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L’HISTOIRE NE SE RECYCLE PAS : POURQUOI LE FRN/M23 DE KABILA N’EST PAS L’AFDL DE 1997

Face à la volonté hégémonique persistante du Rwanda et à ses pantins successifs, la conscience congolaise et le contexte international ont changé. Les parallèles forcés entre Tshisekedi et Kabila, comme entre le FRN/M23 et l’avancée de 1997, occultent une réalité nouvelle : les aventures « révolutionnaires » de circonstance ne passent plus aussi facilement.

Les parallèles qu’on force entre Tshisekedi et Kabila, comme ceux qui assimilent le FRN/M23 à l’avancée de l’AFDL en 1997, sont faux.

L’histoire ne se répète jamais à l’identique. Elle rime parfois, mais les rapports de force, les contextes et les équilibres changent. Vouloir les superposer, c’est se tromper d’époque et de réalité.

Tshisekedi n’est pas Kabila. Kabila fils est un produit de la conquête armée. Il arrive au pouvoir dans le sillage de l’AFDL, fils putatif du chef de la rébellion qui a balayé Mobutu, héritier autoproclamé d’un régime né de la force et d’une succession familiale.

Son pouvoir s’est construit et prolongé dans un cadre où les règles institutionnelles étaient encore malléables ce qui a permis de rester au pouvoir – souvent par la force – pendant 18 ans.

Tshisekedi, lui, vient d’ailleurs : de l’opposition politique, de l’UDPS, de la filiation d’un combat démocratique. Il accède au pouvoir par le scrutin, dans un cadre constitutionnel qui n’a plus rien à voir avec 1997 ou 2001.

Coalition de circonstance, puis rupture : cela ne les rend pas interchangeables. Les légitimités, les bases, les réseaux et les contraintes ne sont pas les mêmes. Les assimiler, c’est effacer ces différences et réduire la politique congolaise à un théâtre de personnalités identiques.

Le parallèle entre le FRN/M23 et l’AFDL de 1997 est encore plus trompeur.

En 1996-1997, l’AFDL, massivement soutenue par le Rwanda et l’Ouganda, a profité d’un État zaïrois en déliquescence totale. L’armée de Mobutu s’effondrait, le régime était profondément affaibli et impopulaire, et la marche vers Kinshasa s’est faite rapidement parce que la résistance organisée avait cédé. Le contexte régional post-génocide a ouvert une fenêtre unique, et une partie de la communauté internationale a laissé faire, voire accompagné, le renversement.

Aujourd’hui, rien de comparable. Le FRN/M23/ADF, qui prolonge l’AFC/M23 et place désormais Kabila lui-même en tête, tient des territoires dans l’Est et mène des combats, mais il n’a pas la dynamique d’une conquête nationale rapide. Les FARDC existent encore comme force organisée en reconstruction, après les infiltrations historiques.

Surtout, le contexte international ne se prête plus à avaliser passivement le piétinement de la souveraineté d’un État pour assouvir des agendas prédateurs.

Les sanctions américaines se sont escaladées:

contre des éléments rwandais et le M23, puis contre Joseph Kabila lui-même pour son soutien à l’AFC/M23, et plus récemment encore contre le ministère rwandais de la Défense et des institutions financières liées, jusqu ‘ à arriver à l’ exclusion du Rwanda de l’AGOA, pour violation des principes démocratique et l’agression de la RDC.

Le 30 octobre 2026, le Groupe de contact international pour la région des Grands Lacs (États-Unis, France, Union européenne, Royaume-Uni, Allemagne et autres) a rejeté catégoriquement la poursuite d’objectifs politiques par la violence telle que prônée par le FRN/M23 de Kabila, tout en réaffirmant la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’unité de la RDC et en exigeant le retrait des forces rwandaises. Les capacités réelles, les objectifs et la possibilité de mobiliser un soutien national large pour une marche sur Kinshasa ne sont pas ceux de 1997. De l’AFDL au RCD, au CNDP, au M23, à l’AFC et au FRN, les acteurs et les soutiens extérieurs se recyclent, mais les scénarios de 1997 ne se reproduisent pas.

Chaque épisode se heurte à des résistances et des limites nouvelles.

La seule constante, à travers tous ces épisodes, reste la volonté hégémonique du Rwanda.

Il manipule ses pantins successifs et ajuste ses narratifs de circonstance – libération hier, protection des communautés ou refondation aujourd’hui – pour continuer le pillage des ressources de la RDC et/ou rêver d’un État satellite dans le Kivu.

Derrière les changements d’acronymes et de porte-parole, la logique de contrôle et d’exploitation persiste. En même temps, la conscience collective et politique des Congolais s’est affinée et mûrie.

On en a marre de ces aventures dites « révolutionnaires » qui, en réalité, cachent mal les visées hégémoniques de leur éternel parrain rwandais.

Cette lucidité croissante, combinée à un environnement international moins tolérant, rend les recyclages de plus en plus visibles et de moins en moins acceptables.

Donc, sans peur d’être contredit, j’affirme que l’aventure de l’AFDL ne se reproduira plus.

Quelles que soient les visées hégémoniques des parrains du FRN/M23, les conditions qui ont permis la marche de 1997 ont disparu. L’État congolais, malgré ses fragilités, n’est plus celui de Mobutu. La conscience collective des Congolais s’est affûtée et refuse désormais les aventures « révolutionnaires » de circonstance qui masquent mal des agendas de pillage et de contrôle. Le contexte international, lui aussi, a changé : les sanctions s’escaladent, le Groupe de contact international rejette catégoriquement la violence comme moyen politique, et la souveraineté ainsi que l’intégrité territoriale de la RDC sont plus clairement défendues.

Les pantins peuvent changer de nom, les narratifs s’adapter, les chaînes se tendre encore, mais le scénario de 1997 est clos.

L’histoire ne se recycle pas. Et cette fois, elle ne se laissera pas rejouer.

Eugène Diomi Ndongala,

Démocratie Chrétienne, DC

Les Patriotes, LP