KABILA CONTRE WASHINGTON : IL EMBAUCHE L’AVOCAT DE NANGAA POUR JURER QU’IL IGNORE LE M23/AFC !
Joseph Kabila a décidé de contre-attaquer. Après les sanctions du Trésor américain du 30 avril 2026, qui l’accusent de soutenir l’AFC/M23 pour déstabiliser Kinshasa, l’ex-président porte le combat devant la justice fédérale américaine. Le 4 août, par la voix de l’avocat , Erich C. Ferrari, il a attaqué l’OFAC à Washington. Objectif affiché : laver son nom, obtenir le retrait des sanctions, balayer des accusations qu’il juge « vagues et générales ».

Sauf qu’un détail trahit toute l’opération.
Ce même Erich Ferrari a déjà défendu Corneille Nangaa, coordonnateur politique de l’AFC, le bras politico-militaire du M23, dans le même type de dossier.
Autrement dit : Kabila engage l’avocat de Nangaa pour démontrer qu’il n’a rien à voir avec Nangaa. La contradiction n’est pas subtile, elle est théâtrale. Et elle dit tout : cette plainte soigne la forme et fuit le fond.
Un geste symbolique, pas une défense
Les sanctions américaines ne sortent pas de nulle part.
Elles reposent sur des faits : financement de l’AFC, encouragement aux défections dans les FARDC, tentatives d’attaques depuis l’étranger, et surtout cette installation prolongée à Goma, sous la protection du M23. Condamné à mort par contumace à Kinshasa en septembre 2025 pour haute trahison, crimes de guerre et organisation d’une insurrection, Kabila oppose aujourd’hui à Washington exactement les arguments qu’il servait déjà à la justice congolaise : « politiquement motivé», « sans preuves ».
Le disque rayé est le même. Le dossier, lui, ne cesse de grossir.
Car les accusations dépassent désormais Kinshasa.
Dans son rapport final de juin 2026, le Groupe d’experts de l’ONU sur la RDC est sans détour : depuis mai 2025, Kabila multiplie les visites en zone AFC/M23, rencontre régulièrement sa direction et partage avec Nangaa « l’ambition de s’emparer du pouvoir à Kinshasa ».
Paul Kagame lui-même l’a déclaré « associé du M23 ». Les experts vont plus loin : un remaniement du mouvement pourrait le propulser au premier plan, précisément pour « congoliser » l’image de la rébellion et masquer le rôle rwandais. Ce sont ces éléments-là que la plainte américaine s’efforce d’enterrer sous le mot « vague ».
Human Rights Watch, de son côté, a documenté les exactions massives du M23 dans l’est — recrutement forcé, détentions arbitraires, exécutions, mais, sur cela, Kabila ne s’est jamais prononcé, affichant un silence sur les exactions rebelles qui parle plus que mille mots …
En effet, un fait tient bon et il est objectif : Kabila a choisi de s’établir là où le M23 fait la loi.
Sans oublier que des proches, comme Kikaya bin Karubi, ont publiquement admis que le combat de Kabila rejoint celui du M23 sans ses revendications…
Des images qui parlent plus fort que les communiqués
Les journalistes américains n’ont pas eu à imaginer : ils ont vu. En mars 2026, le New York Times a interviewé Kabila dans sa résidence de Goma, ville tombée aux mains du M23. Pour y accéder : deux portails, des jardins luxuriants, des hommes en armes. Un « maximum-security venue », écrit la reporter. Kabila lui-même admet vivre « sous la protection du M23 » — ces mêmes rebelles qu’il combattait hier.
Gardé, sécurisé, protégé et blanchi par ceux qu’on l’accuse de soutenir. On cherchera longtemps une image plus accablante.
Dès lors, la plainte se révèle pour ce qu’elle est : une opération de communication, une tentative de reconstruire un récit d’innocence face à un faisceau d’accusations qui convergent — Kinshasa pour la haute trahison, l’ONU pour le rapprochement structurel avec l’AFC/M23, la presse américaine pour la réalité physique de sa protection par les rebelles.
Kabila lance une procédure avec un avocat de renom… celui-là même de Nangaa !
Il mise sur la forme, sur la légalité américaine, sur l’habileté du droit.
Mais le fond, lui, ne bouge pas. Et ce fond-là, solide et incontournable, aucun avocat, aucune plainte de seize pages ne l’effacera.
Eugène Diomi Ndongala,
Démocratie Chrétienne, DC






