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Articles de la catégorie ‘CONGO DESIR’

COLLOQUE SUR LE DEVENIR DEMOCRATIQUE DE L’AFRIQUE : PAIX, SECURITE ET RESOLUTION DES CONFLITS

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DISCOURS D'OUVERTURE

Palais du Barreau de Paris, le 06/11/2015

Chers Conférenciers,

Distingués Invités,

Mesdames et Messieurs,

En ce moment historique pour le devenir de beaucoup de pays africains, au nom de Comité Organisateur de la

« Conférence Internationale sur le devenir démocratique de l’Afrique : paix, sécurité et résolution des conflits »

Je me fais le devoir de souhaiter la pleine réussite de ce forum représentatif d’élite avant-gardiste africaine.

Il faut reconnaître que nos peuples africains, dans le passé, ne se sont pas sentis suffisamment conscientisés et interpellés par la manière dont leurs pays ont été gérés, laissant, de ce fait, des dirigeants autoproclamés détruire notre patrimoine commun.

Sans que cela ne soit une excuse pour ses instigateurs, les guerres et les conflits armés qui frappent l’Afrique ne seraient donc qu’une conséquence tragique de cette conception « FEODALE » de l’État ainsi que d’une carence chronique de LEGITIMATION DU POUVOIR.

Nous devons avoir le courage de dénoncer l’impasse des processus démocratiques en Afrique Centrale et dans certains pays de la région des Grands Lacs, qui s’accompagne

d’un recul de l’autorité de l’État dans certains territoires où les phénomènes terroristes des groupes armés sont à la base de massacres à grande échelle, du déplacement massif des populations rurales ainsi que des phénomènes de migration.

Souffrez que je me penche pragmatiquement sur la situation gravissime qui prévaut actuellement en République Démocratique du Congo, en République du Congo, au Rwanda et au Burundi où la paix est gravement menacée.

Recensements « bibliques » de la population, Pétitions à souscription forcée, changement de Constitution et Referendum.

Dans une perspective historique, il sied de signaler que les dirigeants des groupes armés arrivés au pouvoir entre les années 1990 et 2000, à la suite des négociations de paix qui ont mis un terme à des conflits meurtriers, sont ceux-là mêmes qui veulent continuer à se maintenir au pouvoir par la force.

Les Constitutions issues des processus de paix post-conflits ont assimilé les valeurs de la Démocratie pluraliste et représentative, entre autres, le principe de l’émanation du peuple de l’investiture politique, le principe de la séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire ainsi que le principe de l’alternance démocratique à la suite de la limitation du nombre de mandants des présidents de la république.

Les seigneurs de la guerre arrivés au pouvoir ont fait semblant d’appliquer ces principes fondamentaux pendant une décennie.

Les élections se tiennent plus au moins régulièrement mais les électeurs n’ont pas le droit de choisir leurs dirigeants à cause du caractère frauduleux des processus électoraux mis en place ; la séparation des pouvoir n’existe que dans les lois fondamentales mais pas dans la réalité des rapports entre les institutions étatiques; en particulier le pouvoir judiciaire est soumis au pouvoir exécutif au point d’être instrumentalisé pour des raison de répression politique (*).

Ces processus de démocratisation ratés s’achèvent maintenant avec la tentative de contourner l’alternance politique garantie par les Constitutions,

Le constat est malheureux et inquiétant.

Cet état de lieu centré sur les menaces qui pèsent sur les processus de démocratisation est nécessaire afin d’arriver à nous poser les bonnes questions, en ce moment pour l’histoire du continent Africain.

Où allons-nous ?

Ce qui est essentiel, à notre humble avis, c’est l’occasion historique offerte par cette Conférence Internationale de se retrouver, entre responsables politiques et la société civile, afin de nous regarder les yeux dans les yeux en vue d’essayer de répondre ensemble à la seule et véritable question qui compte, à ce stade de notre histoire commune en tant que citoyens africains.

« QU’AVONS-NOUS FAIT ET QUE VOULONS – NOUS FAIRE DE NOS BEAUX PAYS ? »

C’est cela, nous semble-t-il, la finalité fondamentale de cette rencontre et elle exprime l’écrasante dimension de notre responsabilité envers nos peuples, au service desquels l’élite politique africaine est appelée à œuvrer.

Chers conférenciers, mesdames, mesdemoiselles et messieurs,

Que nos seules guides, dans nos échanges et réflexions sur l’avenir de nos pays, soient notre conscience et les intérêts supérieurs de nos peuples, puisqu’à la fin des travaux des assises de ce forum International, notre seul souci devra être la recherche de solutions pour sauvegarder le droit de nos peuples à la paix et au développement durable.

Que l’Éternel Très Haut bénisse l’Afrique.

Je vous remercie,

Paris, 6 novembre 2015

Freddy Kita,

Secrétaire Général de la Démocratie Chrétienne, DC,

Chevalier de la Paix


(*) A ce propos, les cas du prisonnier politique Eugène Diomi Ndongala en République Démocratique du Congo et celui de M.me Victorine Ingabire au Rwanda sont bien représentatifs de l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques et emblématiques des violations gravissimes des droits civils et politiques subies par les citoyens de ces deux pays.

 

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