LA FERME DE KINGAKATI ET LE NOUVEL ORDRE POLITIQUE KABILISTE

 

LA FERME DE KINGAKATI ET

LE NOUVEL ORDRE POLITIQUE KABILISTE

La « majorité » kabiliste, accoutumée à la gouvernance par défi, s’est réunie dans la « ferme de Kingakati » il y a trois jours. Cela m’a rappelé immédiatement le célèbre livre de George Orwell intitulé « La ferme des animaux », qui peint une parfaite allégorie des dérives totalitaires d’un régime décadent s’emparant subitement du pouvoir absolu.

Cette transfiguration de la ferme en un lieu de haute politique m’a rappelé le passage du livre de Orwell où les cochons, devenus maitres de la ferme, confisquent le pouvoir et décident d’élaborer leur nouvelle constitution sur mesure. Un article, en particulier, résume l’idéologie totalitaire des cochons putschistes :

« Tous les animaux de la ferme sont égaux mais certains sont plus égaux que les autres »…

Il me semble qu’un projet scélérat comme celui des cochons putschistes de la ferme orwelienne vienne d’être élaboré dans la bourgade de Kingakati, à la périphérie de Kinshasa, qui désormais fait office de Palais de la Nation…

Face à vents et marées et surtout à l’hostilité de la grande majorité des congolais qui n’ont jamais connu l’alternance politique, une poignée d’anciens mobutismes qui ont convolés à des noces contre nature avec les héritiers de leurs bourreaux afdliens, auraient décidé de prendre tout un peuple en otage en lui ôtant tout espoir d’un avenir meilleur.

Cette abomination politique qui nait du mobutisme agonissant qui s’est uni pour le bien et pour le pire avec le conglomérat d’aventuriers de l’AFDL, vise à faire tabula rasa de l’ordre constitutionnel actuel afin de lancer un Nouveau Ordre Politique qui ne sera pas érigé sur le socle d’idéaux forts, positifs et républicains mais sur un seul pilier « idéologique » qui est l’établissement d’une présidence à vie en faveur du locataire du palais de la nation qui ambitionne, désormais, d’en devenir le propriétaire…

Le Nouvel Ordre Politique Kabiliste s’apparente à une dictature qui ferait reculer la RDC de la « Démocrature » actuelle à une « Dictature »  décomplexée n’ayant plus honte de cacher son ambition de confisquer le pouvoir politique après l’avoir conquis par la force et la fraude électoral.

Nous congolais, nous savions déjà que les rebelles de l’Afdl nous avaient menti : ils nous avaient promis la fin du mobutisme et la Démocratie ; à la place, il nous ont jeté dans un bourbier qui débouchera, si les Congolais n’en prennent pas garde, dans une dictature revisitée, fondée sur des scrutins fictifs et sur l’abolition de toute alternance politique ; dans cette optique, le mot « changement » n’ aura plus aucune signification, comme celui de « droits civils et politiques », du « droit d’expression » ou bien de celui de « manifestation publique ». Le développement de la RDC serait-il possible sans le respect des équilibres démocratiques, du principe des « check and balance », celui de la « responsabilité politique » ou bien en absence de la « sécurité juridique » qui découle d’un état de droit ?

Et quelle serait-elle l’identité de ces nouveaux « Constituants » qui risquent de ramener la RDC un demi-siècle en arrière ?

Seraient-ils les membres de l’actuelle Assemblée Nationale issue de la fraude électorale de 2011 qui se joigneraient aux membres de l’actuel Senat dont le mandat a expiré depuis des années ?

Ces « élus » dont la majorité est constituée de personnages nominés, auraient- ils la légitimité ainsi que la crédibilité pour revêtir la noble toge du Constituant ?

Le Nouvel Ordre Politique Kabiliste est un dessein scélérat qui risque d’importer avec lui la RDC toute entière.

Le peuple congolais doit s’armer de son courage et sa détermination pour faire échec à ce plan méphistophélique, orchestré par un groupe d’individus qui n’on aucun souci pour le futur de cette nation.

Il faut dire NON au Nouvel Ordre Kabiliste car il risque de détruire l’unité nationale et réduire le concept de gouvernance d’un des pays le plus importants d’Afrique à la simple volonté du « prince ».

Devant les convulsions de la machine politique qui cherche le pouvoir absolu, le peuple congolais n’a aucun autre moyen constitutionnel que celui prévu par l’Art 64 de l’actuelle Constitution :

 "Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution…"

Eugène Diomi Ndongala,

Carnet d’un Prisonnier Politique en RDC

http://diomiponakongo.wordpress.com/2014/08/28/la-ferme-de-kingakati-et-le-nouvel-ordre-politique-kabiliste/