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Articles Tagués ‘CHALUPA’

Libération sélective des prisonniers politiques désignés par les concertations nationales?

RAPPORT CONCERTATIONS NATIONALES 1 001rapport concertations nationales 2rapport concertations nationales 3 001
EXTRAITS DES RESOLUTIONS DES CONCERTATIONS NATIONALES CONCERNANT 
LA LIBERATION DES PRISONNIERS POLITIQUES KUTINO-DIOMI NDONGALA-
KIKUNDA-NZANGI-YANGAMBI-PALATA-CHALUPA
Dans son discours du 7 septembre dernier devant les deux chambres du Parlement réunies en congrès – à l’occasion de l’inauguration des travaux des « Concertations nationales » -, « Joseph Kabila » avait annoncé sa volonté de « décrisper » l’atmosphère politique en prenant des mesures de « mise en liberté conditionnelle de certains prisonniers ». Il ajoutait : « je vous annonce, par ailleurs, qu’une grâce présidentielle est à l’étude en attendant le vote par le Parlement d’une loi d’amnistie ».
Deux mois après cette allocution, « Joseph » est apparu hésitant. Atone. Il n’a pas fait preuve d’audace en surprenant l’opinion. Des prisonniers ont certes été relaxés aux quatre coins de la République.

Sauf que ce ne sont pas les « bons ». Il ne s’agit nullement des détenus dont la libération était attendue. Bref, des « prisonniers emblématiques ». Des hommes et des femmes dont le retour à une vie normale aurait symbolisé la « décrispation » annoncée. C’est le cas notamment de : Muhindo Nzangi, Eugène Diomi Ndongala, Pierre-Jacques Chalupa.

Sans oublier les personnalités civiles et militaires condamnées dans le procès relatif à l’assassinat du feu président Laurent-Désiré Kabila. De l’avis général, ce procès théâtral a produit plus de chaleur que de « lumière ».
Arrêté le 31 janvier 2012, le député provincial Chalupa a été par la suite condamné à une peine de quatre ans. Chef d’accusation : usurpation de nationalité et faux et usage de faux. En réalité, l’homme est un prisonnier d’opinions. Un prisonnier politique. Il a subi la « rigueur » de la « justice kabiliste » en représailles de ses opinions politiques proches de l’opposition tshisekediste.
Qui est Pierre Jacques Chalupa? Né en 1948 à Uvira, province du Sud-Kivu, d’une mère grecque et d’un père d’origine portugaise, « Papa Chalupa », comme l’appellent des Kinois, est ce qu’on pourrait appeler un « citoyen congolais de race blanche ». Il a passé toute son enfance et sa jeunesse dans ce pays qui l’a vu naître. Il a la culture congolaise. A preuve, il manie à merveille plusieurs langues locales dont le lingala et le swahili. Il est marié à une Congolaise de souche.
Lors des élections provinciales de 2006, Chalupa s’est présenté en candidat indépendant dans sa circonscription de Lukunga, un des districts de la capitale. Il est élu député provincial.
Il était reproché à Chalupa d’avoir « usurpé » la nationalité congolaise. Une accusation loufoque qui prête plutôt à sourire. Depuis la « libération » du 17 mai 1997, Dieu seul sait le nombre de politiciens congolais qui détiennent concurremment la nationalité congolaise et celle de leur ancien pays d’accueil ou d’origine. Plusieurs députés nationaux et membres du gouvernement sont dans ce cas. On oublie souvent que l’actuel premier magistrat du pays a accompli son service militaire dans l’armée tanzanienne. Etait-ce en qualité de citoyen zaïrois? Par quel mécanisme « Joseph Kabila » et sa fratrie ont-ils pu obtenir la nationalité congolaise?
Il est plus que temps que l’homme congolais, grand ou petit, se mette en tête que la nationalité n’est ni plus ni moins qu’un statut. Mieux encore, un « lien de droit » qui rattache un individu à une nation déterminée. Peu importe que celui-ci soit blanc, noir, jaune ou rouge. La nationalité est une question de citoyenneté et non liée à la couleur de la peau ou la forme de la tête ou du nez.

Faut-il remercier « Joseph Kabila » après la libération de Chalupa? Assurément pas! C’est une injustice politico-judiciaire qui a été réparée.

En revanche, la libération du banquier Roger-Alfred Yaghi, ancien président du conseil d’administration de la Banque congolaise, condamné à 7 ans de prison pour « blanchiment d’argent », surprend. Pire, elle dilue la posture faussement réformatrice qu’affiche « Joseph ». Ce Franco-Libanais a été longtemps proche de l’ancien gouverneur de la Banque centrale Jean-Claude Masangu Mulongo et de … »Joseph Kabila ». Yaghi a joué un rôle de premier plan dans le fameux contrat « Ofida-CTC ». Moralité : les loups ne se mangent pas entre eux…
Baudouin Amba Wetshi © Congoindépendant http://www.congoindependant.com/article.php?articleid=8472
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