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Les trois péchés capitaux de M. Kabila  devant la presse, ce 26/01/2018: Autosatisfaction, Arrogance et Falsification de l’histoire

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Les trois péchés capitaux de M. Kabila devant la presse, ce 26/01/2018:
Autosatisfaction, Arrogance et Falsification de l’histoire

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Après 7 ans de silence presque absolu, un discours du jour de l’Indépendance non prononcé et un discours sur l’état de la Nation éludé en décembre 2017, M. Kabila a enfin tenu une conférence de presse, à l’occasion de sa deuxième année de glissement hors mandat….
Le « taiseux » a enfin parlé, mais pas à la satisfaction générale

La situation de la République Démocratique du Congo est catastrophique, aussi bien sur le plan politique qu’économique, toutes les institutions de la RDC étant dans l’illégitimité depuis deux ans.

Avec les événements tragiques des dernières semaines, avec 2 marches des chrétiens étouffées dans le sang, les mercenaires de Kabila n’hésitant pas à souiller les églises, cette conférence de presse était marquée par une certaine curiosité, les congolais se demandant comment l’ancien Kadogo aurait pu s’en sortir, face au tollé d’indignation aussi bien nationale qu’internationale ayant entouré sa dernière guerre déclarée contre les croyants congolais qui revendiquent, avec des marches devenues œcuméniques et citoyenne, le respect de leurs droits fondamentaux.

Sans aucun lien direct avec l’actualité, les positions défendues par M. Kabila étaient toutes empreintes d’arrogance, mépris et falsification de l’histoire.

LE SEUL DÉTENTEUR DE LA VÉRITÉ

D’ entrée de jeu M. Kabila nous surprend: les congolais n’ont jamais connu la vérité historique de leur pays et c’est seulement de sa bouche qu’ils vont l’apprendre!

Dans son révisionnisme maladif de l’histoire du Congo-Zaïre, M. Kabila nous apprend – après l’aveu d’avoir « révisé l‘histoire de la RDC» avec le président du Sénat, M. Kengo wa Dondo – que les événements tragiques qui ont eu lieu au Kasai, entre 2016 et 2017, ayant provoqué la morte de 5000 personnes et le déplacement interne de 2.500.000 de Kasaïens, ne sont pas sans précédents dans l’histoire de ce pays, cela suffisant, semble-t-il, à atténuer leur gravité.

LE « DÉFENSEUR » DE LA CONSTITUTION QUI OUBLIE D’EN APPLIQUER LES DISPOSITIONS

De plus, une autre vérité révélée par M. Kabila concerne son attachement « paternel » envers la Constitution, qu’il aurait été le seul à défendre face à une opposition se limitant à fréquenter les « bistrots et les ambassades »…

Tout en soulignant le manque de sérieux de ces propos – la Constitution adoptée par référendum en 2006, a été plébiscitée par le 85% des votants – le vrai problème qui se pose aujourd’hui est celui du respect de ses dispositions, M. Kabila et son régime ayant pris un malin plaisir à la violer systématiquement , affaiblissant dangereusement l’état de droit.

Tel le dieu Chronos qui dévorait ses enfants, Kabila, qui aime aussi jouer avec le temps et la durée des mandats présidentiels, est en train d’ anéantir le sommet de la pyramide des lois, affaiblissant continuellement la portée des dispositions de la loi fondamentale, au point qu’un front de protection de la Constitution a vu le jour au sein de la société civile.

LA PRÉTENDUE ANTINOMIE ENTRE ELECTIONS ET DÉVELOPPEMENT

Mais là où le talent de M. Kabila à falsifier la réalité est le plus poussé, c’est quand il s’amuse à vouloir opposer la tenue des « élections » au « développement » de la RDC.

Cette antinomie, sortie on ne sait pas de quelle doctrine politique, produirait le syllogisme suivant: l’organisation des élections étant trop compliquée (sic!) et coûteuse, il faudrait un jour choisir entre le développement et la tenue des élections…

Sans trop nous appesantir sur le caractère antidémocratique de cette conception du développement d’une nation, il sied de se demander pourquoi, la RDC, qui n’a pas organisé les élections ces dernier 7 années, n’a-elle pas non plus profité de cette accalmie imposée par M. Kabila sur le front électoral, pour accélérer au moins son développement.

L’actuelle situation catastrophique de l’économie du pays, saigné à blanc à cause de la mauvaise gouvernance, nous pousse à croire que pas seulement il n’y a pas d’antinomie entre la tenue d’un processus électoral crédible et le développement mais surtout que sans la tenue d’élections générales, à temps et à l’heure, un pays ne peut que s’enfoncer chaque jour un peu plus dans la crise institutionnelle, l’instabilité chroniques, et la récession.

SON PLUS GRAND SUCCÈS ET SON PLUS GRAND ÉCHEC

Nous ne pouvons pas laisser sous silence certaines boutades, de M. Kabila, en répondant à quelques rares questions des journalistes, triés sur le volet, comme celle concernant son meilleur succès et son plus grand échec.

Égale lui-même, M. Kabila se peint comme le démiurge de ‘l unité nationale, alors que l’autorités de l’état n’est pas du tout rétablie dans plusieurs provinces de la RDC, toujours martyrisées par les vexations de 110 groupes armés qu’y font la pluie et le bon temps, imposant les souffrances les plus atroces à la population, au point que celle-ci arrive même à regretter la sécurité et la stabilité de l’époque de Mobutu, tellement elle est abandonnée, depuis plus de 17 ans, au bon vouloir de rebellions sanguinaires qui imposent leurs loi de la violence.

