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«ILS ONT TUE SON PERE, IL REDEVIENT LEUR ESCLAVE»: A MOSCOU,TSHISEKEDI RÈGLE SES COMPTES AVEC KABILA

À Moscou, devant la diaspora congolaise, Félix Tshisekedi a parlé sans filtre. Entre confidences du passé et défense de son bilan, le chef de l’État a livré un discours offensif, dont Joseph Kabila a été la cible principale.

Une confidence explosive

Le moment le plus marquant est venu lorsque le président est revenu sur l’époque de la coalition FCC-CACH. Il a rapporté une conversation privée avec son prédécesseur : « Lorsque nous étions encore dans la coalition FCC-CACH, où nous nous entendions encore bien, un jour, il m’a dit : “Voilà, ces Rwandais-là, je ne les aime pas, ce sont eux qui ont tué mon papa.” »

Selon Tshisekedi, Joseph Kabila lui aurait expliqué que des Rwandais, avec la complicité de certains Libanais, avaient orchestré l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila en 2001. Avant de conclure, face à l’assistance : quelqu’un dont le père a été tué par ces gens accepte aujourd’hui de redevenir leur esclave. « Cela en dit beaucoup. »

Une relecture de l’histoire

Le président a ensuite proposé sa propre lecture des trois dernières décennies. L’AFDL de 1997, présentée à l’époque comme une libération, n’aurait selon lui servi qu’à maintenir le pays sous influence étrangère. Laurent-Désiré Kabila aurait pris conscience trop tard de cette infiltration. Après son assassinat, « ils se sont finalement décidés à prendre l’un des leurs », a-t-il affirmé.

Il a rappelé une formule qu’il avait déjà employée, « ils ont pris leur chien pour le placer à la tête du pays », précisant qu’il ne s’agissait pas d’une insulte mais d’une image désignant un dirigeant docile. Le parallèle avec le Front pour la refondation de la nation (FRN), associé à Kabila, et avec le M23 n’a échappé à personne.

Démenti sur les morts en manifestation

Sur les droits de l’homme, le ton est resté tout aussi direct. Tshisekedi a rejeté les accusations de répression meurtrière : « Des manifestations ont lieu au Congo, mais jamais il n’y a eu de morts. »

Il a évoqué le cas d’une personne qui, selon lui, serait décédée de maladie mais aurait été présentée comme victime de coups de barre de fer. « Ils ont donc menti. Celui qui est à l’origine de ce mensonge, nous l’avons interpellé pour qu’il s’explique », a-t-il déclaré, ajoutant que l’intéressé cherchait à partir en Europe sans rendre de comptes. « Pourquoi veux-tu aller en Europe ? Viens expliquer tes mensonges », aurait-il lancé.

D’après plusieurs médias, le président a ainsi attribué la mort de Manassé Lomboto à une maladie, et non à une agression de la Force du progrès ou des forces de l’ordre lors de la marche du 15 septembre. Il a présenté l’interpellation de Prince Epenge comme une affaire judiciaire de propagation de fausses nouvelles, et non comme une répression politique.

Appel à Moscou sur la guerre à l’Est

Enfin, Tshisekedi a replacé la question sécuritaire dans le contexte du conflit qui frappe l’est du pays depuis près de trente ans. Il a exigé l’application des résolutions du Conseil de sécurité : retrait des troupes rwandaises, fin du soutien au M23 et restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire. Il a appelé la Russie à soutenir leur mise en œuvre.

Un discours de combat

En quelques phrases, le président congolais a mêlé une confidence personnelle explosive sur Joseph Kabila, un démenti frontal sur les violences lors des manifestations et un plaidoyer pour la souveraineté nationale.

Un discours de combat, tourné à la fois contre ses adversaires intérieurs et contre ce qu’il présente comme une agression extérieure qui mine le pays depuis des décennies.

Eugène Diomi Ndongala,

Démocratie Chrétienne, Dc

Les Patriotes, LP