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KINSHASA : LE CONTROLE TECHNIQUE, OU L’ART DE PILLER LES CITOYENS AU NOM DE LA SECURITE ROUTIERE

Encore une fois, les Kinois sont appelés à la caisse. Sous prétexte de sécurité routière, la Régie des Fourrières et du Contrôle Technique des Véhicules de Kinshasa (RFCK), sur instruction du gouverneur Daniel Bumba, a lancé le 10 août 2026 une opération de contrôle technique « renforcé ». Deux fois par an. À 82 dollars américains – contre 75 il y a quelques mois – plus 2.000 francs congolais pour une fiche d’une page. Sans la moindre explication sur cette hausse.

Voilà comment, en plein cœur de la capitale, on transforme un outil de sécurité en machine à cash.

Que l’on ne s’y trompe pas : un véhicule en mauvais état est un danger. Mais imposer un contrôle semestriel à l’ensemble du parc automobile – voitures particulières comprises – dans une ville où le pouvoir d’achat est l’un des plus faibles du continent relève de l’absurde.

Dans la plupart des pays sérieux, le contrôle technique des véhicules privés est annuel, voire biennal. Ici, on exige deux passages par an. Pourquoi ? La réglementation nationale (Code de la Route de 1978 et arrêtés ministériels, notamment celui de novembre 2025) est brandie pour justifier la périodicité. Pourtant, sur le terrain, cette fréquence apparaît moins comme une exigence de sécurité que comme une rente permanente.

Le résultat est clair : les ménages sont saignés.

À la veille de la rentrée scolaire, des milliers de familles doivent choisir entre payer ce tribut ou risquer la fourrière. Cette opération ne vise pas prioritairement les engins réellement dangereux ; elle vise l’argent. Toujours l’argent. Et encore l’argent.

Pendant ce temps, que fait le gouverneur pour la circulation routière ?

Kinshasa étouffe sous les embouteillages monstrueux, les nids-de-poule, le stationnement anarchique et l’absence de transports publics de masse.

Des projets d’infrastructures existent – on en inaugure parfois un – mais ils restent insuffisants face à l’ampleur du chaos quotidien. Multiplier les contrôles payants et les bouclages tout en laissant les routes se dégrader et la congestion s’aggraver, c’est de l’irresponsabilité.

Comparaison entre le contrôle technique à Kinshasa et à Brazzaville

C’est gouverner Kinshasa par la répression fiscale plutôt que par la vision.

Selon le Ministre des Finances, interrogé à l’Assemblée Nationale, c’ est le gouvernement central qui paye le renouvellement des routes à Kinshasa.

Cette clarification a été largement rapportée le 8 avril 2026 dans la presse congolaise. La déclaration a eu lieu le mardi 7 avril 2026. Le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde, a déclaré devant l’Assemblée nationale que « toutes les routes à Kinshasa et partout en République sont financées par le Gouvernement central ». Il a précisé qu’aucun kilomètre de voirie urbaine à Kinshasa n’avait été financé par le gouvernement provincial, et que l’ensemble des projets routiers de la capitale était pris en charge par le pouvoir central.

opinion-info.cd

En ce qui concerne le ramassage des ordures, c’est la Task Force du Service National qui s’est chargée de la tache. Le financement, la coordination et les moyens opérationnels de cette Task Force et du SN pour le nettoyage et le ramassage des ordures relèvent du gouvernement central et de la Présidence.

Normalement le ramassage des ordure et l’assainissement de la ville devrait être de la compétence du gouvernement de la Ville de Kinshasa.

A se demander, où va l’argent du contribuable congolais que, de plus, le gouverneur Daniel Bumba veut presser comme un citron, sans lui offrir aucun service en échange?

Le peuple est fatigué. Fatigué d’être traité comme une vache à lait. Fatigué de voir la sécurité routière instrumentalisée pour remplir des caisses. Si le contrôle technique doit exister, qu’il soit transparent, raisonnable dans sa fréquence et son coût, et surtout accompagné d’actions concrètes sur les infrastructures et la discipline routière.

Autrement, il ne restera qu’un impôt déguisé, un symbole de plus de cette gouvernance de Kinshasa qui préfère ponctionner plutôt que résoudre.

Assez de ce pillage au vu et au su de tous.

Kinshasa mérite mieux qu’une régie qui compte les dollars pendant que la ville s’asphyxie.

Eugène Diomi Ndongala,

Démocratie Chrétienne