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MUSHIKIWABO RECONDUITE, LA RDC QUITTE L’OIF

À l’approche du sommet de Phnom Penh, où Louise Mushikiwabo brigue un troisième mandat face à la Congolaise Juliana Amato Lumumba, au Roumain Dacian Cioloș et à Coumba Bâ, Kinshasa doit poser ses conditions : pas de Francophonie dirigée par Kigali tant que le Rwanda soutient le M23.

Le XXe Sommet de la Francophonie se tient les 15 et 16 novembre 2026 à Phnom Penh, précédé le 14 novembre de la Conférence ministérielle de la Francophonie. C’est lors de ce sommet que les chefs d’État doivent élire ou reconduire le ou la secrétaire générale de la Francophonie.

Mushikiwabo reconduite, la RDC sort. Sans Juliana Lumumba, tout autre résultat se paiera en garanties, et la France doit choisir son camp.

Je le dis sans détour : si Louise Mushikiwabo obtient un troisième mandat à la tête de l’OIF, la République Démocratique du Congo devra quitter l’organisation. Ce n’est ni une menace ni une posture. C’est une décision nécessaire.

Aucune institution qui se réclame de la solidarité et de la paix ne peut être dirigée quatre années de plus par une ressortissante d’un État qui soutient le M23 et intervient militairement sur notre sol, comme le documentent les rapports des Nations unies. La RDC est premier pays francophone du monde par sa population. Rester sous cette direction reviendrait à cautionner ce que nous dénonçons partout ailleurs.

Si Phnom Penh reconduit la sortante rwandaise, ressortissante d’un pays devenu anglophone, nous partons.

L’élection de Juliana Amato Lumumba reste notre seul objectif, et tout autre résultat aura un prix. Rester « quand même » n’est pas une option. Chaque scénario sera jugé sur ce qu’il signifie pour la RDC et pour la crédibilité de l’OIF.

Si Dacian Cioloș l’emporte, nous ne ferons pas comme si de rien n’était. Un Européen à la tête d’une Francophonie majoritairement africaine pose déjà un problème de représentativité. Surtout, son élection révélerait un arbitrage de coulisses : choisir un profil « neutre » pour ne pas trancher entre Kinshasa et Kigali, et enterrer le dossier rwandais. Nous ne resterons pas en silence. Nous devons exiger que le conflit de l’est de la RDC cesse d’être traité comme un sujet gênant à contourner, et que notre poids démographique et politique se traduise enfin dans les priorités de l’organisation.

Si Coumba Bâ l’exigence sera la même. Une candidature africaine, ni rwandaise ni congolaise, peut passer pour un compromis. Nous voudrons savoir si ce compromis a servi à diluer la candidature congolaise, et nous attendrons d’elle une position claire sur la sécurité et la souveraineté dans les Grands Lacs.

Notre maintien sera conditionné à des engagements concrets. Il ne sera jamais accordé d’office.

Dans tous les cas, la question est simple : l’OIF est-elle capable de regarder en face l’agression que nous subissons, ou choisit-elle le déni ? Si elle choisit le déni, même le départ de Mushikiwabo ne justifiera pas notre présence.

Reste la France, dont l’ambiguïté doit cesser. Paris multiplie les messages à Kinshasa pour éviter une crise ouverte à l’OIF. Or Paris a reconnu le soutien rwandais au M23 et réclamé le retrait des troupes rwandaises, tout en ménageant soigneusement Kigali. On ne peut pas condamner l’agression à l’est de la RDC le matin et manœuvrer le soir pour qu’elle ne pèse pas dans l’élection du secrétaire général de la Francophonie.

Si la France veut sauver l’OIF, qu’elle cesse de traiter le conflit congolais comme un dossier qu’on peut isoler des institutions francophones.

Notre position devra être donc sans ambiguïté :

  • Mushikiwabo reconduite : nous devons sortir.
  • Un autre candidat élu : rien ne sera accepté passivement. Notre maintien dépendra de garanties concrètes sur notre souveraineté et sur la crédibilité de l’OIF.
  • La France : elle doit choisir entre prendre au sérieux l’est de la RDC et cesser de prétendre que la Francophonie peut rester à l’écart de ce conflit.

La langue française ne servira pas de paravent à l’agression d’un de ses plus grands membres.

C’est tout l’enjeu.

Eugène Diomi Ndongala,

Démocratie Chrétienne, DC

Les Patriotes, LP