à honorer leur obligation de cesser immédiatement les hostilités. Les membres du Conseil de sécurité ont exprimé leurs profondes préoccupations, face aux conséquences humanitaires du conflit persistant dans l’Est de la République Démocratique du Congo, ainsi qu’à l’épidémie d’Ebola en cours. Ils ont appelé à un soutien accru au plan révisé de réponses et de besoins humanitaires pour 2026. En outre, les membres du Conseil de sécurité ont appelé toutes les parties à se conformer à leurs obligations au titre du droit international humanitaire et à garantir un accès humanitaire sûr, rapide et sans entrave. Les membres du Conseil de sécurité ont exigé la mise en œuvre intégrale, immédiate et inconditionnelle de la résolution 27/73/2025.

Ils ont pris note de la lettre datée du 24 septembre 2026, émanant de la République Démocratique du Congo, concernant le processus de désarmement, de démobilisation et de cantonnement et de rapatriement des FDLR, ainsi que son extension à tous les groupes FDLR. Ils ont pris note du protocole et appelé à sa mise en oeuvre rapide afin de parvenir à une neutralisation effective des FDLR, conformément à la résolution 2773.

Les membres du Conseil de sécurité ont réitéré leur appel aux forces de défense du Rwanda pour qu’elles cessent tout soutien au M23 et se retirent immédiatement et sans conditions du territoire de la RDC, conformément à la résolution 2773.

Les membres du Conseil de sécurité ont appelé les parties à faire avancer les processus politiques et sécuritaires en cours afin d’instaurer une paix durable dans l’Est de la République Démocratique du Congo et dans la région des Grands Lacs. Les membres du Conseil de sécurité ont réitéré leur plein soutien à la MONUSCO pour les efforts qu’elle continue de déployer afin de maintenir la paix et la sécurité dans l’Est de la RDC conformément à son mandat.

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