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FRANCK DIONGO ET LA POLITIQUE MISOGYNE DE LA POTENCE

Franck Diongo n’a pas fait une simple critique politique. Il a franchi une ligne rouge. Dans une interview à la chaine youtube CPL Tv, il a tenu des propos abjects, d’une violence et d’une misogynie rares, qui ne méritent ni la relativisation ni le silence.

Il a dit, et répété, que le sort de Félix Tshisekedi « c’est la pendaison ». Pas une fois. Plusieurs fois. Avec calme. Avec une sorte de satisfaction froide. Il a tenté de se cacher derrière des formules du type « je ne fais pas l’apologie de la violence », mais les mots sont là, clairs, assumés. Pour lui, un adversaire politique n’est plus un concurrent à battre, c’est un traître à éliminer physiquement. La potence devient une solution politique. Dans un pays encore hanté par les cadavres de ses crises, un homme qui se prétend démocrate et défenseur des droits de l’homme ose transformer la mort en horizon normal de sa politique. C’est non seulement irresponsable.

C’est abject.

Et comme si l’appel au meurtre ne suffisait pas, Diongo a basculé dans une misogynie crasse.

« Toutes les femmes ministres sont ses femmes. » La phrase est d’une vulgarité rare.

Elle ne critique pas une politique, elle ne dénonce pas un système. Elle réduit des femmes adultes, investies de responsabilités d’État, au rang de trophées sexuels. Elles ne sont pas des ministres. Elles sont « ses femmes ». Leur présence au gouvernement ne s’expliquerait que par le lit, une promotion canapé…

C’est une humiliation publique, un mépris affiché pour toute compétence féminine, une violence symbolique pure. Dans un pays où les femmes paient déjà un lourd tribut à la domination masculine, un leader politique qui s’autorise ce langage ne combat rien. Il perpétue l’abaissement.

Ces deux propos ne sont pas des dérapages isolés.

Ils forment un système. D’un côté, on déshumanise l’adversaire jusqu’à le condamner à la mort. De l’autre, on sexualise et on rabaisse les femmes pour les exclure de toute légitimité. Le résultat est le même : un débat politique transformé en terrain de haine, de vengeance et de mépris.

Franck Diongo peut parler de révolution, d’article 64, de refondation de l’État ou de diaspora patriotique autant qu’il veut.

Rien de tout cela n’efface la gravité de ce qu’il a dit.

Appeler à la pendaison d’un président et traiter des ministres de « femmes de… » n’est pas de la radicalité.

C’est de la bassesse.

C’est un discours qui salit ceux qui le tiennent et qui abaisse ceux qui l’écoutent sans réagir.

Ces paroles sont abjectes. Elles doivent être nommées comme telles.

Eugène Diomi Ndongala,

Démocratie Chrétienne