Mais là où la prose de M. Kabila effleure l’insulte de tout un peuple, c’est quand il insinue que son plus grand échec est la nature de « l’homme congolais », qu’il ne serait pas arrivé à changer…

Pour un chef de l’Etat, issu de l’ Afdl et qui a milité en faveur de plusieurs armées étrangères au point que sa vraie nationalité soit contestée, il est quand même paradoxale d’évoquer le manque de changement de l’homme congolais, dont il ignore l’âme et envers lequel il n’a jamais manifesté aucune forme d’empathie.

M. Kabila semble oublier que, depuis son accession au pouvoir à la suite de l’assassinat jamais élucidé de Laurent Désiré Kabila, il s’est entouré pas seulement des ennemis de son père, en majorité des mobutistes de la pire espèce, mais aussi et surtout d’anciens rebelles du RCD qui avaient combattu le « Mzee « dans une rébellion de Proxy pro rwandaise, sans oublier tous les seigneurs de guerre qui ont endeuillé le peuple congolais les derniers 20 ans et qui écument son entourage. Tous, sans distinctions, ont été intégrés au plus haut niveau de l’armée, au point de faire croire aux congolais que pour être dans les bonnes grâces du « Rais« , il faille revendiquer le plus grand nombre de massacres à son actif.

Voilà les prototypes de congolais que M. Kabila affectionne.

Pour quelqu’ un qui n’a jamais tenu de meetings populaires dans la ville de Kinshasa et qui vit loin du peuple dans une ferme isolée de la lointaine périphérie de la capitale, cette volonté de changer l’homme congolais, qu’il méprise sans le connaître, sonne plus comme un insulte que comme un volonté réelle de travailler pour un changement des mentalités.

LES ATTAQUES MAL ASSUMES A L’OPPOSITION ET A L’EGLISE CATHOLIQUE

Que dire des petites phrases assassines contre l’Église Catholiques et l’opposition politique?

KABILA ET LE PAPE

En 2016, M. Kabila s’est rendu au vatican pour rencontrer le pape et lui demandé d’autoriser les Évêques de la Cenco à s’occuper de la médiation du Dialogue de fin 2016

Si, comme M. Kabila l’affirme, il faut donner à César ce qui revient à César et à Dieu ce qu’il lui revient, il faut quand même rappeler que César n’a jamais demandé à Dieu de lui trouver une médiation pour négocier avec les juifs, alors que le Rais à bel et bien demandé à l’Église de lui prêter main forte, avec ses bons offices, pour surmonter la crise institutionnelle consécutive à la non organisation des élections législatives et présidentielle à l’échéance constitutionnelle. Cela étant, il serait bien de rappeler à M. Kabila qu’il n’est pas bon de vouloir rejeter ce qu’ il y à peine une année et demi il avait cherché à tout prix d’obtenir, jusqu’ à se déplacer à Rome, pour arracher l’autorisation du Saint Père à la médiation politique de l’Église Catholique Congolaise du dialogue de fin 2016, avec l‘opposition et la société civile.

Inutile de rappeler que cette médiation, ayant débouché dans l’Accord politique de la Saint Sylvestre, fut torpillée par M. Kabila qui, au moment d‘en appliquer les résolutions, en libérant les prisonniers politiques et respectant les autres clauses qu’y étaient contenues, se découvra subitement un esprit laïque, désormais intolérant envers toute forme de liberté de culte, envoyant sans honte ses barbouzes et ses mercenaires à ensanglanter les tabernacles, pourvu que l’Église ne lui rappelle plus ses engagements par des marches pacifiques de chrétiens.

LES NON DITS

En fin des comptes, c’est plus ce que M. Kabila n’a pas dit, plutôt que ce qu’ il a dit, qui marquera cette brève conférence de presse du 26/01/2018:

pas un mot sur la décrispation politique et la libération attendue depuis plus d’une années des prisonniers politiques, dont le nombre ne fait qu’accroître;

– pas un mot responsable sur l’insécurité galopante et généralisée, aussi bien à l’Est qu’à l’Ouest de la RDC, alors que dans sa vision myope, ce fléau concernerait seulement 2 provinces du pays;

– pas un mot sur la grave crise économique qui frappe le pays et qui pourrait engendrer un véritable démantèlement généralisé des rares industries qui existent en RDC;

– pas un mot sur la corruption galopante, l’inflation, les détournements des fonds publiques et la volatilisation des fonds affectés depuis 2012 au processus électoral;

– pas un mot sur le rétrécissement de l’espace politique, la répression systématique de toute manifestation dissidente, les limitations staliniennes de la liberté d’expression, sans oublier l’augmentation hyperbolique des exécution extrajudiciaires et les cas de violations des droits de l’homme recensés par la Mission de l‘ ONU de Sécurisation au Congo, (MONUSCO) à laquelle M. Kabila reproche, sans avoir peur de se contredire, ses prétendus débordement statutaires et, au même temps, sa faible activité…

– pas de réponse directe à la journaliste qui a osé lui demander s’il compte se représenter pour un troisième mandat.

Bref, l’incarnation de la « Sibille Cumaná », celui qui seul connaît la « vérité », n’est jamais sorti de sa zone de confort, il refuse de répondre aux vraies questions qui inquiètent les congolais et il s’érige en démiurge de la Démocratie alors que les congolais ont chaque jour plus soif de liberté, justice et alternance démocratique, défiant les kalachnikovs et les gaz lacrymogènes, chaque fois plus nombreux et à chaque marche plus déterminés.

Pour la Démocratie Chrétienne, DC,

Le Porte – Parole Adj,

Marc Mawete

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